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« Le Hurleur dans la Brume » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Le Hurleur dans la Brume », par Skacky - - - - Chapitre unique
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 16/12/2007 à 23h41 - Mise à jour : le 16/12/2007 à 23h41 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 664 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 2051 - Complet : oui - AMR : 16 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 16/12/2007 à 23h41 - Modifié : le 16/12/2007 à 23h43 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 664 - Mots : 2051


Le Hurleur Dans La Brume est une nouvelle horriffique et sanguinolante, qui conte la sombre histoire de la petite ville de Whitechapel, à l'est de l'Écosse. (les lieux sont fictifs, bien entendus).
Quelques références sont faites à Howard Phillips Lovecraft dans cette histoire, par le biais du Signe de Koth et de Shub Niggurath, entres autres. Étant un passionné de Lovecraft depuis que j'ai onze ans, je n'ai pas pu m'empêcher de m'imprégner de son style absolument excellent et macabre à souhait.
Cette nouvelle est sans doute l'une des plus horribles (dans le sens gore), mais certainement pas la plus aboutie et la plus dérangeante que j'ai écrite.

J'en suis tout de même assez fier, et je ne peux que vous souhaiter une bonne lecture !

Le Hurleur dans la Brume

Résumé : Dans les alentours de Whitechapel, une brume blanche et épaisse tombe lentement. Tout le monde se terre chez soi. Soudain, un hurlement strident, et peu de temps après, un ou plusieurs morts...

La nuit commence à tomber sur la petite ville lugubre de Whitechapel. Les volets se ferment, les portes claquent, les rideaux se tirent et les gens rentrnt chez eux le plus vite possible. Que se passe t-il dans la petite ville ? À vrai dire, personne ne pourrait le dire précisément, mais je vais tenter de vous expliquer cela avec le plus de détails possibles.

Depuis quelques mois, cinq je dirais, chaque semaine un cri horrible retentit. Quand ce cri est entendu, c'est que le jour était brumeux ; et à chaque fois que le cri retentit, une ou plusieurs personnes meurent dans d'étranges circonstances. Meurent ? Oh non, elles sont bien pires que mortes, elles sont totalement massacrées. Une fois, une famille entière avait été exterminée par le hurleur dans la brume, comme l'appellent les habitants de la ville. Cet homme, on pensait, parmi les habitants, qu'il s'agissait du vieux Leonidas Harrigan Jr. qui habitait la petite cabane à côté de la forêt, avait massacré six personnes en une seule nuit, dont quatre enfants. Lorsque la police de la ville était arrivée sur les lieux, une brume épaisse entourait la maison lugubre, et les corps étaient dépecés et certains décapités, baignant dans une mare de sang putride. Le tueur semblait, en tout cas, prendre un certain plaisir dans sa tâche, tout était absolument parfait ; aucune emprunte, aucune arme, aucune preuve. Leonidas Jr. était traité de tous les noms quand il passait avec ses chrisanthèmes qu'il plantait le long de sa petite cabane en bois. Lui, il clamait son innocence, c'était un vieil homme accompagné de Poyo, son chat de gouttière gris, qui devait bien avoir une cinquantaine d'années. Il était devenu un peu fou à cause de sa dépression et de sa solitude perpétuelle. Il n'avait jamais pu avouer à la femme qu'il aimait ses sentiments à son égard. Il avait tenté de bien nombreuses fois de se suicider, mais il n'avait pas la force nécessaire. Il avait donc épongé sa solitude avec Poyo, son fidèle chat qui le suivait partout. Mais Leonidas était un brave homme, et avec Mike, j'étais l'un des seuls à croire qu'il n'avait rien à voir dans tout ça et qu'on devait lui foutre la paix.

Cependant, le hurleur dans la brume avait de nouveau attaqué et massacré des gens, et il s'agissait maintenant de Leonidas et de Poyo, qui avaient été retrouvés déchiquetés. Le chat avait été coupé en quatre, et sa tête était accrochée à la porte à moitié cassée par un clou rouillé. Leonidas quand à lui gisait au sol, sa tête n'était plus qu'une bouillie de sang chaud et ses jambes avaient été arrachées et comme mordues par endroits. Maintenant, les autorités et le maire bedonnant étaient sûrs que ce n'était pas Leonidas Jr. La seule personne suspecte à présent était Miss Keller, qui vivait seule elle aussi. Elle lançait aux gens des regards noirs en disant des choses horribles dans leur dos. Je ne l'aimais pas beaucoup, et à vrai dire personne ne l'aimait. Malheureusement, elle fut elle aussi retrouvée morte, empalée sur son portail en fer, les yeux exorbités et le visage livide, à la suite d'un nouveau cri et d'une tombée de brouillard.

Nous décidâmes, avec Mike et John, de passer à l'action, vu que la police ne faisait rien du tout pour tenter d'arrêter ce psychopathe sanguinaire. Johnny avait repéré l'endroit d'où provenaient les cris, il semblerait vraissemblablement que les hurlements venaient de la petite colline à l'est de la ville, à côté du vieux mausolée de pierre usée. Nous décidâmes de nous rendre à cet endroit dans deux jours, le temps de nous préparer. Mike avait avec lui son fidèle fusil de chasse, Johnny avait un revolver et quant à moi, je n'avais rien pour me protéger, à part un vieux clou de neuf pouces que j'avais ramassé il y a longtemps. Le lendemain, il y eût une brume épaisse, qui annonçait un meurtre. Nous n'avions plus le temps de nous préparer, nous partions donc vers la colline qui était à une demie heure de marche de chez moi. Mike et John étaient tous les deux anxieux, et je l'étais aussi, je dois le reconnaître. Nous marchâmes le long de la forêt sinistre et longeâmes le petit ruisseau sombre avant d'arriver au pied du fameux mausolée. C'était un petit bâtiment qui possédait quelques jolis vitraux, et je venais y jouer quand j'étais petit, bien que cela était très morbide.

Nous entrâmes dans le sombre mausolée, en ayant recours à la force en démolissant la lourde porte en bois qui ne voulait pas bouger. L'intérieur était délabré, un vieux cercueil défoncé gisait au sol, il manquait des tuiles au toit et la pluie rentrait à l'intérieur. Il n'y avait absolument rien de suspect dans tout cela, et s'il y avait une quelconque présence humaine, elle avait décampée depuis longtemps. Après quelques heures d'investigation, nous ne trouvâmes rien du tout. Finalement, on ressortit tous ensemble. La brume était devenue beaucoup plus épaisse que ce matin, et la nuit commençait à tomber. Whitechapel était entourée d'une brume maléfique, seul son béfroi et sa grande cloche dépassaient, les toits étaient flous. Soudain, le hurlement strident que nous connaissions bien retentissa juste à côté de nous. Nous étions effrayés et plaqués contre le mur de pierre froide du mausolée. Après quelques interminables minutes, le brouillard gagna en intensité sur Whitechapel et soudain, un horrible silence retomba autour de nous.

Une femme tâchée de sang courrait en notre direction, en hurlant que le monstre avait de nouveau tué et qu'il y avait du sang et des tripes partout. Elle avait les yeux exorbités et il lui manquait un bras. Elle laissait de longues traînées de sang à mesure qu'elle s'approchait. On se regarda alors gravement avec John et Mike, et alors que la femme tomba au sol, face contre terre, probablement morte, nous courrions dans la direction opposée. Nous arrivâmes assez rapidement devant une maison. Quelle fut notre surprise en découvrant que c'était la maison des Stuwart, des amis de mes parents. Les Stuwart avaient été tués. Le gentil père gisait au sol, décapité, et sa femme avait les entrailles dispersées un peu partout dans la pièce. Il y avait du sang partout ; sur les murs, les plafonds et le sol en bois. Le plus jeune fils avait, quant à lui, été déchiqueté en plein de morceaux qui baignaient dans le sang de sa pauvre mère. La famille entière avait été massacrée par le hurleur, alors qu'il était à côté, ou en tout cas près de nous, quand il avait poussé son abominable hurlement. John et Mike ne purent s'empêcher de vomir, et c'est en même temps qu'ils virent le fils aîné, dont il manquait toute la partie inférieure du corps et dont le bas de la colonne vertébrale pendait dans le vide.

Cette vision d'horreur nous avait glacé le sang, et cette fois ci, nous étions déterminés à aller trouver le tueur et lui faire payer ses crimes. Sitôt avoir pris un peu de repos dans nos foyers respectifs, pour essayer de calmer la tension incroyable qui régnait dans la ville et dans nos esprits, nous avions décidé de nous rendre une nouvelle fois au mausolée.

Le lendemain, nous étions prêts pour une éventuelle confrontation avec le hurleur. Nous arrivâmes chacun notre tour au mausolée tôt le matin. Il n'y avait pas de brume ce jour là. Nous inspections centimètre par centimètre le sombre mausolée. Finalement, on avait fini par trouver une sorte de caverne en haut d'une falaise côtière qui donnait sur la mer du nord. Y accéder nous avait demandé un effort considérable, mais nous étions parvenus à nous hisser et à entrer dans la grotte. Il faisait froid et l'air était humide. À première vue, il n'y avait rien d'inhabituel. Quelques algues montaient le long des murs et le vent s'engouffrait en émettant un son effrayant, mais pas aussi abominable que le hurlement. On avait inspecté toute la journée la sinistre grotte, mais aucune trace inhabituelle d'activité meurtrière. On s'était résigné à l'éventualité qu'il n'y avait rien ici.

Cependant, Mike avait remarqué d'étranges symboles sur une des parois de roche nue et mangée par les algues. Le signe était dessiné avec une encre rouge, mais il était certain que ce n'était pas du sang, sinon il aurait disparu à cause du temps. Il s'agissait d'autre chose. En dessous du signe, il était marqué maladroitement : « Le Signe de Koth me guide dans ma purification du Monde Souillé ». Le Signe de Koth... j'avais déjà entendu ça quelque part, mais impossible de me souvenir où. La houle commençait à monter et la nuit tombait par la même occasion. Nous n'avions pas retrouvé le tueur, mais je sentais que nous approchions du but. La phrase énigmatique était certainement l'oeuvre d'une personne démente, et justement, ça collait parfaitement au hurleur. La soirée fut calme, mais quelqu'un qui frappait à ma porte m'interrompit dans mon sommeil. C'était Mike, il avait l'air affolé. Il me répétait qu'il fallait retourner dans la caverne maintenant, qu'il fallait aller chercher John et y aller. Il disait qu'il avait longuement réfléchi et qu'il savait où se trouvait le monstre sanguinaire que nous cherchions. Nous allions donc chercher John, qui lui n'arrivait pas à trouver le sommeil. Il avait effectué de longues recherches sur le Signe de Koth. Selon un vieux livre écrit par un arabe, le Signe de Koth est la dernière étape lors de l'invocation de Shub-Niggurath, « La chèvre noire des bois aux mille chevreaux ».

Nous étions désormais certains que le hurleur était un illuminé, tout du moins la personne qui avait écrit ça, ou alors quelqu'un qui essayait de faire peur et qui était très bien renseigné. Au bout d'une heure de marche et de quelques longues minutes à escalader la paroi. Nous arrivâmes donc dans la morne caverne, une brume épaisse apparaissait au loin. Nous étions convaincus qu'un nouveau meurtre allait avoir lieu, c'est pour ça qu'il fallait faire vite pour débusquer cette horreur. Mike inspecta pendant quelques minutes le signe tracé sur le mur. John affirma que c'était le signe du dessin, c'est à dire le Signe de Koth. Les heures passaient et il était plus de deux heures du matin. Mike marmonnait des paroles incompréhensibles, de la sueur coulait sur son front, il tentait vraissemblablement de trouver quelque chose d'anormal. Au bout d'un moment, Mike poussa un cri de joie. Il venait de percer le secret du signe. Il était à priori placé là pour montrer une direction, et la partie haute du signe indicait une sombre fissure que nous n'avions pas vue jusqu'à lors. Mike courrut vers la fissure et nous demanda de nous dépêcher. Nous nous faufilions avec difficulté dans la fissure et arrivâmes dans un sombre caveau humide. Le bruit assourdissant des vagues qui venaient s'éclater contre les récifs produisait un puissant vacarme. Les vieux murs terreux étaient couverts d'inscriptions et le Signe de Koth était récurrent. Il y avait des tas de squelettes un peu partout dans les sinistres catacombes dans lesquelles nous nous trouvions. Cet endroit était vraissemblablement le sous-sol du mausolée, et j'étais prêt à parier que nous étions juste en dessous. Après quelques longues minutes accompagnées par le vacarme assourdissant des vagues, nous arrivâmes dans une plus grande pièce.

Je ne discernais pas grand chose au début, mais une fois habitué à la pénombre, on pouvait voir des cadavres en décomposition, dont émanait une puissante odeur de putréfaction. Les horribles rats étaient en train de manger ce qu'il restait comme viande sur les corps inertes. J'ai dû mettre mon écharpe devant ma bouche pour ne pas vomir. Mes compagnons étaient eux aussi dans le même état, et John était blême. Nous inspectâmes la grande salle petit à petit, marchant souvent à tâtons à cause de l'obscurité impénétrable, et une sorte de voile mortel semblait planer au dessus de nos têtes, un voile qui cachait quelque-chose. Soudain, le hurlement atroce retentit dans nos oreilles. Il était tout près, encore plus près que la dernière fois. C'est alors que mon coeur se mit à battre en plus en plus vite, et il s'arrêta lorsque je vis le hurleur lui-même.

Nous étions tous les trois pétrifiés devant la chose à laquelle nous faisions face. C'était une horrible créature, quasimment indescriptible. La seule chose qu'on pouvait voir, c'était ses quatre épouvantables bras squelettiques et ses deux mâchoires verticales. La créature hurlait de plus belle, crachant une salive putride mêlée de sang en notre direction. Mike ne bougeait plus, il était livide et son sang avait dû s'arrêter. John, quant à lui, transpirait et fixait les mâchoires claquantes et les dents tranchantes comme celles d'un requin de l'horrible monstre. D'un coup, Mike brandit son fusil de chasse et tira deux fois dans le torse de la créature. Celle-ci recula de dix mètres dans une gerbe de sang infâme, mais continuait à hurler, comme si elle poussait un hurlement de plaisir, et n'arrêtait pas de baver atrocement à mesure qu'elle s'approchait de nous. John dégaina à son tour son revolver et fit feu à son tour, visant la tête du monstre. Bien que ses blessures étaient très importantes pour un humain, le hurleur lui, était inhumain, et semblait au contraire gagner en force à mesure que les balles le touchaient.

Il poussa un hurlement déchirant. La brume claire et épaisse emplissait la pièce à mesure que le temps passait, et, malgré un acharnement commun de Mike et de John, il était certain que cette fois, nous serions les victimes du hurleur dans la brume.



licence non précisée. Contactez Skacky pour plus d'informations.

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