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- Chapitre unique| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 11/12/2007 à 11h22 - Mise à jour : le 11/12/2007 à 11h22 - Commentaire(s) : 3 - Lecture(s) : 699 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 1483 - Complet : oui - AMR : 12 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 | Publié : le 11/12/2007 à 11h22 - Modifié : le 24/12/2007 à 17h33 - Commentaire(s) : 2 - Lecture(s) : 699 - Mots : 1483 |
La nuit des goules
| Résumé : Une créature à tuer, un cimetière à nettoyer, Adam et son escouade d'exterminateurs pensent savoir à quoi ils s'attaquent... |
La voix féminine résonnait dans le casque du soldat. Il l’ignora. La cible progressait entre les tombes. Le cimetière était bouclé, il n’y avait plus qu’à agir. Le capitaine fit un geste et la petite escouade s’élança sur l’allée de graviers.
« Adam ! Réponds ! »
« Nous bougeons » murmura le soldat. « Cible à 20 mètres masquée par l’obscurité. »
Ce serait simple. Rafale de neutralisation puis lui trancher la tête. Pas de problème. Deux des hommes emportaient des épées pour finir le travail commencé par les fusils d’assaut. Sur un geste du capitaine, le soldat amorça le sien imité par le reste de l’escouade. La cible alertée par le vacarme des armes automatiques s’immobilisa et apparut à travers la nuit. Des rafales furent tirées. La vague silhouette transpercée par une centaine de coups s’écroula . Une épée jaillit d’un fourreau et visa le cou de la cible étendue apparemment déjà sans vie. La lame s’enfonça dans les chairs, la tête roula dans l’herbe au bord du chemin, entre les tombes.
« Cible éliminée » dit le soldat dans son casque.
Un soupir lui répondit. Déjà le capitaine félicitait ses hommes. Les crans de sécurité furent remis et l’escouade rebroussa chemin vers l’entrée du cimetière. Ils firent trois pas puis :
« Quelque chose ne va pas… »
Le capitaine arrêta ses hommes d’un geste joint à la parole. Les soldats fixèrent la nuit sans rien distinguer que les ombres irréelles des tombes dans l’obscurité.
« Adam, j’ai un signe de vie ! »
La panique était perceptible. Le soldat pointa son fusil au hasard. L’homme à sa droite fut le premier à tomber, le corps ouvert de l’épaule à la hanche par les griffes de la créature. Le soldat fit feu. Toute l’escouade fit feu. Sans rien atteindre. La chose s’était évaporée. Le capitaine fut le suivant. Les crocs le percèrent à la gorge sans qu’il ne voit rien venir.
« Bon sang ! Foutez le camp ! »
La voix déchira les oreilles du soldat. L’un des porteurs d’épée fut percuté par une forme noire, voûtée et pourvue de griffes impressionnantes.
« Goule !!! » hurla un homme avant d’ouvrir le feu. La créature reçut la rafale de plein fouet. Cela n’arrêta pas son saut. Elle percuta celui qui avait crié et lui ouvrit la poitrine. Le hurlement de l’humain fut couvert par le rugissement de la bête.
Adam décampa sans plus s’occuper de ses compagnons.
« Mouvement derrière toi ! » annonça la femme dans son casque. « On envoie des renforts. »
Des pas derrière, rapides, ceux d’une bête et non d’un homme. Des tombes, des arbres, un sol de gazon tendre sous les rangers. Une branche passa près de sa tête et toujours la panique qui obscurcit l’esprit. Une masse noire dans la nuit. Puis une obscurité la plus totale alors que le sol se faisait de pierre. Un mausolée ou une crypte. Puis une chute dans un escalier. Et toujours les bruits de course inhumaine derrière lui.
Un mal de tête violent. Comme une gueule de bois au lendemain d’une beuverie. Et puis la scène lui revint à l’esprit.
« La goule ! »
Le soldat chercha à tâtons son fusil. Mais la peur rendait ses gestes maladroits. Il ne trouva rien, s’appuya sur un coude et respira un grand coup. L’air sentait le vieux, presque le moisi. La radio ! Adam replaça le micro devant sa bouche d’un geste encore tremblant.
« Adrianne ? Tu me reçois ? »
Des parasites furent sa seule réponse. Et voilà la peur qui revenait rapidement à nouveau maîtrisée. Ce n’était pas le moment.
Adam s’assit, déboucla son casque et le jeta au loin. La pièce n’était finalement pas si obscure qu’il ne l’avait en premier lieu cru. Ses yeux s’adaptant à la pénombre, le soldat remarqua la très faible lueur grisâtre qui semblait s’élever des pierres elles-mêmes. Des pierres, il y en avait partout. Poussiéreuses, froides. La pièce était une sorte de hall allongé qui disparaissait dans la pénombre une dizaine de mètres plus loin. Il n’y avait aucune trace de l’escalier dans lequel le soldat se rappelait être tombé. Le fusil, lui, était bien là, à portée de la main qui se referma sur lui.
L’homme tenta de s’éclaircir l’esprit. Il se leva, chercha sa torche mais ne la trouva pas à sa ceinture. Elle était là, par terre, l’ampoule brisée. Non ! Respire ! Pas de panique.
L’obscurité n’étant pas si profonde, Adam décida de se mettre à la recherche de l’escalier qui le ramènerait à la surface. La pièce donnait sur un couloir, lui aussi éclairé par la lumière grise qui suintait des murs. Ses pas soulevèrent des nuages de poussière pourtant, il n’était pas le seul à avoir parcouru les lieux. D’autres traces, des traces de pieds griffus étaient visibles. L’antre des goules.
Adam se força à continuer, mais comment s‘orienter ? Tant pis. Il était sûrement présumé mort. Personne ne le chercherait. Il était donc inutile de rester sur place. Autant explorer les lieux. En espérant que les goules soient en train de digérer et qu’elles ne lui tombent pas dessus.
Au détour d’un second couloir, un cri se fit entendre. Un cri aigu. Adam fit sauter le cran de sécurité de son arme et tendit l’oreille. Un sanglot ? Impossible. Qui ? Quoi ? Le bruit venait d’une porte latérale, le soldat l’ouvrit pointant toujours son fusil devant lui. C’est bien des sanglots qui lui parvenaient. Les pleurs d’une enfant. Et elle était là ! Pas plus de dix ans, une petite fille en chemise de nuit le regardait en pleurant.
« Qui es-tu ?» demanda le soldat que l’apparition troublait au point de bloquer sa capacité à raisonner.
« Ne me tuez pas Monsieur le soldat » sanglota la gamine de plus bel.
La petite voix aiguë lui bouleversa le cœur. La gamine se tenait au centre d’une pièce ronde où toutes les empreintes de goules semblaient converger.
« Sais-tu comment on sort d’ici ? » interrogea Adam sur un ton doux pour ne pas effrayer l’enfant.
« Voulez-vous que je vous conduise à Elle ?» demande la petite voix en lieu de réponse.
Elle ?! La sortie ? Oui, Adam voulait sortir d’ici. Il acquiesça.
« Alors viens avec moi, Monsieur le soldat »
La fille tendit la main, Adam la prit, comme hypnotisé. Ensemble, ils quittèrent la pièce.
Soudain, le soldat s’immobilisa. Un nouveau bruit étrange le troubla. Mais non rien. Pourtant il était sûr d’avoir entendu comme un grattement contre les pierres. Rien, un silence de mort.
« Viens Monsieur le soldat, Elle n’attend que nous. »
Oui, l’enfant avait raison, il fallait sortir d’ici très vite. Mais qui était-elle ? Adam le lui demanda de nouveau.
« Mara. »
La voix aigrelette le priva de ses sens. Mara… quel joli prénom. Mais non ! Adam se secoua.
« Il faut partir tout de suite ! »
Ses propres paroles lui paraissaient brusques et blessantes, mais l’endroit était trop dangereux pour faire du sentiment. Le soldat reprenait lentement ses esprits. Il avança. Mais l’enfant le tira en arrière.
« Pas par là. » supplia l’enfant. « Elle est par ici » ajouta-t-elle en désignant une porte à l’opposé de la direction que suivait le soldat. Mais comment savait-elle où trouver la sortie ? Pas le moment ! On réfléchirait après avoir quitté cette tombe.
Le soldat suivit l’enfant. Plusieurs fois, il cru entendre un curieux grattement tout près d’eux. Mais rien. Et à chaque fois qu’Adam s’arrêtait pour tendre l’oreille, la fillette serrée contre lui, le bruit cessait.
Les couloirs se firent plus étroits. La lueur grise augmentait lentement également. Peut-être le reflet du soleil sur les pierres qui s’infiltrait au fond de la crypte. Cependant, le malaise que le soldat éprouvait sous cet éclairage contredisait cette hypothèse. Mais quoi alors ? Son esprit rationnel ne trouvait aucune réponse. Mais quoi que ce fut, ils approchaient de sa source, c’était clair. La poussière devenait de moins en moins épaisse, les traces de goules étaient également plus nombreuses et brouillées comme par un passage régulier. Sûrement le chemin qu’elles empruntaient pour gagner la surface la nuit tombée. Conclusion, ne pas traîner sur place. Adam pria la fillette de se dépêcher. Elle se contenta d’un sourire à lui déchirer le cœur.
Toujours des pierres. Touchaient-on bientôt au but ? Un silence et un sourire.
L’esprit du soldat s'embrumait de nouveau à mesure qu’il progressait. Sa main, tenue par la fillette le brûlait inexplicablement et toujours ce grattement qui le hantait à l’en rendre fou de terreur se faisait entendre. Il s’arrêta à nouveau et attendit longtemps. Mais rien. Plus un son, plus un murmure à part la respiration saccadée de la fillette et ses tremblements lorsqu’il cessait d’avancer.
« Nous y sommes »
La voix le fit sursauter. L’enfant désignait une porte, vieille, rouillée. Adam poussa le battant qui s’ouvrit en grinçant. La lumière était bizarre dans cette pièce. C’était bien la source de la luminosité grisâtre du lieu. Et l’estomac du soldat semblait se liquéfier à mesure qu’il progressait. Mais malgré la relative vivacité de la lumière, il ne vit rien ou presque. Comme aveuglé. La sueur perlait sur son front. Une sueur glacée. Où était passée l’enfant ? Il ne savait plus. Il ne savait plus rien d’ailleurs. Il avançait envoûté puis enfin, tout devint d’une netteté terrifiante. On avait remis le contraste au maximum.
La pièce était grande, profonde. Des colonnes imposantes, sculptées de crânes et d’ossements. Au centre, un cercueil se dressait, sombre et menaçant. Le cœur de la crypte. Adam comprit qu’il avait été abusé. Sa main droite, celle que tenait l’enfant, était en sang. De la brume grisâtre du fond de la pièce émergea une femme. Une femme à la beauté sauvage, vêtue d’argent et ceinte d’or. Mais les couleurs étaient ternes, elles avaient vécu leur temps. Comme la créature qui les arborait. La maîtresse des lieux, une dame vampire.
A ses côtés, la petite fille riait doucement. Mais ce rire était grinçant, sinistre et dénaturé. Un voile se leva. Les traces qu’elle laissait dans la poussière étaient celles de pieds griffus. Un flash ! Un souvenir récent. Adam se revit main dans la main avec… avec la goule qui se tenait maintenant à quelques pas de lui, serrée contre le vampire comme auprès d’une mère.
« Désolé mon ami. La voix du vampire était plus glaciale que la mort elle-même. Mais je ne peux lui refuser une proie si elle me l'amène ici. Adieu. »
Et la goule s’élança avec un hurlement suraigu.
© tous droits réservés. Le texte ne peut être reproduit sans le consentement de Nataniel
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