| L'histoire | Ce chapitre |
|---|---|
| Publié : le 23/08/2007 à 14h34 - Mise à jour : le 23/08/2007 à 14h34 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 583 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 1575 - Complet : oui - AMR : Tous publics - Favorite de : 2 - Abonnés à l'histoire : 0 | Publié : le 23/08/2007 à 14h34 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 583 - Mots : 1575 |
X et Y
|
Résumé : Minimum requis: - avoir lu En attendant Godot, de Samuel Beckett; - connaître Gad El Maleh; - avoir un esprit (et je n'exagère pas) TRES ouvert! (quel beau résumé ) |
X. – Emile Zola est un intellectuel!
Y. – Vraiment! Et c’est quoi, un intellectuel?
X (après un moment de réflexion). – C’est une personne qui vit de son intellect. Il gagne l’argent par celui-ci et non par ses bras.
Y (étonné, ébahi, stupéfait). – Vraiment! Donc ce n’est pas une personne intelligente: l’intellect ne se rattache pas à l’intelligence. Je connais des personnes, dont Fidel Castro, qui sont intelligentes sans être pour autant intellectuelles.
X. – Mais ceci ne vérifie pas l’inverse.
Y. – Considérons un jeune garçon un peu trop intellectuel. Son raisonnement est un peu trop inductif. Il écrit, il décrit, mais perpétuellement se méfie des partisans de l’ad hominem. Il perd ses deux mains, et voilà qu’il dicte au garçon de café – serait-ce celui qui joue à être garçon de café ? (Y lève les épaules), il lui DICTE des phrases et des semi-phrases. Le garçon est Obligé à imPRIMER les écrits, et voila que l’écrivain est dictateur et le garçon opprimé, à jamais.
(Long silence)
X. – Ne dis jamais jamais.
Y. – Quoi?
X. – J’ai dit: ne dis jamais jamais.
Y. – Pourquoi? Tu viens de le dire, deux fois même.
X. – Tu ne savais pas? Toute règle a une exception.
Y. – Ta phrase est donc l’exception à la règle énoncée dans ta phrase, c’est ça?
X. – Exactement.
Y. – Ouvre ton esprit.
X. – D’accord.
Y. – Si toute règle a une exception…
X. – Oui?
Y. – Alors la règle énoncée dans ma phrase ultérieure a une exception. Supposons que, en s’appuyant sur ton raisonnement, supposons que la règle citée fait l’objet de sa propre exception. Il n’y aura donc pas de règles sans exceptions. Or s’il n’y a pas de règles sans exception, la règle citée est réfutée ! Voilà.
X. – Voilà.
Y. – Voilà…
(Silence)
Y. – Si tu ne comprends toujours pas, écoute: l’homme bleu dit: l’homme rouge est un menteur alors que l’homme rouge dit -
X. – Ca y est, j’ai compris.
Y. – Bon, d’accord.
(Silence)
X. – Dis donc, il vient quand, Godot?
(Long silence)
X. – Dis donc, si Godot ne vient pas, je vais manger la pomme qu’on lui a réservée.
Y. – Qu’importe! Si tu la manges, elle ne va pas nier le fait qu’un jour, tu mourras.
X. – Considérant le parti pris des choses, je vais, pour tuer le Temps, te raconter un pamphlet. Veux-tu que je m’homme, m’escargotte, me chienne, me chatte ?
Y. – Euh…
X. – Quoi?
Y. – Je sais pas.
X. – Veux-tu que je discute de l’univers, des virus, de l’industrialisation, de la teneur en p.p.m. de trioxygène a latitude 44 E longitude 54 N sur Mars?
Y. – Bof…
X. – Je décide alors de pamphlétiser l’Homme… Cet être bipède et hésitant, va-t-il choisir la pomme ou la banane? Il ne sait point. L’arôme de ces fruits exerce son charme sur l’Homme qui reste – à l’infini – hésitant
Y (applaudissant). – Bravo, bravo! Quoique l’infinité de l’homme n’est pas possible
X. – Dieu te méprise! Vertueusement t’ai-je accompagné en ce long, si long chemin que l’on appelle communément vie, et te voila médisant de moi. Etre bipède (X pointe Y de son doigt), une vache est plus apte que toi à comprendre mon concept. Deux (en le montrant des doigts) choses sont infinies: l’univers et la stupidité des hommes, et je ne suis pas sûre à propos de l’univers. Etre bipède, par mon raisonnement inductif, je déduis que tous les hommes sont des stupides.
(Silence)
Y. – Voilà un bel pamphlet d’homme. Or tu es homme (petit rire de Y), alors tu es stupide. De plus, je méprise davantage les hommes qui se croyant supérieurs aux autres développent une maladie psy-cho-lo-gi-que grave et pensent même être Dieu. Or tu es homme, tu es alors stupide.
X (riant en enlevant sa casquette). – Sache, cher ami, que je suis FEMME!
(Silence)
Y. – Tu es belle, je pense l’être, nous sommes seuls et il fait nuit. Voulez-vous co-
X (l’interrompant). – Conter une histoire? J’allais justement te le proposer…
(Silence)
Y. – Alors ton histoire?
X. – Quoi?
Y. – Ton histoire… sourde va.
X. – Oui. Ah oui. Here goes… Il était une fois une jeune fille-
Y (l’interrompant). – Phèdre?
X. – Oh là là! Laisse-moi continuer. La jeune fille mariée à un bel home qui avait un fils d’une autre mère-
Y (l’interrompant de nouveau). – Phèdre?
X. – Mmm… Si tu connais cette histoire, je ne vais plus la conter. Par contre, et la j’aimerais ne pas être interrompue, raconter une histoire qui m’est chère.
(Silence)
Y. – Alors, ton histoire?
X. – Elle arrive.
(Silence)
Y. – Elle arrive quand?
X. – Dans 5 minutes.
(Pendant 5 minutes, Y fait sortir de sa poche une corde à sauter et commence son exercice… de temps en temps, Y tousse et rumine)
X. – Un jeune guerrier-
Y (l’interrompant). – Achille?
X. – Tu m’énerves toi!
(Long silence)
Y. – Dis, Alexandra, ça ne serait pas drôle si quelqu’un enregistrait nos discours? Il verrait comment nous ne formons qu’une version médiocre de ta Bible.
X. – Non.
Y. – Non quoi?
X. – Ma bible, c’est Gad.
Y. – God?
X. – Oh mon Dieu! Non, Gad… Toi c’est quoi?
Y. – Quoi quoi?
X. – Ta bible voyons…
Y. – Ah! En attendant Godot… Je disais que notre situation ressemble étroitement a la leur?
X. – A qui?
Y. – Escargot et Oulianov.
X. – Non, c’est Lénine et Harpagon.
Y. – C’est ça
(Silence)
X. – Tu disais?
Y. – Je n’ai pas parlé. Mais puisque je le suis, j’en profite pour montrer l’aspect cynique de notre état, et toi en particulier.
X. – Débrouille-toi.
Y. – A faire quoi?
X. – Non, DE-BROUILLE-TOI! Ton discours est trop flou, trop approximatif.
Y. – Je disais… que si nos discours étaient enregistrés, ils ne seraient qu’une forme atténuée d’Hopwagon et Lénine.
X. – Harpagon?
Y. – Non, je m’appelle Rami.
(Silence)
(Rires soudains de Y)
(Silence)
(Rires de X)
(Silence)
Y. – Cela devient vraiment insignifiant. Le rire est propre de l’homme.
X. – La femme est Homme.
Y (énervé . – Non, la femme est femme. L’homme est homme. (Se calmant) D’après l’équation célèbre de Stendhal la femme, c’est 0.75 de l’homme.
X. – J’agrée.
(Rires de X: 3 rires et une grande inspiration, 3 rires et une grande expiration…)
Y. – Si l’on nous écoutait, l’on verrait comment tu manques d’innovation. Dans ma maison, parce que j’ai une maison, mes chattes auraient écrit un Phèdre mieux que le tien.
X. – Tes chattes? Et pourquoi pas des chiennes? Toute chatte est chienne.
Y. – Chut!
(Bref silence)
(Y s’approche de X, la chemise entrouverte)
X. – Que me veux-tu?
Y. – Ton âme, car je suis…
X. – Elizabeth?
Y. – Hurley…
X. – Cela ne t’empêche pas de ne pas te boutonner. A vrai dire, qu’une fille le fasse c’est compréhensible, mais un homme, cela devient dégoûtant…
Y. – Alexandra je t’aime.
X. – Miséricorde! Tu as trop lu.
Y. – Non, le lounge était fermé.
X. – Je m’en vais.
(X quitte)
Y. – Sans la parole, je deviendrai fou. Que faire? Me dédoubler, voilà une bonne idée.
Y1. – Eh toi!
Y2 (enlevant son chapeau). – Non, c’est moi.
Y1 (remet son chapeau). – Oh! Perfide va! Profane, vindicte, libido, racine.
Y2. – De l’anthropologie?
Y1. – De l’aristocratie. Et si on jouait une scène
Y2. – Je ferai l’enfant qui déteste son grand-père
Y1. – Et moi je ferai Nathalie. (Très bref silence) J’hallucine! Kakakakakaka (continue à le faire)
Y2. – Capetouche?
Y1. – …kakakaka…
Y2. – Karl?
Y1. – Non, je ne suis pas Poulou.
Y2. – Conard Tahré?
Y1. – Presque, je suis martien.
Y2. – Rami?
Y1. – C’est moi.
Y2. – Je me rappelle avoir dit que si l’on nous regardait…
Y1. – Imposteur frivole! J’ai dit cela.
Y2. – Non non non.
Y1. – Si si si.
Y2. – Non non non.
Y1. – Arrête, sinon je te gifle!
Y2. – TRY ME!
Y1 (se giflant). – Voila tu le mérites, haha!
Y2. – Aïe!
(Bref silence)
Y2. – Tu l’as dit… enchanté de t’avoir parlé, je quitte.
Y1. – Ne me laisse pas seul.
Y2. – Je m’en vais. Pour apprécier ta bible, Phèdre était pré-réquis. Pour apprécier ma compagnie, vis seul!
Y1. – Nooooooooooooooooon!
Y (applaudissant). – J’ai aimé ce spectacle! A vrai dire, ils se complètent! Etait-ce un monologue ou un dialogue?
(Silence)
Y1 (en état de contemplation, les yeux fermés). – La lettre écrite m’a enseigné à écouter la voix humaine, tout comme les grandes attitudes immobiles des statues m’ont appris à apprécier les gestes.
Y2. – C’est beau…
(Silence)
Y2. – Qui a dit ça?
Y1. – Dit quoi?
Y2. – Bah, la phrase des statues…
Y1. – Moi.
Y2. – Ah oui…
(Silence)
Y2. – Le tissu rouge nous embaumera tous.
Y1. – Les soviétiques?
Y2. – Non, tu surinterprètes. Hé regarde là haut, tu le vois?
Y1. – Oui.
Y2. – Alors, allons-y.
RIDEAU
licence non précisée. Contactez fanofher pour plus d'informations.
| Commentaires | Favoris et notifications | Corrections |
|---|---|---|
| Images | Impression | Gestion |
Vous ne pouvez pas modifier cette histoire. | |