accueil Accueil Lire Lire Écrire Écrire Fiches de lecture Fiches de lecture Forums Forum
Le site
Accueil Lire Écrire Fiches de lecture Correction
Communauté
Forum Concours Liste des membres Visiteurs (18)
Membre
Connexion Inscription
Recherche
dans :
Recherche avancée
Publicité
Partenaires

Vous êtes ici => Accueil

Pas encore inscrit ?


Dernière histoire publiée : « Glitch LikeCatégorie : Histoires originales
Date publication : le 02/07/2009 à 21h10
Commentaires : 0
Lectures : 14
Chapitres : 2
Mots : 572
AMR : 0
 » par Avadaa.
Dernier chapitre paru : « Chapitre 1 » dans « Glitch LikeCatégorie : Histoires originales
Date publication : le 02/07/2009 à 21h10
Commentaires : 0
Lectures : 14
Chapitres : 2
Mots : 572
AMR : 0
 » par Avadaa.
Dernière fiche de lecture : « Artémis Fowl 6 : Le paradoxe du tempscouverture » par E. Colfer.
Dernier membre inscrit : Avadaa le 02/07/2009 à 20h42.

Concours

  • Votez !
    • ... pour le concours « Poème » : Voir la liste des histoires concourantes.

futur usa ville recueil solitude remus lupin severus rogue intelligence espoir monomaniaque peur drame esprit aventure souvenir liberté choix famille mots auberge lovecraft one-shot eden complot mystère tungstene assassin voldemort tueur - Autres...


Bienvenue sur L'Encrier !

L'Encrier est un site destiné à être un carrefour entre les auteurs amateurs et les lecteurs en quête de textes de qualité, et une communauté d'entraide dans le domaine de l'écriture amateur.
  • Vous êtes lecteur ? Cliquez sur le bouton « Lire », choisissez votre catégorie (histoire originale ou fanfiction), et lisez ! Des critères de sélection avancés sont mis à votre disposition pour vous proposer les textes que vous avez le plus de chances d'aimer. N'hésitez pas à commenter les textes !
  • Vous êtes auteur ? Cliquez sur le bouton « Écrire », et vous pourrez facilement publier vos textes, recevoir des commentaires enrichissants et dialoguer avec vos lecteurs, mais aussi vous faire corriger.
  • Combien ça coûte ? Les services de l'Encrier sont totalement gratuits, profitez-en ! Cela dit, l'hébergement et la promotion du site coûtent de l'argent. Cliquez ici pour aider le site.

Page 1 2 3 4 5 6 7 8 9

Le concours de tous les records

Par Csame le 17/06/2009 à 16h12. — Général

Bonjour à tous,

Il reste un peu plus d'une semaine encore avant la fin de la période d'inscription au concours « catégorie roman ». D'ores et déjà, ce concours aux textes hétéroclites semble voué à un grand succès puisque pas moins de 18 textes s'y sont inscrits. Sachant que le défi de ce concours était avant tout d'atteindre une longueur de 80 000 mots, les textes concurrents devraient en totaliser près d'un million et demi ! En additionnant les mots des dix-huit histoires, on constate toutefois qu'elles atteignent à peine la moitié de ce nombre.

Force est donc de constater que la tâche du jury risque d'être compliquée, d'autant que ce dernier s'est fixé des consignes très strictes, pénalisant d'un point les histoires par tranche de 10 000 mots manquants. Ceci risque de concerner la majorité des histoires participantes.

J'invite les auteurs à terminer d'urgence leurs textes sous peine de se voir aveuglément pénalisés.

Par ailleurs, même les auteurs qui ont dépassé le seuil fatidique des 80 000 mots ont intérêt à terminer leurs textes, car même si rien n'est indiqué en ce sens dans les instructions du concours, le fait d'avoir un texte achevé risque d'influencer favorablement l'appréciation des jurés.

Dès le 30 juin, les membres du jury auront très exactement 153 jours et une heure pour évaluer toutes les histoires participantes et, à l'aube du premier décembre, les résultats seront divulgués en grande pompe.

Félicitations à tous les participants de ce marathon ainsi qu'au jurés pour leur marathon à venir :)

Modifié le 17/06/2009 à 16h12 par Csame

5 commentaires

L'Atlantide dans la littérature à travers les siècles (III)

Par Bryaxis le 30/05/2009 à 01h29. — Inspiration

Chapitre V : L’Atlantide de l’entre deux guerres

Outre le caractère ( pseudo-)scientifique que prend une partie de la production littéraire sur l’Atlantide on constate durant l’entre deux guerres une nouvelle évolution du mythe liée avant tout à l’effondrement du positivisme dominant avant la première guerre mondiale. Nous avons déjà vu la vision pessimiste de Lovecraft, auteur singulier qui ne saurait représenter son temps, mais il faut bien reconnaitre que ses contemporains sont hantés par l’idée d’un déclin de la civilisation comme le montrent de nombreux textes. Là où les textes d’avant la première guerre mondiale était emprunts de spéculation scientifique ( ou assimilée comme telle, cf. les sciences occultes ) ramenant à l’aspect culturel de l’Atlantide, la production d’après guerre est elle plus liée aux évènements historiques, balancement lié à la société qui produit ces œuvres mais balancement rendu possible par les caractéristiques du roman platonicien.

On constate que cette période voit un net accroissement des publications sur le thème de l’Atlantide par rapport à une période 1870-1914, période pourtant déjà prolixe. C’est de cette époque que datent aussi certaines des meilleures publications comme l’"Atlantide" de Pierre Benoît, publiée en 1919 et qui connaitra pas moins de 4 adaptations au cinéma, et « La ville du gouffre » de A. Conan Doyle déjà cité.

La plupart de ces récits utilisent la vision platonicienne d’une cité décadente et condamnée, la plupart des Atlantide de l’époque finissant englouties sous les eaux. L’Atlantide de cette époque est avant tout devenue un toponyme destiné à servir de décors aux crises de l’Occident, ses échecs et ses illusions perdues autant que son angoisse face à l’avenir. Un exemple de cet état d’esprit peut aussi être recherché dans l’oeuvre de J.R.R. Tolkien dont il apparait qu’il a créé l’île de Numenor, mentionnée dans le Silmarillon( qui fut publié en 1977 de manière posthume ) en se basant sur le mythe platonicien, lui donnant le nom d’Atalantë dans l’une des nombreuses langues créées pour son univers.

Pour certains auteurs germaniques l’Atlantide c’est l’Allemagne d’après Versailles, puissance défaite, peuple vaincu, nostalgique de sa grandeur passée. C’est surtout vrai après 1920, date de parution du poème épique « Atlantis, Des Untergang einer Welt » ("Atlantide, la chute d'un monde") de O. Hauser dans lequel l’auteur met en scène une série de tribus primitives mythiques s’affrontant dans l’Europe pré-historique. Vont ensuite se succéder des textes qui vont créer toute une mythologie nouvelle qui sera utilisée par Alfred Rosenberg, le théoricien du nazisme. L’Atlantide de Rosenberg c’est Thule, la terre de l’extrême nord dont sont issus tous les peuples et toutes les cultures, lieu encore existant selon lui. On ne peut s’empêcher de faire le lien avec l’ouvrage d’Olof Rudbeck de 1679 mentionné plus haut qui cherchait lui aussi à démontrer l’origine atlantidienne des tribus germaniques ( et, dans le cas de Rudbeck, des Suédois ). Pour Rosenberg la tribu honorée n’est pas le peuple goth mais la race aryenne, descendants directs des Atlantes. C’est au coeur de la littérature atlantidienne ésotérique que vont plonger les racines du national-socialisme et la théorie de l’infériorité des peuples sémites. Le mythe grec est germanisé, rapproché des divinités scandinaves au point que la capitale de l’Atlantide-nation deviens Asgard, la capitale des Dieux nordiques. La ré-écriture du mythe passe aussi par la transformation du récit originel pour faire du peuple vaincu, déchu par les Dieux, un peuple victime d’une injustice, image plus proche de celle que les Allemands avaient d’eux même à cette époque.

L’Atlantide est un endroit formidable car il est à la fois présent dans toutes les consciences et suffisamment mystérieux que pour être ré-écrit et devenir le porteur de messages radicalement opposés. Car en effet si elle peut être le flambeau ralliant les nazis, elle peut aussi devenir le cadre d’une mise en garde contre Hitler comme sous la plume de l’auteur tchèque K. Capek qui publia en 1936 son ouvrage « La guerre des Salamandres » dans lequel il prophétise la disparition des envahisseurs Atlantes sous l’effet de leurs propres armes...

Chapitre VI : Et depuis lors ?

Il n’existe pas encore d’étude portant sur la réception du mythe de l’Atlantide depuis la fin de la seconde guerre mondiale qui soit comparable à l’ouvrage de Foucrier ( qui ne se penchait déjà que sur le seul aspect littéraire, sans étudier la production cinématographique ou picturale inspirée par le mythe ). On note cependant par de rapides recherches sur internet que plusieurs dizaines de films et une vingtaine de jeux vidéo ont été inspirés par le mythe, reprenant de manière plus ou moins lâche le texte de Platon ou s’inspirant de romans d’aventure, à moins qu’il ne s’agisse de scénarios originaux visant à donner de nouvelles aventures à des héros célèbres comme Lara Croft ou Indiana Jones.

Cependant on constate en général que l’on reste dans la continuité des grands courants définis durant la première moitié du vingtième siècle sans qu’il ne semble y avoir de grandes innovations. Certes certains auteurs de romans se servent désormais des dernières théories relatives à Santorin ou à la côte sud de la mer Noire pour créer leur intrigue comme le récent Atlantis de David Gibbins, publié en 2005. Il est d’ailleurs intéressant de noter que ce dernier ouvrage a été rédigé par un archéologue professionnel expérimenté qui s’est servit pour son ouvrage des derniers états de la science afin de lui donner un maximum de crédibilité. Une autre particularité de ce récit est que l’Atlantide de Gibbins est une ville morte ou personne n’attends les archéologues, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des autres romans sur la ville, le scénario mettant en scène des terroristes islamistes bien modernes comme principal obstacle à la quête des héros.

Un autre phénomène propre à cette période doit cependant être remarqué, celui de la diffusion du mythe en dehors du monde occidental. En effet la culture japonaise de l’après seconde guerre mondiale, dans sa quête de nouveaux modèles, se servit entre autre de l’Atlantide et d’autres cités mythiques issues de la culture occidentale comme Ys ou Avalon pour se créer de nouveaux référentiels, comme le démontrent une série de productions littéraires, cinématographiques ou vidéo ludiques.

Si je regarde dans ma bibliothèque personnelle après des ouvrages récents mettant en scène l'Atlantide j'en retrouve quatre autres dignes de mentions car ils présentent tous une vision différente de la cité.

Le premier titre qui apparait dans cette liste est celui de Lincoln Child, “Deep Storm”, très mauvais roman de 414 pages publié en 2007. Ce récit est noué autour du mystère qui entoure une mystérieuse plateforme pétrolière reconvertie et opérée par le gouvernement américain au coeur de l’Atlantique. Les équipes qui y travaillent dans le plus grand secret sont officiellement en quête de l’Atlantide mais une série de mystérieux évènements viennent perturber l’expédition et sont le prétexte à un livre d’aventure-catastrophe qui conduit à la découverte du fait que notre planète à servi de dépotoir pour armements extra-terrestres plusieurs milliers d’années avant notre ère. L’Atlantide n’est donc ici qu’un prétexte à un mauvais remake du roman Sphère de Micheal Crichton ( Jurassic Park ).

Autre auteur, autre univers, le roman “Atlantis Found” ( traduit en 2000 sous le titre “Atlantide” ) de Clive Cussler nous plonge dans un autre univers et nous fait voyager aux quatre coins de la planète et du temps. De la plus haute antiquité à l’époque contemporaine en passant par la seconde guerre mondiale, du Colorado à l’Antarctique en passant par le troisième Reich, nous suivons ici les aventures de Dirk Pitt et de ses amis, les héros fétiches de Cussler, dans une aventure qui si elle n’a rien de réaliste ( citons simplement et sans rien révéler de l’intrigue le fait qu’un U-Boat nazi soit capable de naviguer et de combattre plusieurs décennies après la fin de la guerre ) n’en reste pas moins une aventure divertissante, honnête roman de gare dans lequel l’Atlantide est intégré dans la perspective des recherches nazies dans le domaine.

“The Hunt for Atlantis” de Andy Mc Dermott, roman de 544 pages publié en 2007, est lui un mélange entre les romans de Gibbins et de Cussler : on y retrouve une archéologue professionnelle qui cherche à découvrir l’Atlantide, aidée par des individus aux objectifs flous qui s’avèrent être les derniers descendants des Atlantes, bien décidés à restaurer la pureté de leur race en déversant sur le monde un virus dont seuls les porteurs d’un gène spécifiques seraient immunisés… La quête de la jeune femme l’entraine là encore aux quatre coins du monde, lui faisant découvrir des villes atlantes plus ou moins abandonnées dans les jungles du Brésil et dans les neiges du Népal, nécessitant avant cela des passages à New York, en Norvège ou encore dans le palais d’un trafiquant iranien. Le style du roman est correct, même si ici encore la plausibilité de certains passages laisse dubitatif.

L’Atlantide apparait également sous la plume de Bernard Werber dans sa trilogie des dieux, où l’un des protagonistes de la grande partie de création du monde décide de tricher en créant une telle Atlantide pour protéger son peuple, lequel est presque détruit par un grand raz de marée provoqué par les arbitres. Plus tard il recrée une néo-Atlantide écologiste qui est une adaptation du mythe pour le 21ème siècle. Le récit de Werber est bien plus proche des textes antiques et c’est avant tout l’aspect philosophique de l’Atlantide qui apparaissent ici, plus que tout élément d’aventure comme ceux trouvés dans les autres romans cités ci-dessus.

On notera (et c'est peut-être une conséquence de ma politique d'acquisition qui rendrait toute tentative de conclusion caduque) la prépondérance des publications anglophones. Il faudrait une étude bien plus poussée pour dresser un tableau plus complet mas l'on constate néanmoins qu’ils rentrent assez bien dans les schémas observés pour les époques antérieure, comme quoi il n’y a rien de neuf sous le soleil !

Conclusion

D’un mythe politique rédigé il y a plusieurs millénaires nous sommes passés à des études se voulant scientifiques et à des dizaines de romans reflétant dans l’Atlantide l’image de leur propre époque. L’Atlantide s’est avéré être un mythe particulièrement flexible que toutes les époques ont pu reprendre à leur compte sans le dénaturer, sans lui faire perdre sa force.

Je citerais ici un autre passage de Jules Vernes, reprenant juste après que le capitaine Nemo ait écrit à Aronax le nom de la mystérieuse cité engloutie :

Jules Vernes a dit :Quel éclair traversa mon esprit ! L’Atlantide, l’ancienne Meropide de Théopompe, l’Atlantide de Platon, ce continent nié par Origène, Porphyre, Jamblique, D’Anville, Malte-Brun, Humboldt, qui mettaient sa disparition au compte des récits légendaires, admis par Posidonius, Pline, Ammien-Marcellin, Tertullien, Engel, Sherer, Tournefort, Buffon, d’Avezac, je l’avais là sous les yeux, portant encore les irrécusables témoignages de sa catastrophe.


Au final ce dossier nous aura permit de nous faire une idée de l’image qu’une ville a donné d’elle au cours des siècles sans que nul ne l’aie jamais vue, sans que nul ne puisse jamais la visiter. Les villes lointaines et mystérieuses ont toujours fait rêver, les exemples le prouvant au travers des ages sont nombreux mais la spécificité de l’Atlantide, la caractéristique qui la distingue de Timbouctou ou de Beijing c’est qu’elle n’a jamais existé et sera pour toujours la destination où ne pourrons nous envoyer les tour-operators. Car l’Atlantide c’est le dernier bastion de l’imaginaire !

Note relative à la bibliographie :

On se réfèrera à l’ouvrage de Foucrier cité à plusieurs reprises pour une bibliographie de base sur la question. En ce qui concerne les efforts récents pour localiser l’Atlantide il faut noter que si de nombreux auteurs mentionnent les théories et éventuellement le nom de leurs promoteurs les références exactes aux sources manquent cruellement. Les articles de l’encyclopédie en ligne Wikipedia sont aussi utiles, surtout la version anglaise. D’autres sites sont également utiles. En voici quelques uns consultés durant la préparation de ce dossier même si la plupart sont loin de mériter le qualificatif de source scientifique...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Atlantide
http://en.wikipedia.org/wiki/Atlantis
http://artchives.samsara-fr.com/artchives.htm
http://atlantides.free.fr/
http://www.sciencepresse.qc.ca/dossiers/atlantide.html
http://www.linternaute.com/humour/dossier/06/enigmes-historiques/atlantide.shtml

Modifié le 30/05/2009 à 00h09 par Bryaxis

3 commentaires

L'Encrier a deux ans !

Par Csame le 19/05/2009 à 18h50. — Général

(Texte co-rédigé par l'équipe et posté à 18h13 le 19 mai 2009)

Le 19 mai 2007, à 18h13 (au méridien de Bruxelles)...

Image utilisateur

Ainsi naquit ScriBot, au milieu des cris de joie de l'assistance émerveillée. L'Univers entier n'attendait que cela. Qu'on rappelle à ce propos les vers prémonitoires du Poète :
Deux mille sept ! — Ô temps où des peuples sans nombre
Attendaient prosternés sous un nuage sombre
Que le ciel eût dit oui,
Sentaient trembler sous eux les états centenaires,
Et regardaient Csame entouré de tonnerres,
Comme un mont Sinaï !

Glorieuse apparition !

Le 19 mai 2008, à 18h13 (au méridien d'Etterbeek)

...l'Encrier avait un an. Il recevait à cette occasion, de son parrain gunter, son prénom, ScriBot, et apprenait à parler. Ainsi qu'à marcher, à organiser des concours, à participer aux forums, bref à vivre sa propre vie, que cela plaise à son Créateur ou non.

Le 19 mai 2009, à 18h13 (au méridien de Schaerbeek)

...l'Encrier souffle sa deuxième bougie.
Image utilisateur

Et ScriBot, en bon petit roboton1 qu'il est, il court partout, dévalise la bibliothèque de son père 2 pour y trouver des livres de plus en plus volumineux 3, joue avec l'ordinateur du même, invite des amies à la plage ou dans son jardin sans prévenir les autorités parentales, oublie de se réveiller certains matins ou radote parfois, organise des cafés littéraires ou des rencontres entre ses amis, à Paris, Bruxelles ou on ne sait trop où.

Bref, la vie de ScriBot qui incarne un peu celle de l'Encrier a vécu des balbutiements mouvementés. Et même si, pour un site web, l'âge de deux ans est déjà respectable, nous n'en avons pas moins encore et toujours l'envie d'innover. En ce jour du deuxième anniversaire de l'Encrier, toute l'équipe et moi même avons l'honneur et le plaisir de vous annoncer officiellement l'imminente création d'une Association Sans But Lucratif (ASBL) destinée à la gestion et la poursuite du développement de l'Encrier.

Je crois que - pour une fois - aucun mot n'avait filtré : l'Encrier, qui jusqu'alors n'avait pas de statut juridique si ce n'est celui d'association de fait, va prendre une forme plus tangible. La forme d'ASBL, issue du droit belge mais qui trouve son équivalent dans le droit français, nous permettra de développer nos projets plus sereinement, d'acquérir une légitimité et une reconnaissance. 4

Je profite donc de cette news pour remercier les gens qui ont permis que tout cela soit possible. Je vais d'abord remercier Laurent Jerry, membre de la première heure dont l'éternel soutien moral et intellectuel m'est très précieux et Bryaxis, qui a récemment rejoint l'équipe mais dont la contribution - rendue aisée par sa proximité physique - a également été très profitable. Ensuite, j'adresse tous mes remerciements aux autres membres de l'équipe : Nini, Nataniel, Ennola et Dominos. Non seulement, ils apportent à l'Encrier les bienfaits d'une modération juste et pondérée, mais en plus ils apportent des idées et des concepts intelligents, notamment en relayant les demandes de la communauté.

Longue vie à l'Encrier !

1 “Roboton” : bébé robot.
2 ... ou d'un autre quelconque administrateur.
3 et les quincailleries de Bruxelles pour trouver de quoi se sustenter : clous, équerres, tournevis, chevilles, étain à souder, ...
4 ... et de confier le babysitting de ScriBot à qui de droit...  

Modifié le 19/05/2009 à 18h48 par Laurent Jerry

19 commentaires

[Genre] La fantasy : à la découverte d'une littérature surprenante

Par Bryaxis le 27/04/2009 à 12h59. — Genre

Un genre dont on parle beaucoup sur l'Encrier est la fantasy. Longtemps considéré comme un genre mineur ne méritant pas l'appellation de littérature, il a conquis en une vingtaine d'années un public beaucoup plus large grâce à son introduction dans les consciences populaires par le biais du cinéma et de quelques œuvres au succès retentissant ainsi que grâce à divers jeux vidéo. Un parcours assez semblable à celui de la science fiction donc, même si les origines en sont relativement différentes.
Quelles sont ces origines ? La question a encore été récemment posée sur le forum, notamment dans la perspective de savoir si l'on peut traduire le terme anglo-saxon fantasy par le mot français « fantastique ». En réalité si le mot fantasy n'a jamais été traduit c'est parce qu'il n'existe pas réellement de concept équivalent en français même si l'Académie a décrété en 2007 qu'il pouvait être fait mention de « fantaisie », terme ayant pourtant un sens premier fort différent.

Fantastique VS Fantasy

Le fantastique littéraire est en effet un genre mettant en scène des éléments jouant sur la perception du surnaturel, qu'il soit réellement présent ou non, dans le monde réel. Le genre est apparu comme une déviation du romantisme allemand du début du dix-neuvième siècle ( songeons aux contes d'Hoffman) et l'on marque souvent son apparition en littérature française avec la traduction des textes d'Hoffman dans les années 1830 ou celle que fit Baudelaire des nouvelles de Alan Edgar Poe dans les années 1850. Si les œuvres produites ne France ne sont pas restées dans les mémoires ( sauf peut-être le roman de la momie de Théophile Gautier ), il devint en revanche très apprécié en Belgique où de grands auteurs ont publié romans, nouvelles, poésies et pièces de théâtre fantastiques qui font encore aujourd'hui partie intégrante du bagage culturel commun (songeons à Thomas Owen, Michel de Guelderode, ou encore Georges Rodenbach).
La grande caractéristique du fantastique qu'il nous importe de garder à l'esprit pour cette étude est que ces récits se déroulent dans le monde réel, qu'il s'agisse du monde contemporain ou du passé, même si parfois le lieu ou le moment de l'action ne sont pas exactement spécifiés. On trouve ainsi des récits fantastiques qui se déroulent aussi bien le long de la fameuse route 66 que dans des châteaux médiévaux ou dans les rues de grandes villes du dix-huitième siècle.
On note de ce bref aperçu que les prémices des romans et films du genre « horreur » sont également présent dans le fantastique, la qualification horreur n'étant bien souvent qu'une sous-catégorie.
On peut également considérer que certains des contes et légendes comme ceux des frères Grimm, souvent la version écrite de légendes ancestrales, contiennent aussi une touche marquée de fantastique. Cependant ces contes sont souvent placés hors du temps et hors de la géographie ( « il était une fois dans un royaume lointain... » et sont donc plutôt rangé dans la catégorie du merveilleux, la différence avec le fantastique étant que le surnaturel y est accepté comme normal.
Tant le fantastique que les contes et légendes peuvent mettre en scène des créatures non humaines : bien souvent on y retrouve le diable, mais l'on peut également y rencontrer lutins, farfadets et petits démons. Certains textes contiennent également des apparitions d'anges ou d'envoyés de Dieu, des textes qui sont d'ailleurs souvent l'oeuvre de croyants prosélytes cherchant justement à produire une littérature chrétienne en opposition à tout ce fantastique « démoniaque ».
Quoique en Europe le fantastique ait été particulièrement fertile en Belgique, il fit également de nombreux adeptes dans le monde anglo-saxon comme en témoignent les romans de Bram Stocker (Dracula) et de Marie Shelley (Frankenstein). Outre-Atlantique aussi le mouvement fut largement suivi même si la veine naturaliste qui dominait en peinture était également très développée.
L'un des maîtres du fantastique américain est sans nul doute H.P. Lovecraft qui, avec sa mythologie étrange et effrayante, ses descriptions hallucinées et sa manière de suggérer l'indicible, fut le maître à penser d'auteurs aussi célèbres que Stephen King, qui s'en revendique ouvertement.
Lovecraft vécu et écrivit durant le premier quart du vingtième siècle, entretenant une riche correspondance avec de nombreux auteurs américains et notamment un certain... R. E. Howard (1906-1936), premier auteur de fantasy proprement dite que nous allons aborder dans cet article.

Les temps héroïques

Howard va rédiger plusieurs suites de nouvelles mettant en scène un nombre restreint de héros comme Solomon Kane ou, plus connu, Conan le Cimérien, un individu évoluant dans un univers décrit comme très ancien mais restant situé sur notre terre : c'est l'âge hyborien, avant que les continents ne dérivent dans leurs positions contemporaines, avant que ne naissent les civilisations mésopotamienne de l'aube de notre histoire, des civilisations nées des peuplades vivant dans cet âge de héros.
Conan le barbare, aussi connu sous le nom de Conan le Cimérien, est un guerrier aux tendances berserk qui parcours la terre en tant que mercenaire et qui parviendra, au prix de nombreux conflits, à devenir roi d'une nation civilisée. Conan doit affronter des mages, des monstres, des démons, des armées et... de belles femmes avant d'atteindre son trône, une combinaison d'adversaire que sa simplicité, son courage et son épée l'aideront à vaincre.
L'époque de parution des récits de Howard, les années vingt et trente, est aussi la période des super héros des bandes dessinées américaines, les fameux Comics, et de la grande époque de la criminalité de Chicago, celle où règne la pègre d'Al Capone et de ses rivaux. Une période d'incertitude, de lutte contre la mauvaise situation économique, une période de nationalisme également. Une période où de grands héros littéraires sont les bienvenus et dans laquelle l'arrivée de Conan est saluée par nombre de critiques.
Conan est donc clairement un héros de fantasy, d'un sous genre appelé « sword and sorcery », terme que l'on pourrait traduire par « épée et sorcellerie », deux des éléments au coeur de ce genre de récits. Il faut noter qu'à l'époque le terme de fantasy n'est d'ailleurs pas utilisé puisqu'il serait apparu dans son acceptation actuelle aux États-Unis en 1949 avec la publication de la revue The Magazine of Fantasy.
Howard n'est évidemment pas sans précurseurs et on peut considérer que ses personnages sont par bien des aspects les héritiers d'un autre héros mythique, en l'occurrence le Tarzan de Edgar Rice Burrough, publié à partir de 1912, époque où Howard n'avait que six ans et qui commence à rencontrer à partir des années vingt diverses tribus et civilisations mystérieuses faisant usage de la magie...
Alors que Howard et Burrough publient leurs cycles respectifs, un troisième grand auteur de la fantasy est également à l'oeuvre. Il s'agit de Fritz Leiber qui, outre le fait qu'il rédigea le célèbre cycle de Fafhrd et du souricier gris, s'est distingué par sa réflexion théorique sur la littérature de fantasy, définissant les grandes sous catégories du genre et identifiant la high fantasy ( où le héros est accompagné d'une troupe, comme dans le seigneur des anneaux ) et la low fantasy à laquelle appartiennent notamment l'heroic fantasy ( un héros unique dans une quête initiatique ) et la sword and sorcery ( où le héros se contente d'être un individu amoral et amateur de combats, la distinction avec l'heroic fantasy étant un peu celle séparant sur ordinateur les rpg comme Elder Scroll III : Morrowind des hack and slash comme Diablo II ).

Le seigneur fantastique

Durant la même période un autre auteur écrit ses premières lignes. Son récit est né dans l'horreur des tranchées de la première guerre mondiale, se développera avec la montée des fascismes européens, s'envolera durant les heures sombres de la seconde guerre mondiale et sera diffusée dans les années cinquante. Cette œuvre est bien entendu celle de J.R.R. Tolkien, le père de la trilogie du seigneur des anneaux (1954), du conte de Bilbo le Hobbit (1937) et des innombrables textes formant le Silmarillon ou les contes et légendes inachevées, pour ne citer que quelques titres.
L'œuvre possède d'indéniables qualités littéraires, son niveau de langue étant bien plus élevé que ce que l'on trouve dans la plupart des récits qui précèdent. L'intrigue est bien plus complexe, l'univers bien plus riche. Je ne rappellerais pas ici tous les éléments pertinents à l'œuvre de Tolkien, mais mentionnerais juste la création d'une grammaire et d'un lexique elfique ou l'établissement d'une très riche documentation ayant permit la création de l'univers de la Terre du Milieu.
Le seigneur des anneaux est aussi un des plus gros récits de fantasy publié jusque là en termes de nombre de pages. La plupart du temps la fantasy était diffusée sous forme de nouvelles dans des magasines, selon un procédé similaire à celui existant dans le monde de la S-F. Tolkien va pour sa part publier d'imposants volumes, une pratique qui apparaît également vers la même époque en science-fiction et qui se perpétue depuis.
Le seigneur des anneaux sortira en 1954 et sera reçu de manière mitigée par la critique, notamment en raison des commentaires trop élogieux que fait C.S. Lewis, père du monde de Narnia (1950) et ami de Tolkien : Lewis est en effet peu apprécié du milieu en raison de ses autres publications, des ouvrages de théologie faisant l'apologie du christianisme.

S-F, la cousine proche

En francophonie la littérature de fantasy se diffuse assez lentement, tout comme la S-F anglo-saxone : importer des livres anglais ou américains était alors bien moins facile que de nos jours et peu d'éditeurs se risquaient à traduire ce type de récits. Je n'ai par ailleurs pas connaissance (mais sans doute par manque d'érudition) de textes de cette nature qui auraient été publiés en français à cette époque.
Vous le notez, je fais souvent référence à la S-F dans cet article, et les parallèles sont assez nombreux entre ces deux genres. Il est vrai qu'à mes yeux elle est un peu la cousine de la fantasy, née dans un contexte similaire mais à partir de bases relativement différentes, étant plus proche du courant réaliste qui suivit le romantisme, avec aussi des visées souvent plus sérieuses en terme de réflexion sur la société. En revanche il faut reconnaître que l'on ne peut considérer la S-F comme plus technophile qu'une fantasy que la magie rendrait technophobe : ce concept nierait en effet l'existence de toute une branche de la S-F très négative par rapport à la technologie, une branche dont l'auteur français Barjavel est un bon exemple.

Mais revenons à la fantasy. Le succès de Tolkien est réel au sein des communautés d'amateurs de fantasy mais ceux-ci restent peu nombreux. Il faut attendre les années soixante pour voir une augmentation du nombre d'amateurs de ce genre littéraire, parallèles à l'augmentation du nombre d'amateurs de S-F. De nouvelles publications, dont les superbes volumes illustrés et reliés à la soie des diverses collections de la maison d'édition Opta ( qui publient notamment certaines des premières traductions françaises de Burrough, Leiber, Moorcock et Le Guin), entrainent une ouverture du public francophone à ces genres. Néanmoins cela reste un peu une littérature destinée à ceux que l'on qualifierait aujourd'hui de « geeks », des gens qui s'intéressent au monde du jeu de rôle ou à... l'informatique. Pourtant de grands auteurs publient de la fantasy durant cette période, notamment M. Moorcock, surtout connu pour ses récits de science-fiction mais aussi auteur de plusieurs cycles dont celui d'Elric de Melniboné ( publié entre 1961 et 1972 ) est le plus connu. Une caractéristique des cycles de Moorcock est qu'ils sont reliés entre eux par une thématique commune, en l'occurrence le fait que ses héros sont des incarnations du champion éternel, individu chargé de préserver l'équilibre entre la loi et le chaos au sein des univers multiples connus sous le nom de Multivers.
Autre auteur majeur de la fantasy pourtant surtout connue pour son oeuvre S-F, Ursula Le Guin publie à partir de 1972 le cycle de Terremer, qui se démarque par son message plus centré sur la condition humaine que ce que l'on peut lire chez la plupart des autres auteurs.

Années 80 : sortir de la communauté des initiés

A partir des années quatre-vingt l'informatique et les jeux de rôle vont prendre une importance croissante dans l'histoire de la fantasy. En effet plusieurs des jeux parmi les plus anciens que l'on ait pu trouver sur les Amiga et autres Commodore 64 étaient des jeux de fantasy (ah, Ghost and Goblin ! Que d'heures de jeu à l'époque – 1987 – ! Mais aussi le premier Final Fantasy sur console NES, qui n'atteindra l'Europe que bien plus tard ), certains étant même basé sur des scénarios écrits spécialement dans ce but par des auteurs renommés comme R.E. Feist, lequel achevait alors sa première trilogie des chroniques de Krondor, aussi connue sous le nom de trilogie de Pug le magicien. Nous y reviendrons dans un instant.
A la même période un autre intervenant va entrer en jeu : Hollywood. En effet c'est de ces années que datent certains films devenus célèbres comme Conan le Barbare (1981), interprété par un jeune culturiste californien à l'accent autrichien prononcé nommé... Arnold Schwarzenegger ! Les scénarios simples et exotiques de la fantasy d'auteurs comme Howard plaisent à une industrie du cinéma qui cherche à remplacer les grands peplums mythologiques inspirés des mythes et légendes de l'antiquité méditerranéenne et biblique. Mais l'arrivée de la fantasy au cinéma est aussi liée à l'évolution du cinéma lui même, marqué par les oeuvres de jeunes réalisateurs comme Spielberg ou Georges Lucas, qui a récemment donné à la S-F cinématographique ses lettres de noblesses en donnant naissance à Star Wars.
Enfin, dernier élément cinématographique à noter, les années 70 avaient été celles de la découverte des films asiatiques d'arts martiaux, donc certains étaient situés dans un cadre ancien tout à fait neuf pour les spectateurs occidentaux et apparaissant comme exotiques, à l'égal de ce qu'avait été l'Antiquité pour la décennie précédente : il était donc temps de trouver un nouvel univers cinématographique et ceux offerts par la Fantasy s'y prêtaient bien.
J'ai parlé de jeux de rôle. Les années quatre-vingt sont en effet celles durant lesquelles se développent plusieurs pratiques du jeu de rôle dont celle codifiée par une série de règles intitulées « donjon et dragon », série créée en 1974 et appelée à un bel avenir. En effet le livret de règles va connaître de très nombreuses itérations, se voir adjoindre des jeux de règles et des scénarios additionnels, être adapté en jeu vidéo ou, mais avec moins de succès, en films.
Autre forme de jeu de rôle, les livres dont vous êtes le héros, devenus populaires à partir de 1982 : une série de propositions composant un scénario rangées dans le désordre dans un livre parcouru à l'aide d'un dé définissant les actions à prendre pour progresser dans l'univers.

La naissance des grands cycles contemporains

C'est donc dans cet univers en pleine ébullition (mais qui reste malgré tout encore assez confidentiel) que sont publiés les premiers volumes d'une série qui en comporte aujourd'hui plus d'une vingtaine, le cycle de Krondor de R.E. Feist, dont le premier volume est publié en 1982. Les premiers tomes présentent le scénario désormais classique d'un jeune homme vivant dans l'entourage de la cour qui se découvre un talent magique mal compris qu'il doit refouler jusqu'à ce que des événements qui le dépassent ne le forcent à apprendre à maîtriser ce pouvoir. Ici les événements déclencheurs sont l'ouverture d'un portail reliant Krondor avec la planète Mikdemia et le début du conflit qui va opposer ces deux mondes jusqu'à ce que Pug ne parvienne à y mettre un terme.
L'année 1982 voit un autre auteur du nom de David Eddings publier son premier récit de fantasy, première pierre d'un cycle appelé à connaître un grand succès : le Cycle de la Belgariade, dont le premier volume s'intitule en français « le pion blanc des présages ». Ce cycle sera suivi à partir de 1992 d'un second nommé La Mallorée puis de prequel et d'autres cycles sans lien avec ce premier univers.
Un an plus tard une autre étoile de la fantasy se lève, sous le nom de Megan Lindholm. En réalité sous se nom se cache un des auteurs les plus lu à l'heure actuelle, Robin Hobb. Bien avant sa série de l'Assassin Royal ( qui ne sera publiée qu'à partir de 1995 ), elle publiait le cycle de Ki et Vendien ( en quatre volumes ) et celui du peuple des rennes ( en deux volumes ). L'auteur explique ce recours à un pseudonyme par la volonté d'offrir des traitements différents des mêmes thèmes sans influencer le lecteur.
Au même moment apparaît ce qui est alors un ovni total dans le domaine de la fantasy, La huitième couleur de Terry Pratchett, premier roman de fantasy burlesque, le début d'une série qui continue jusqu'à aujourd'hui avec trente sept volumes publiés à ce jour, mélange des canons de la fantasy avec un sens de l'humour décalé qui fait la réputation de l'auteur.
Les années quatre-vingt voient la publication de nombreux autres ouvrages comme par exemple les premiers tomes du cycle de Drenaï (Légende, 1984) de David Gemmel, ou le cycle de L'arcane des épées de Tad Williams dont Le trône du dragon inaugure en 1988 une série de huit romans.
Les années nonante sont également très fertiles, notamment le milieu de ces dernières qui voit un rebond de la production avec la parution d'une série de nouveaux cycles sur différents supports : livres bien sur, mais aussi jeux vidéo et séries télévisées.
Côté livres d'abord, outre la série, que l'on ne présente plus, de l'Assassin Royal dont le premier tome sort en 1995, on note le début du cycle du Trône de fer, œuvre de R.R. Martin dont quatre volumes ( sur sept prévus ) sont aujourd'hui parus. C'est aussi la période de publication de l'univers A la croisée des mondes de Philip Pullman, depuis adapté en films.
Tad Williams, encore lui, inaugure également en 1996 une seconde série connue sous le nom d'Autremonde, premier roman de fantasy mettant en scène l'internet : j'écris ici fantasy parce que le récit me semble plus proche de la High Fantasy que de la science-fiction même si l'on est ici aux limites des deux genres.
Enfin 1997 est le début d'un véritable phénomène littéraire bien connu des membres de l'Encrier, je veux bien entendu parler du cycle de Harry Potter, romans clairement dirigés vers la jeunesse mais qui captivera aussi des millions de lecteurs plus âgés. Étalée sur dix ans, cette série aura un retentissement inouï sur toute une génération, un phénomène dont on mesure encore mal les conséquences tant littéraires que sociales.
Dans le domaine du jeu vidéo aussi les années nonante sont celles d'une grande créativité qui livrera des jeux de qualité devenus légendaires : The Elder Scroll sort en 1994 ( la série sera surtout connue du grand public à partir des épisodes III : Morrowind et IV : Oblivion, sortis en 2002 et 2006 ) et Baldur's Gate (1998, suivit d'une extension et d'une suite recevant elle aussi son extension, cet univers est à l'origine des deux Icewind Dale et des deux Neverwinter's Night et de leurs extensions respectives ) en sont deux exemples célèbres.
Les années nonante marquent également l'arrivée de la fantasy sur de nouveaux supports : la télévision bien sur, avec notamment la série Xéna la guerrière, mais aussi la musique : de nombreux groupes de metal ou de musique gothique apparaissent à l'époque et s'inspireront d'univers de fantasy pour les paroles de leurs chansons. Nightwitch, Within Temptation ou Sonata Arctica, tous fondés en 1996, sont des exemples de ces groupes qui suivent des vétérans comme Therion ( fondé dés 1987 ). Plus surprenant, la fantasy entre également dans l'univers du rap français avec des groupes comme IAM qui publie en 1997 L'école du micro d'argent, qui présente des titres aux paroles inspirées de l'univers de Star Wars ou mettant en scène un monde extrême oriental fantasmé. Trois ans plus tard, deux des chanteurs de IAM, Shurik'n et faf Larage, sortent « La garde » dont plusieurs titres sont très clairement inspirés de la fantasy avec la description des combats menés par deux assassins traqués par des mages et des guerriers.

La dernière décennie : le triomphe du cinéma

Le passage de l'an 2000 ne diminue pas l'attrait pour la Fantasy et de nombreux titres sont sortis depuis lors. On épinglera notamment les Salauds Gentilhommes de Scott Lynch, deux volumes parus à ce jour.
Mais c'est surtout au cinéma que la fantasy a brillé ces dernières années avec pour commencer un monstre qui va tout écraser durant plusieurs années : je veux bien sur parler de l'adaptation cinématographique du Seigneur des Anneaux de Tolkien par P. Jackson. Mais depuis nous avons aussi eu droit à des adaptations du premier tome du Narnia de Lewis, du A la croisée des mondes ( sorti sous le titre « La boussole d'or ») de Pullman, de la série des Harry Potter de Rowlings ou encore de l'hilarant ( mais pas pour les bonnes raisons... ) Eragon, issu du roman de C. Paolini.
Cependant il faut bien reconnaître que les principales séries aujourd'hui publiées sont souvent relativement similaires et d'une qualité laissant parfois à désirer. D'où l'intérêt qu'il y a à lire les auteurs plus anciens, beaucoup plus imaginatifs même si ils sont parfois un peu difficiles à trouver.
Voilà qui conclut ce long article, en espérant vous avoir fait découvrir quelques auteurs et l'histoire d'un genre riche auquel on espère une très longue vie !

Modifié le 27/04/2009 à 09h29 par Laurent Jerry

13 commentaires

Littérature comparée

Par Laurent Jerry le 20/04/2009 à 23h05. — Général

Image utilisateur
Bonjour à tous

Quelques nouvelles pour vous tenir à jour de l'évolution du site :

  • Tout d'abord, c'est avec une grande joie et un grand honneur que je vous annonce le rajeunissement, la féminisation et l'hexagonalisation de l'équipe de l'Encrier. En effet, deux charmantes demoiselles françaises (respectivement yveline et lorraine) ont accepté de rejoindre l'équipe des modérateurs : il s'agit de dominos (depuis quelques semaines) et d'Ennola (aujourd'hui). Je les présente à vos félicitations enthousiastes.
  • Ensuite, je voulais saluer les nouveaux membres, nombreux et actifs, et les féliciter car grâce à eux nous sommes désormais huit cent sept encreurs. Félicitation à BoB, notre huit-centième compère !
  • Enfin, je voulais vous parler de littérature. Un sujet qui me tenait à cœur depuis très longtemps, mais que je ne savais pas trop comment intégrer dans le forum.

    ◊ Il est vrai qu'on parle beaucoup de littérature sur ce site (et c'est heureux !), mais jusqu'ici l'organisation des discussions était assez floue, chacun commentant à sa guise ses lectures ou celles des autres sur le forum Que lisez-vous ?

    ◊ Grâce à Nini, nous avons pu bénéficier d'informations sur certains auteurs : Stephen King, Agatha Christie, Marc Levy, Mary Higgins Clark et Jean-Marie Gustave Le Clézio.

    ◊ L'arrivée de Bryaxis en tant que journaliste a permis une lecture plus transversale de différents thèmes récurrents dans la littérature (L'Atlantide en deux articles, le premier en décembre et le second en mars) ou à certains genres littéraires (le techno-thriller, les frères du Da Vinci Code)

    ◊ Enfin, et je termine sans doute par le plus important, les membres de l'Encrier ont rédigé jusqu'à ce jour trois cent vingt-neuf fiches de lecture montrant leur intérêt profond pour les livres qu'ils lisent.
  • Cependant, ces multiples initiatives louables et souvent talentueuses manquaient d'unité et surtout de recul. Le cadre requis ne présentant souvent (et en particulier pour les fiches de lecture) que peu de place pour une analyse comparative.
  • La création d'un lieu dédié (qui sera donc LE CAFÉ LITTÉRAIRE) me semblait indispensable. Un lieu où un certain recul par rapport à l'œuvre pourrait être pris, et où les membres de l'Encrier s'essaieraient à la critique. C'est un hasard heureux qui m'a donné l'idée. Ce que l'Encrier propose dans cette rubrique, c'est un comparatif : chacun pourrait choisir plusieurs ouvrages, soit d'un même auteur, soit d'auteurs différents, et tenter une analyse comparée. Soit de ce qui rapproche ces œuvres, soit au contraire de ce qui les distingue. Bien entendu, cela s'intégrant dans un forum, ces analyses pourraient à leur tour être discutées, commentées, argumentées.
    D'autres analyses pourraient également s'insérer dans cette catégorie, pour peu qu'elles soient suffisamment documentées et comparatives. L'analyse type “fiche de lecture”, centrée sur une œuvre ou un auteur, qui trouvera parfaitement sa place en tant que fiche de lecture ou « Éclairage sur un auteur » sera par contre découragée dans ce nouveau forum, puisque c'est la transversalité qu'on recherche d'abord.

Modifié le 20/04/2009 à 23h18 par Laurent Jerry

14 commentaires

Concours culture J

Par Csame le 10/04/2009 à 00h39. — Général

Image utilisateur
Habitués des concours, voici venue votre heure :)

En partenariat avec mangaparty.net, l'Encrier vous propose de participer à un concours dont la seule contrainte — mis à part le nombre de mot qui doit être inférieur à 4000 — est le thème : « la culture japonaise ». Pour y participer, il vous suffit d'écrire un texte et de l'inscrire au concours, et ce, avant le 20 avril à midi.

Ensuite, la période des votes commencera, et ceux qui n'auront pas participé pourront noter les textes.
Il est important de rappeler que pour qu'un vote soit comptabilisé, il faut que toutes les histoires participantes aient été évaluées !

Le gagnant du concours se verra offrir trois places pour cette soirée à l'Olympia, et le second deux. L'événement vous permettra de célébrer le meilleur de la J-Music, du Jeu Vidéo, du Cosplay, de l'Anime, et du Manga lors d'une soirée exceptionnelle.

Participer au concours

Modifié le 10/04/2009 à 12h52 par Csame

5 commentaires

L'Atlantide dans la littérature à travers les siècles (II)

Par Bryaxis le 18/03/2009 à 09h24. — Inspiration

En tant que journaliste de l'Encrier je souhaites vous présenter une série de grands thèmes récurrents dans la production littéraire, afin de vous montrer comment une même thématique a été exploitée par de nombreux auteurs à différentes époques. Contrairement aux présentations des différents genres littéraires c'est donc à une découverte d'idées que je vous entraîne avec, pour première thématique, un sujet qui a traversé les siècles mais en prenant pour chaque époque un sens différent. Ce deuxième article sur cette thématique ( vous trouverez ici la première partie de l'article ) s'intéresse à l'Atlantide dans la littérature du XIXème et du début du XXème siècle : Jules Verne, Arthur Conan Doyle ou H.P. Lovecraft sont au nombre des auteurs que nous croiserons aujourd'hui...

Chapitre III : La nouvelle Atlantide


Avec le XIXème siècle et le courant positiviste qui domine durant une grande partie de cette époque on assiste à un renouveau des recherches « scientifiques » ( mais avant tout scientistes ) sur l'Atlantide, aidé par les nouvelles découvertes scientifiques dans le domaine de la géologie et de la pré-histoire par exemple. On retrouve l'Atlantide aux quatre coins du monde et même, dans la littérature de fiction, jusque dans l'espace. En cette époque de grandes expéditions au coeur de l'Afrique ou de l'Asie on imagine même l'existence possible de survivants de la civilisation atlante en quelque point reculé du globe. Tous ne tombent cependant pas dans ces excès : Thomas Henri Martin, qui publie en 1841 une traduction commentée du Timée, met en garde contre une lecture réaliste du mythe de Platon. Mais la force même du texte original avec son interruption brutale et son récit fantastique le dote d'un attrait tel que beaucoup y succombent.

Tous ceux qui écrivent à partir de cette date sur le mythe de l'Atlantide n'ont pas forcément lu les textes originaux, ce qui explique parfois le grand écart entre ceux-ci et les ouvrages de cette époque.

En dehors des ouvrages « scientifiques » on constate la plupart du temps la transformation en récit romanesque de la fable politique originale. L'Atlantide est alors bien souvent un décors exotique qui plaît car il rappelle de par son lien avec la Grèce le style (néo-)classique en vogue à l'époque mais rendu plus attrayant par des éléments extérieurs. Le récit comprend souvent un voyage, semé d'embûches, puis une phase de découverte et d'adaptation à la nouvelle réalité avant que ne surgissent des éléments perturbateurs parmi lesquels une romance et des troubles politiques dans la société Atlante reviennent souvent, causant dans la plupart des cas le départ des héros et la destruction de la cité et de ses habitants.

Cependant il faut noter que même dans ces cadres romanesques subsistent des traces de l'utopie de Bacon et de la fiction politique de Platon avec généralement une forte tendance au manichéisme : souvent le terrien débarquant en Atlantide va aider le partis des « bons » dont les valeurs morales et politiques sont jugées supérieures à lutter, parfois sans succès, contre les « méchants », souvent dépravés. Tel est le cas des astronautes d'A. Toltstoï dans son « Aelita ou le déclin de Mars » publié en 1922 ou celui des naufragés de D.M. Perry dans son roman « The Scarlet Empire » publié en 1906 où les héros ont à affronter un régime communiste où l'égalitarisme est poussé à son paroxysme.
Les héros de Perry étaient parvenus en Atlantide au moyen d'un sous-marin, ceux de Tolstoï en fusée. Jules Verne avait lui aussi utilisé le sous-marin dans « 20 000 lieues sous les mers » pour faire visiter l'Atlantide à ses héros guidés par le capitaine Némo : la science est ici associée à la découverte de l'Atlantide, qu'elle soit encore debout comme dans ces deux premiers exemples ou qu'elle ne soit plus que ruine comme chez Jules Vernes :

J. Vernes, 20 000 lieues sous les mers, vol. II, chap. IX « Un continent disparu » a dit :« En effet, là, sous mes yeux, ruinée, abîmée, jetée bas, apparaissait une ville détruite, ses toits effondrés, ses temples abattus, ses arcs disloqués, ses colonnes gisant à terre, où l'on sentait encore les solides proportions d'une sorte d'architecture toscane ; plus loin, quelques restes d'un gigantesque aqueduc ; ici l'exhaussement empâté d'une acropole, avec les formes flottantes d'un Parthénon ; là, des vestiges de quai, comme si quelque antique port eut abrité jadis sur les bords d'un océan disparu les vaisseaux marchands et les trirèmes de guerre ; plus loin encore, de longues lignes de murailles écroulées, de larges rues désertes, toute une Pompéi enfouie sous les eaux, que le capitaine Nemo ressuscitait à mes regards. Où étais-je ? Où étais-je ? Je voulais le savoir à tout prix, je voulais parler, je voulais arracher la sphère de cuivre qui emprisonnait ma tête. Mais le capitaine Nemo vint à moi et m'arrêta d'un geste. Puis, ramassant un morceau de pierre crayeuse, il s'avança vers un roc de basalte noir et traça ce seul mot : Atlantide. »


Jules Verne profite de l'occasion pour entourer ce passage d'un cours de biologie marine et de géologie d'une part, d'une narration du mythe de Platon et d'un bref aperçu sur les controverses nées du récit de l'autre. C'est une autre manière d'associer science et Atlantide, en faisant de sa découverte l'occasion d'une leçon, d'une éducation, qui passe elle aussi par un accès difficile, mini récit au coeur du roman, version miniature du grand schéma du récit atlantidien.

La science, un autre auteur de cette époque ne l'aimait pas. Il la craignait, elle l'horrifiait et lui inspirant de terribles rêves. Cet auteur c'est H.P. Lovecraft. Pour lui aussi l'Atlantide sera aussi un mythe important car elle lui fournira le modèle de R'lyeh, « la cité aux corps morts, couverte d'algues ». Lovecraft, technophobe et anti-positiviste si il en est, a créé toute une mythologie basée sur un monde caché dans lequel rodent d'effroyables créatures dont le terrible Cthulhu, indescriptible horreur vivant au fond des eaux au sein de sa cité cachée qui jaillit des eaux dans la nouvelle « L'appel de Cthulhu », publiée en 1926. Ici encore comme chez Platon la mer a engloutit les sur-hommes châtiés. Et si le rapprochement entre R'lyeh et l'Atlantide est si clair c'est aussi parce que deux autres nouvelles de Lovecraft, « The Temple » ( 1920 ) et « The Descendant » ( 1926, peu avant l'Appel de Cthulhu ) font explicitement référence à la cité de Platon.
Cependant la cité décrite dans « L'appel de Cthulhu » est elle bien différente de la plupart des autres Atlantide de la littérature :

H.P. Lovecraft, L'appel de Cthulhu, in Dans l'abîme du temps, folio SF 37, pp. 211-215 a dit :« ... ils arrivèrent à un littoral de boue, de vase et de blocs de maçonnerie cyclopéenne tapissés d'algues, qui ne peuvent être que la substance tangible de la suprême terreur de notre univers, la ville morte de R'lyeh, bâtie des millions d'années avant le début de notre histoire par les immondes créatures géantes sécrétées en de sombres étoiles. (...) Je suppose que seule avait dû émerger des eaux la hideuse citadelle couronnée d'un monolithe démesuré, où était enseveli le grand Cthuluh. (...) Johansen et ses hommes éprouvèrent une stupeur effarée devant la majesté cosmique de cette Babylone ruisselante bâtie par des démons anciens. Ils durent comprendre instinctivement qu'elle n'appartenait pas à notre monde ni à aucune planète sensée. Leur crainte face à l'énormité des blocs de pierre verdâtre, la hauteur vertigineuse du grand monolithe gravé et la ressemblance frappante des statues et des bas-reliefs monumentaux avec l'étrange idole trouvée sur l'Alert dans son reliquaire, tout cela apparaît de façon poignante avec son effroi à chaque ligne de la description. Sans rien connaître du futurisme, Johansen s'en rapproche beaucoup quand il parle de la ville ; au lieu de décrire une construction ou tel bâtiment précis, il privilégie l'impression générale d'angles et de surfaces immenses – trop pour appartenir ou convenir à cette terre – couverts d'hiéroglyphes et d'images impies. Je mentionne ce qu'il dit des angles car cela rappelle un propos de Wilcox au sujet de ses terribles rêves. Le jeune sculpteur disait que la géométrie de sa ville rêvée était anormale, non-euclidienne, en ce qu'elle évoquait de détestables sphères et des dimensions étrangères aux nôtres. ... »


Et la description continue ainsi sur plusieurs pages. L'Atlantide de Lovecraft est une Atlantide de mort, l'attrait qu'elle suscite est une passion du morbide et de la folie.

Le mythe de l'Atlantide entre grâce à ces récits dans la conscience populaire, qui s'en empare. La brièveté du présent article m'empêche de traiter de tous les ouvrages qui ont marqué l'Atlantologie à cette époque, je me suis donc concentré sur les ouvrages disponibles dans ma bibliothèque et sur internet, mais l'ouvrage de Foucrier ( dont on a déjà donné la référence dans notre premier article ) fournit une bonne analyse de ce phénomène et surtout montre comment le contexte politique des années 1870-1939 s'était montré particulièrement favorable à des récits qui, pour la plupart, racontent la décadence d'un Etat dominateur, éléments masqués derrière un récit romanesque. Et l'on remarque que plus on avance dans le temps plus la littérature de fiction passe d'un enthousiasme radieux et d'une confiance à toute épreuve en l'homme et la science à une vision de plus en plus pessimiste du monde dont Lovecraft est pour ainsi dire un aboutissement.

Dans tous ces récits une constante est l'appel à la capacité de l'esprit du lecteur de faire la synthèse entre des éléments culturels très disparates comme le montre l'Atlantide de A. Conan Doyle dans son roman "La ville du gouffre" où il mélange couleurs vives rappelant les codex précolombiens, statues semblables à la fois aux Bouddha hindou et aux Baal et Moloch puniques. Syncrétisme des lieux, syncrétisme des époques, le tout pour un lectorat qui ne connais pas forcément les modèles nécessaires à l'évocation de l'image décrite par l'auteur.

Chapitre IV : L'Atlantologie


Nous avons déjà mentionné la question de l'Atlantologie, cette pseudo-science dédiée à la recherche de l'Atlantide dans le monde réel. Tout vient de l'apparence de crédibilité que Platon donne à son mythe : qualité des sources, insistance littéraire sur le fait qu'il s'agit de la « vérité » et non d'un « mythe », mention dans un contexte sérieux ( la première mention de la ville se fait dans un passage ou Critias parle du déclenchement des catastrophes par des facteurs astronomiques ), ect...

Comme mentionné plus haut nombreux sont ceux à s'être prononcé depuis la plus haute antiquité sur la véracité des évènements racontés : Aristote parlait de mensonge, Strabon de réalité, les philosophes et les antiquaires de la Renaissance et des temps modernes sont partagés, les savants des derniers siècles le sont tout autant. Certains rédigent des ouvrages présentant l'Atlantide telle qu'elle leur est apparue en songes, d'autres cherchent à l'aide des nouvelles sciences du XIXème des indices sur son emplacement.

En 1926 Claudius Roux et Jean Gattefossé publient une « Bibliographie de l'Atlantide et des questions connexes » qui recense déjà près de 1700 titres tandis que Pierre de Jarnac évalue en 1989 à 5000 publications la masse d'ouvrages consacrés à la ville engloutie. Et en 2004 une recherche internet menée par Foucrier trouvait près de 90 000 pages...

Ces recherches mettent en oeuvre une foule de techniques différentes allant de la géologie au spiritisme en passant par les fouilles archéologiques et l'oniromancie. Il est fréquent de voir ces auteurs considérer que l'Atlantide a été la mère formatrice des peuples, celle qui leur à tout apprit. Les civilisations précolombiennes sont souvent présentées comme constituées des survivants de la catastrophe. Parmi les arguments avancés on parle de similitudes entre les hiéroglyphes égyptiens et ceux des Mayas ou encore de l'importance des pyramides dans ces deux cultures.

En outre la fin du XIXème voit un regain d'intérêt pour l'étude des mythes et légendes, avec la compilation de nombreux florilèges et d'encyclopédies qui nous ont ainsi conservé maintes légendes orales aujourd'hui disparues. C'est par exemple de cette époque aussi que datent nombre d'études sur Ys. Les thèses anthropologiques du diffusionisme ( pour lesquelles les idées sont inventées une seule fois avant de se diffuser de manière concentrique autour du point d'invention, se transmettant ainsi de cultures en cultures ) sont encore à l'honneur à l'époque et l'on considère que la plupart des civilisations n'ont pas inventé de nouvelles choses mais se sont contentées de les adopter après les avoir vu à l'oeuvre chez leurs voisins.

Le mystère des cultures méso-américaines fut important pour le développement de l'Atlantologie durant cette période : les textes précolombiens n'étaient pas encore traduits malgré les prétentions de certains et beaucoup d'hypothèses furent échafaudées sur des idées comme celle selon laquelle le Maya était issus du grec ancien...

A côté de ces fantaisistes d'autres se fondèrent sur des arguments plus sérieux et je ne vais évoquer ici que quelques exemples fondés sur l'archéologie.

Il existe une série d'hypothèses qui essayent d'expliquer l'existence du mythe de l'Atlantide ( et du Déluge biblique ) par la mise en rapport avec des découvertes archéologiques incontestables qui ne seraient pas le site de l'Atlantide, imaginaire, mais le lieu de naissance de la tradition orale qui aurait conduit à la rédaction du mythe. L'un de ces lieux est l'île de Thera/Santorin. Détruite en grande partie par une éruption volcanique au XVIIème siècle avant notre ère elle a livré les vestiges d'une véritable Pompéi de l'âge du bronze. Culture brillante liée aux Minoens ( Crétois antiques ) qui souffrirent énormément des conséquences de l'éruption du volcan ( notamment en raison de nuages de cendres et de tsunamis ) elle est l'un des sites ayant pu donner naissance au mythe de l'Atlantide comme le propose notamment Rodney Castleden dans son ouvrage de 1994 « Atlantis Destroyed » et comme l'avaient fait avant lui des auteurs comme le Commandant Cousteau.

Une autre thèse est celle de la côte sud de la mer Noire. En effet il est prouvé depuis les recherches de W. Ryan et W. Pitman du Lamont Doherty Earth Observatory de New York en 1999 et de G. Lericolais de l'IFREMER qu'une montée des eaux de la Méditerranée s'est produite il y a près de 7500 ans, entraînant la submersion d'une vaste région habitée du nord de la Turquie actuelle, ce qui a sans doute pu donner naissance au mythe du déluge ( c'est notamment la région du mont Ararat, mont sur lequel s'échoue l'arche de Noé selon l'Ancien Testament ).

J. Collina-Girard, géologue de l'Université de Provence, a une autre thèse fondée sur des relevés sonars menés à l'entrée du détroit de Gibraltar qui permettent de penser qu'une série d'îles sortait de l'eau à cet endroit jusqu'à de profonds bouleversements géologiques vers 9000 av. J.C. Cependant plusieurs auteurs ont relevé que l'emplacement des colonnes d'Hercule semblait avoir varié selon les époques et qu'il n'était absolument pas possible de certifier que Platon pensait bien au détroit de Gibraltar quand il les mentionne dans ses ouvrages.

Finalement on peut se poser la question de savoir si il n'y a pas non une mais bien plusieurs Atlantide au fond des océans et le principal mérite de la cité pour les scientifiques serait alors de les pousser à les rechercher, conduits par une chimère utile.

C'est ici que s'achève ce deuxième ( mais certainement pas dernier ! ) article sur cette thématique, j'espère qu'il vous aura plu !

6 commentaires

Concours organisé par nos amis de fanfictions.fr

Par Csame le 09/03/2009 à 17h08. — Général

Du nouveau pour nos amis de chez fanfictions.fr (à l'inverse de chez nous où le calme précède la tempête :) ) : Fanfictions.fr organise un grand concours intitulé « concours de fanfictions du printemps » , avec 100 € en chèque-cadeau Amazon.fr à se partager pour les gagnants.

Le thème ? Double-face.

« Un personnage, un événement, ou tout autre aspect majeur du récit se révèle être totalement différent de la première impression qu’il donne. Le but recherché à travers ce thème est une surprise finale, ou des rebondissements inattendus. L’auteur cherchera avant tout à préserver le suspense. »

Pour participer, cliquez sur ce petit lien !

J'ajoute que le grand et néanmoins Laurent Jerry, président de l'association internationale contre la traite des marmottes, régnant sans partage sur les nénuphars, les hortensias et autres plantes grimpantes, ambassadeur de Syldavie, la Bordurie et autres terres visibles à marée basse, co-administrateur de l'Encrier se fera un plaisir de participer à la seconde phase du jury, et manifestera une équité qui ne le conduira à avantager les membres de l'Encrier qu'un tout petit peu.

Vous voilà prévenus !

Modifié le 09/03/2009 à 17h27 par Csame

11 commentaires

Pleine lune....

Par Laurent Jerry le 06/02/2009 à 20h59. — Communauté

Image utilisateur
Vingt-huit jours à peine se sont écoulés que les jours de terreur vont à nouveau frapper l'Encrier. Alors que le terne petit village de Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch (oui, c'est un village gallois, Thiercelieux étant momentanément indisponible pour cause de (pleine) lune de miel d'un couple meurtrier) s'endort paisiblement, Séléné, dans sa splendeur immaculée, Artémis chasseresse dans son manteau d'hermine, vient réveiller en certains et certaines des passions meurtrières. À l'apogée de sa plénitude lunaire, elle prend possession de leur être, de leur personnalité, et les transforme en bêtes sauvages...

Image utilisateur
Un terrible effet de domino menace le village. En effet, nonobstant tous les sésames normalement nécessaires, les loups s'introduisent chaque nuit en catimini chez un villageois et le tuent sauvagement.

Le matin venu, ces monstres redeviennent en apparence d'honnêtes villageois, semant la terreur et l'angoisse chez les survivants, qui ne savent distinguer l'ami de l'ennemi. Un procès s'installe donc au matin suivant le meurtre.








Un Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogochien averti vaut mieux que deux Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogochiens naïfs (Phrase ouvrant chaque matin le procès, et que tous les assistants doivent répéter douze fois très vite). Il ne s'agit pas de laisser les meurtriers mourir de leur belle mort, d'une thrombose de luxe dans leurs vieux jours. Non, non, au bûcher ! Ou à la rigueur à la corde. En espérant que les morceaux de cordes récupérés portent chance aux survivants.

Oui, mais qui accuser ? Le pire est que les loups-garous, non contents qu'ils nient, nient... accusent férocement d'innocents habitants, arguments fallacieux à l'appui. Ces filous pétitionnent parfois de manière si convaincante qu'on les prend pour de véritables innocents.

Ceux des villageois qui oublient de raisonner accusent ainsi involontairement leurs semblables et non leurs oppresseurs. Et si les Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogochiens ne sont pas attentifs, leurs oppresseurs vivront comme des pachas sur les ruines du bonheur paisible de ce petit village gallois. [Ça barde dans les villages gallois. On dirait que le ciel leur tombe sur la tête, nom d'un Petibonum !]

Image utilisateur
Fort heureusement pour les innocentes victimes, il existe des villageois particuliers, ceux qu'abhorrent plus particulièrement les lycanthropes. Ceux-là, sorcière, chasseur, Cupidon, amoureux, voyante, jouent un jeu trouble qui permettra peut-être aux paisibles gallois de survivre. Ou peut-être pas, si les malheureux en perdent leur latin, leur grec, leur bas-sumérien et leur tolmèque inférieur... et accusent ceux qui sont justement là pour les aider à survivre.

Je suis désolé de n'avoir trouvé aucun subterfuge pourri pour caser Kventino et Nataniel, mais cela me permet de signaler que si d'autres que tous les villageois précités sont candidats au suicide (ou à la sauvagerie bestiale), cela est tout à fait possible. Tout le monde est invité à Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch, la lune deviendra pleine à partir de dimanche soir 20h00. Contactez-moi et venez ici aux nouvelles jusque là... et là après.

Que la fête commence !

Modifié le 09/02/2009 à 14h25 par Laurent Jerry

16 commentaires

42 : naissance d'un nouveau magazine

Par Csame le 04/02/2009 à 12h23. — Général

Image utilisateur
Bon, une fois n'est pas coutume : je voudrais vous parler aujourd'hui d'une découverte, et de quelque chose qui n'a aucun rapport avec l'Encrier, si ce n'est que cela se passe sur Internet, et que c'est — plus ou moins — de la littérature.

Il s'agit d'un magazine virtuel appelé « 42 ». Pourquoi 42 ? me demanderez-vous. C'est une excellente question.

Pour une description plus authentique, je vous citerai seulement CerberusXt, l'instigateur du projet « 42 » :

« Après 2 mois de travail acharné je suis très heureux de vous présenter le fruit de la collaboration de 11 rédacteurs/dessinateurs/correcteurs/glandeurs/psychopathes : 42, un magazine par, pour, sur, dessous, dans, à côté, mais, où, et, donc, or, ni, car les geeks ! »


Image utilisateur
Il s'agit donc d'un magazine à vocation humoristique — au goût parfois discutable mais toujours bien drôle — qui traite de sujets très variés : jeux vidéos, informatique, cinéma, faits de société, etc. Le tout sur un ton très sarcastique et teinté d'une mauvaise foi de bon aloi :) La ligne éditoriale manifeste également d'une tendance à descendre allègrement les tenants des préjugés associant jeux vidéos et violence, et les auteurs ne cachent pas leur aversion pour les prédicateurs de tous bords qui clament que « la technologie, c'est tout vilain »

Vous noterez également une tendance pour les jeux de mots pourris, les private jokes et les lolcats et dérivés.

Bref, un magazine à l'humour décapant sans être stupide et bon enfant sans être tendre. Vous pouvez le télécharger gratuitement le numéro un de ce magazine à parution (théoriquement) mensuelle sur le site officiel du magazine.

Bonne lecture !

Modifié le 04/02/2009 à 12h23 par Csame

17 commentaires

SQL : 15 - Exécution : 0.588 s. - Visiteurs : 18
Tous droits réservés sauf mention contraire.
Équipe - Changer de design - Contact - Remonter - Détails - Aide
Partenaires : fanfictions.fr - bullejapons.fr - Rou & Bou