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> Chapitre 1 : « I. Mr. John Watson, M.D. » - 
| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 09/02/2010 à 00h37 - Mise à jour : le 13/02/2010 à 22h44 - Commentaire(s) : 5 - Lecture(s) : 507 - Chapitre(s) : 3 - Mots : 3977 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 2 | Publié : le 09/02/2010 à 00h37 - Modifié : le 10/07/2010 à 22h56 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 358 - Mots : 1037 |
Je n'ai jamais écrit sur Sherlock Holmes, mais j'avais envie depuis un moment de raconter l'histoire que je pense être elle du détective et de son meilleur ami. Le tire de ce pastiche n'est pas définitif, mais je ne trouvais rien de mieux pour le moment donc ... Celui de ce chapitre en revanche est un clin d'œil au premier d'une Etude en rouge.
Je n'ai rien inventé, Watson rencontre sa première épouse (Mary) dans Le signe des quatre, puis Sherlock dans une nouvelle lui fait remarquer qu'elle est atteinte de la tuberculose (il me semble), et ensuite, même si cela n'est pas dit clairement, Watson retourne à Baker Street.
Si vous voulez découvrir les œuvres mettant en scène Sherlock Holmes, lisez Etude en rouge, premier roman mettant en scène le duo et racontant leur rencontre !
L'affaire du joueur russe.
I. Mr. John Watson, M.D.
"Il prit son violon, et il commença de jouer tandis que je m'allongeais. C'était un air rêveur et mélodieux ; de sa propre composition certainement, car il savait improviser avec beaucoup de talent. Je me souviens vaguement de ses bras maigres, de son visage attentif, et du va-et-vient de l'archet. Puis il me sembla que je m'éloignais paisiblement, flottant sur une douce mer de sons, pour ensuite atteindre le royaume des rêves où le joli visage de Mary Morstan se penchait vers moi." Sir Arthur Conan Doyle, Le signe des quatre.
oooO*o*Oooo
Il faisait un temps superbe à Londres, ce jour-là. Le smog de septembre avait disparu la veille et l’on aurait presque pu se croire en plein été tellement le paysage s’était métamorphosé. Des marchandes de fleurs alanguies vendaient leurs petits bouquets défraichis, sûr que la veille ces mêmes violettes ornaient quelques tombes.
Et pourtant, malgré cette atmosphère idyllique mes pensées étaient plus noires qu’elles ne l’avaient jamais été. Même lorsque j’avais du passer une longue convalescence après ma blessure dû à la bataille de Maywand je n’avais pas perdu espoir ni en foi en la vie ; même lorsque mes parents moururent je ne sombrais pas dans le désespoir où j’étais à présent. Mary était morte et tout juste enterrée. Je revoyais encore sa pâle figure au moment de son dernier souffle, son sourire encore présent, ses yeux fatigués mais qui me regardaient malgré tout. Et elle n’était plus là. Elle n’avait pas prononcé de paroles fatidiques et lourdes de sens, elle n’avait pas même eu la force de fermer les yeux. J’avais du toucher ses frêles paupières violacées et éteindre son regard à jamais.
Mes lourds vêtements de deuils, pardessus malgré la chaleur, chapeau, chaussures neuves de cuirs inconfortables, et ma canne qui tintait sur le pavé me semblait appartenir à un autre que moi. Mon compagnon silencieux semblait lui aussi ne pas être là. J’étais seul, sur une route cabossée, les yeux baissés, le corps fatigué et les idées beaucoup trop claires pour être supportables. La décence victorienne m’empêchait que d’afficher ma peine avec trop d’ostentation, après tout la mort avait sauvé Mary de ses tourments terrestres et elle devait se trouver à présent aux côtés de son créateur, mais cela était-il une consolation pour moi ? Non, définitivement non. J’avais perdue la seule compagne de ma vie, celle qui avait eu la sagesse de me supporter, de soigner mes douleurs de guerre, de m’écouter parler de mes prétentions littéraires et même de lire mes gribouillages avec respect. Elle avait été une femme d’exception.
Je ne sais comment j’avais pu organiser les funérailles et m’y rendre sans devenir fou, sans hurler ma douleur au visage de ses proches au faciès compatissant mais qui de retour à leur domicile rangerait les frusques noires dans un placard sentant la naphtaline. Pour eux la douleur n’avait été qu’un masque qu’il avait été de circonstances de porter pendant une petite demi-heure. Pour moi c’était un linceul suffoquant dont je ne voulais pas sortir.
Qu’allais-je faire à présent ? Retourner à ma maison silencieuse ? Marcher dans des pièces silencieuses emplies du parfum de Mary ? Regarder les daguerréotypes la représentant, parcourir le courrier qu’elle n’avait pas eu la force d’ouvrir pendant les derniers jours de son agonie ? Rien qu’à l’idée de me retrouver devant le porche fleurie par ses soins mon cœur se soulevait et je voulais fuir.
Mon silencieux compagnon, avec la sagacité qui le caractérisait, me laissait seul dans mes pensées et m’avait accompagné à pied au lieu de prendre un cab. Mon seul ami ! N’était-il pas triste de penser qu’en perdant mon épouse je n’avais plus qu’à me tourner vers un seul ami ? Un seul qui, je le savais, partageait ma peine et aurait la décence de me laisser en paix. Fi des conventions.
Je posais un œil absent sur la haute stature d’oiseau de proie de Sherlock mais me retournai rapidement afin de cacher une larme serpentant sur ma joue. Comment avais-je pu avoir la présence d’esprit de me raser de frais ce matin ? Par quelle magie pouvais-je encore marcher, respirer, voir après ce que la vie venait de m’enlever ?
Comprenant sans doute que ce dont j’avais le plus besoin était de faire entrer un peu d’air dans le cercle infernal de mes pensées, Sherlock rompit le silence :
-Vous viendrez bien prendre le thé à Baker Street, Watson ?
Comme si j’avais oublié comment parler, je laissais passer quelques instants avant de répondre :
-Bien sûr Sherlock, bien sûr.
oooO*o*Oooo
La vielle pièce principale de notre appartement commun n’avait pas changé depuis ma dernière visite. Toujours aussi encombré et en désordre, l’air embaumait les dernières effluves chimiques que Sherlock avaient du créé en s’amusant avec ses fioles, le tabac froid aussi de sa sacro-sainte pipe en merisier, et l’odeur réconfortante d’un thé complet. Mrs Hudson devait être doté du don de double-vue car manifestement le plateau venait juste d’être déposé et le thé n’avait pas encore eu le temps de refroidir. Sherlock et moi prîmes place dans nos fauteuils respectifs.
Je n’aurais sans doute même pas touché à mon thé s’il ne m’avait pas tendu la tasse :
-Tenez John, buvez tant que c’est chaud. Vous n’avez jamais beaucoup aimé le thé froid.
Je pris le récipient et le remerciais d’un hochement de tête, je bu une gorgée comme cela était convenable et laissais le liquide brulant envahir ma bouche et ranimer mon corps presque mort. Je reconnus le parfum particulier du thé de Mrs Hudson, et fis aussitôt la comparaison qui s’imposait. Mary le faisait beaucoup mieux. Je me souvenais des petits-déjeuners qu’elle nous servait dans le petit salon, oubliant les convenances et congédiant la bonne qui voulait s’en occuper.
Je reconnus aussi le gout du brandy que Sherlock avait du ajouter dans ma tasse et lui adressais un regard reconnaissant.
Les heures passèrent et mon thé refroidit entre mes mains, le silence était maître dans le salon et quand l’horloge au-dessus de la cheminée sonna les sept coups je me dis qu’il fallait penser au retour.
-Il va falloir que je rentre, dis-je, il se fait tard.
Mais je n’esquissais aucun mouvement allant en ce sens.
-Restez John, répliqua Sherlock, restez dormir. Je suis sûr que Mrs Hudson aura gardé votre chambre propre.
Je ne pris même pas la peine de refuser pour la forme.
-Merci Sherlock.
-C’est normal mon vieux, encore un peu de brandy ?
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