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- Chapitre unique| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 10/10/2010 à 22h18 - Mise à jour : le 10/10/2010 à 22h18 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 716 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 3007 - Complet : oui - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 | Publié : le 10/10/2010 à 22h18 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 716 - Mots : 3007 |
Impromptu à'msterdam
| Résumé : Une journée non prévue dans la capitale Batave |
Ce n’était pas prévu. Pas dans mes plans, pas dans mes tablettes, pas dans mes agenda… Et pourtant je me suis retrouvé ce dimanche à Amsterdam, aux Pays-Bas, pour une petite excursion d’un jour au programme bien chargé.
Mais revenons un instant en arrière. Il y a environ un mois des amis m’avaient parlé d’une exposition consacrée à Alexandre le Grand devant se tenir à Amsterdam, une exposition majeure constituée de pièces prêtées par le musée de l’Hermitage, célèbre institution russe basée à Saint Petersburg et disposant d’une antenne dans la capitale hollandaise. J’avais à l’époque enregistré l’information mais sans y prêter fort attention, surchargé de travail que j’étais alors.
Mais ce samedi un ami me contacta via Facebook pour savoir si je disposais d’informations sur cette exposition et si elle conviendrait pour un voyage scolaire que son enseignante de compagne souhaitait organiser… Sortant justement d’une longue période de tension au travail et bénéficiant justement de mon premier week-end depuis bien longtemps, je décidais de répondre à mon ami… en allant voir l’exposition !
Aussitôt dit, aussitôt mit en œuvre : la décision fut prise vers 15h et j’embarquais à Bruxelles-Nord dans le train de 8h12 pour Bruxelles Centrale où je prendrais le train de 8h22 pour Amsterdam. Coup de chance, les deux trains étaient sur le même quai, ce qui m’évita en outre de courir.
Une fois monté à bord, je m’installais confortablement pour un voyage de près de deux heure et demi, lisant et travaillant à la rédaction de la suite de « Tempus » avant de passer une partie du voyage à simplement observer les paysages très contrastés des villes et des campagnes de Hollande.
Débarquant Centrale Station, je trouvais immédiatement un plan de la ville qui me permit de m’orienter. Une rapide recherche sur internet avant de partir m’avait permis d’identifier trois objectifs pour cette journée : l’exposition à l’Hermitage-Amsterdam, le musée archéologique de l’Université d’Amsterdam, plus connu sous le nom de musée Allard-Pierson et le Rijksmuseum Amsterdam, riche notamment de nombreux tableaux de Rembrandt et Vermeer.
Le parcours pour rejoindre la première étape fut simple : repérer la Oudkerke sur la Station Plein, prendre la première rue à droite, en l’occurrence la Zeedijk, la remonter jusqu’à arriver à une église où je prendrais la Sint Antonius Breestraat jusqu’à arriver à la Joden Breestraat que j’emprunterais jusqu’à la Weesperstraat où je trouverais le musée. Je n’eus même pas besoin de recourir au GPS de mon téléphone pour effectuer ce trajet, ayant pris la précaution de photographier le plan de la ville avant de me mettre en route.
Je commençais donc par traverser le « Chinatown » de la ville, passant notamment devant un authentique sanctuaire construit dans la plus pure tradition asiatique. Je poursuivais ma route, passant divers canaux aux demeures plus ou moins intéressantes, avant d’arriver à ma destination.
Là je déposais mon sac et payait les 15€ demandés à l’entrée, avant d’entrer dans la zone d’exposition, Vanessa Mae diffusant les mélodieux accords de son violon électrique dans mes oreilles.
La première section était consacrée à la légende d’Alexandre, à l’image qui fut donnée du personnage au travers de diverses œuvres datant principalement des Temps Modernes. On notera entre autre les remarquables panneaux de bois sculptés ordonné par la grande Catherine de Russie et exécutés sur base des gravures exécutées et publiées en France sur ordre du Roi Soleil.
Vint ensuite une section consacrée à l’homme Alexandre et à son milieu, présentant les cultures ayant influencé son éducation (notamment l’art grec ici représenté par des pièces principalement issues des rivages de la mer Noire, l’art Thrace et l’art Scythe dont on peut se demander si ils étaient réellement pertinents dans cette section). Une sélection d’œuvre était également présente pour nous donner un aperçu de l’environnement intellectuel d’Alexandre, entre son maître Aristote, ses amis et ses ennemis politiques Eschyle et Démosthène, les mythes dont il s’inspirera toute sa vie (principalement le cycle d’Heracles et la vie d’Achille telle que narrée par Homère). Une section à la cohérence thématique plus limitée donc, mais présentant des pièces de tout premier ordre qui à défaut de réellement éclairer sur Alexandre le Grand pourrons tout de même renseigner les visiteurs sur les influences se faisant sentir dans les Balkans durant le IVème siècle avant notre ère.
Cette section est suivie d’une troisième qui se donne pour objectif de retracer les pas des armées d’Alexandre en Europe, en Asie Mineure, en Asie Centrale et en Inde. Une section qui semble bien vide malgré une soixantaine de pièces exposées, notamment en raison du manque de mise en contexte, que ce fut par l’image, par le texte ou par le multimédia…
Dernière partie de l’exposition, la section consacrée à l’héritage d’Alexandre brasse large, très large : entre pièces grecques, palmyréniennes, romaines, byzantines, coptes, arabes, persanes, européennes de l’ouest ou Russes, un bref aperçu de ce que le conquérant nous a légué est donné au visiteur, mélangé avec de nouveaux éléments qui auraient eu plus leur place dans la première section.
Au final une visite un peu décevante pas tant en raison des pièces exposées, certaines étant de toute beauté, mais plutôt à cause d’une muséographie ratée et d’un cruel manque de mise en contexte, impardonnable surtout au prix de l’entrée. Et les néérlandophobes anglophobes seront aussi ennuyés de découvrir que tous les textes ne sont présentés que dans ces deux langages…
Ce jugement est d’autant plus sévère que mon expérience suivante au musée Allard-Pierson a montré qu’avec de bien plus faibles moyens il était possible de faire bien plus et ce avec un prix d’entrée en tarif plein de seulement 6,50€.
En effet le musée archéologique de l’Université d’Amsterdam a su présenter à partir de ses collections une petite exposition mettant en scène plusieurs centaines de pièces, principalement céramiques, qui donnent bien mieux à voir le quotidien des habitants de l’univers d’Alexandre, principalement ceux d’Alexandrie et principalement sur le plan culturel. Le voyage d’Alexandre est présenté, avec seulement une poignée d’objet, de manière bien plus vivante qu’à l’exposition de l’Hermitage, une série de photographies des sites modernes des principales étapes du parcours venant évoquer de manière bien plus efficace ce trajet mémorable. L’utilisation d’un certain nombre de moulages (qui se retrouve dans diverses autres sections du musée) est aussi à noter, car il peut décevoir certains visiteurs.
Les collections régulières du musée sont aussi des plus intéressantes : outre une collection égyptienne très bien fournie et présentée de manière assez pédagogique (mais bien souvent sans traduction des notices). On peut cependant être parfois surpris de la manière sont sont traités les restes humains, comme ces restes de pieds momifiés déposés de manière pouvant sembler cavalière dans une vitrine ou ces têtes couchées sur le flanc à même le fond de la vitrine, sans pied ni coussin.
A l’étage, une belle section orientale et chypriote occupe une branche de l’édifice. Là encore quelques belles pièces, notamment un ensemble d’épées et de têtes de haches provenant d’Iran ou encore une reconstitution de l’un des chars royaux de Salamis (Chypre). Une seconde, et importante, section est consacrée au monde grec archaïque et classique. La collection en est sans doute moins complète sur le plan pédagogique que celle du MRAH de Bruxelles, mais les pièces sont mieux mises en valeur et certaines sont de première qualité. On notera aussi une belle maquette du site d’Olympie à l’époque romaine et plusieurs céramiques polychromes du IIIème siècle avant notre ère peu courantes.
La section étrusque et romaine complète cet ensemble, avec notamment des pièces provenant, et c’est assez rare pour le signaler, d’Afrique du Nord. Paradoxalement je pourrais presque dire que ce sont les restes romains provenant des Pays-Bas eux-mêmes qui sont les moins présents.
Poursuivant sur ma lancée muséale et constatant qu’il n’était pas encore 15h, je décidais de ne pas prendre de transports en commun pour atteindre ma troisième destination du jour, un impressionnant bâtiment néo-gothique qui aurait moins dénoté à côté de la gare londonienne de Saint Pancras ou du London Imperial Victoria and Albert Museum… Malheureusement la majeure partie de l’édifice est en réfection et seule une « petite » sélection de chefs d’œuvres est exposée dans des pièces trop étroites que pour accueillir le flux de visiteurs n’ayant pas fui à l’annonce des 12,5€ de frais d’entrée… Il faut dire que des pièces comme « La garde de nuit » de Rembrandt ou « La laitière » de Vermeer (oui oui, celle-là même qui est copiée dans les pubs pour les mousses au chocolat) attirent les foules. De belles pièces à l’intérieur mais on sent la disposition temporaire et le parcours de visite étriqué et peu (mal ?) affiché n’aide pas à profiter comme il se doit de ces pièces. On notera en revanche la qualité des fiches d’analyse de quelques œuvres majeures qui permettent au public de bien saisir les éléments techniques et sémantiques importants de ces tableaux.
Sortant du musée vers 16h30, je décidais de traverser le quartier des antiquaires pour gagner le Palais Royal et, de là, la gare. En chemin j’admirais quelques splendides bijoux dans les vitrines des marchands d’Art. Finalement j’arrivais sur l’arrière du Palais Royal, où un grand bâtiment lui aussi comparable à l’Imperial Museum of Natural Sciences mais à vocation plus commerciale dresse fièrement sa façade. Le Palais ne risquait pas de lui faire de l’ombre, étant entièrement recouvert d’échafaudages.
Achetant des cartes postales pour ma tante et mes grands-parents et une boisson pour le long trajet de retour, je pris le chemin de la gare. Le temps d’écrire et de poster mes missives que déjà sonnait 17h30, soit l’heure pour moi de gagner le quai 14a pour y prendre le train de 17h48 qui me ramènerait vers Bruxelles, me donnant le temps de rédiger le présent récit que j’achève alors que Vanessa Mae reviens dans mes écouteurs, bouclant ainsi le cercle de ce jour donc le soleil se couché alors que je tape ces dernières lignes…
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