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- Chapitre unique| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 19/12/2007 à 16h57 - Mise à jour : le 19/12/2007 à 16h57 - Commentaire(s) : 2 - Lecture(s) : 931 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 923 - Complet : oui - AMR : 12 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 1 | Publié : le 19/12/2007 à 16h57 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 6 - Lecture(s) : 931 - Mots : 923 |
Les Rivages Non-Revés
| Résumé : Quelle était la soit-disant malédiction qui planait sur cette cité fortifiée perdue au milieu du désert d'Arabie ? Pourquoi cette ville avait-elle été désertée du jour au lendemain ? Un nombre incalculable de questions revenaient sans cesse dans ma tête. |
Mon cœur battait à tout rompre à mesure que je m'enfonçais dans les rues vides de la cité arabe abandonnée et ruinée. L'obscurité environnante enveloppait la ville de sa noire sensualité, et la chose s'en servait pour me rattrapper quand je tentais de la fuir. Elle me rattrappait sans cesse dans les petites rues, quand j'étais près d'atteindre mon but. Je devenais de plus en plus fou quand cette effroyable invention de mon esprit me coinçait comme un rat que j'étais dans les coursives et les méandres de mon esprit tourmenté. Bien que le ciel nocturne fut d'une beauté et d'une grandeur indescriptible, l'étau obscur de la pénombre et du cauchemar se refermait sur moi, exerçant une une torture violente qui me rendait malade.
Les ramparts étaient le dernier obstacle à mon évasion vers la Mer Rouge et ses rivages d'une magnificience extrême, mais cette chose affreuse et sa nuit horrible m'empêchaient d'atteindre le petit bateau avec lequel j'étais venu. Dès que j'ai mis le pied dans cette cité fortifiée, j'ai su qu'il y avait quelque chose d'étrange et de totalement inhabituel. Je savais déjà que la ville avait été abandonnée de ses habitants à cause d'une soit-disant malédiction, et c'est quelque chose que je voulais voir de mes propres yeux. Ce que je ne savais pas, c'est que cette malédiction était bel et bien fondée, et qui plus est était réelle.
Tout s'était bien passé le jour, mais une fois la nuit tombée, une lueur étrange était apparue à la fenêtre d'une des maisons près de la mosquée et de son minaret grandiose. Je crus, au début, à une personne qui était venue se réfugier pour la nuit, ou encore au dernier habitant de la cité vide. J'étais monté dans la petite maison, mais à part une chandelle à moitié éteinte, il n'y avait rien. Une fois que la nuit tomba vraiment, cette chandelle s'éteignit, et un vent léger et froid souffla sur les dunes sablonneuses du désert d'Arabie.
Cette chose affreuse était apparue peu de temps après que le vent avait commencé à souffler. La température baissait et l'ombre de la montagne assombrissait les rues déjà obscures, sous le ciel vide de nuages et parsemé de magnifiques étoiles. Je me réfugiais contre un mur de terre battue pour me protéger du vent tourbillonnant, et c'est alors que je vis cette chose indescriptible. Pourvue de grandes ailes cauchemardesques, l'apparence squelettique, cette créature impossible et innommable poussait des plaintes d'une beauté incroyable, perçant le son des bourrasques et du vent soulevant le sable fin de l'erg. Une terreur insoutenable s'emparait de moi jusqu'à la folie, et je courrais pour échapper à l'étreinte mortelle de cette maigre créature volant dans les airs et se servant de la nuit claire pour me survoler.
Je m'enfuyais aussi vite que possible, mais cette chose effroyable me surplombait et m'empêchait d'avancer. Les seuls rares endroits où j'étais plus ou moins en sécurité étaient à l'intérieur des maisons étant ouvertes, mais la bête squelettique arrivait à me déloger en me lançant des décharges éléctriques qui me faisaient atrocement souffrir. Je ne pouvais pas rester à l'intérieur, car cette bête voulait me faire sortir pour s'amuser avec moi, avant de me tuer, et j'en étais parfaitement conscient, mais je ne pouvais pas me cacher, puisque sinon elle allait me tuer, et je ne voulais pas ça. Je continuais à courrir, encore et encore, échappant désespérément à cette abomination spectrale qui me poursuivait sans relâche. La nuit passait lentement et je ne faisais que m'enfuir. M'enfuir pour ma vie.
Ma vie, c'est drôle. Cette chose absolument immonde venait de me la détruire, me rendant fou, me faisant tomber dans une psychose démentielle et paranoïaque.
À chaque angle de rue, je voyais cette terrible bête. Chaque fois que je regardais le ciel, cette chose pourfendeuse apparaissait dans mes yeux que je ne croyais plus. Je ne croyais ni mes oreilles ni mon nez. Je sentais l'odeur de cette créature affreuse et je l'entendais pousser ses hurlements stridents et déchirants. Au bout d'une éternité, la plus longue de ma vie, le soleil commençait peu à peu à se lever sur le désert de sable infect, sur cette ville maudite et détestable, et sur cette chose affreuse et putride qui me chassait sans faiblir. La maigre bête avait disparu, et elle me laissait là, à bout de forces, saignant de la tête et à moitié mort, allongé contre le sol.
Il devait sûrement y avoir des chacals ou des rapaces dans les environs, qui iraient manger ma charogne déjà entamée par les insectes monstrueux. Je n'avais aucune envie de retrouver mon bateau, ni même de bouger. J'étais étendu au sol, les bras tendus, et je riais. Je riais d'être en vie, ou parce que je venais de voir la folie incarnée ? La température avait grimpé à une vitesse fulgurante et malgré mon turban de fortune, je transpirais incroyablement. Le soleil était désormais à son zénith, et je vis un énorme scorpion noir sur la petite motte de sable près de ma tête. C'est à ce moment que je m'endormis.
Je fus réveillé par un arabe avec un turban rouge, à bord d'un petit bateau de pêche. Il m'expliqua qu'ils, son équipage, venaient de me repêcher alors que mon corps inerte flottait à la surface de la mer. Je tentais de leur dire que je me trouvais dans une cité vide, et que j'y avais vu un monstre atroce, mais les pêcheurs me prirent pour un fou. Peut-être que j'en étais un, effectivement. Je ne voyais pas les ramparts de la cité, mais je reconnaissais la montagne côtière, et surtout le rivage où j'avais arrimé mon bateau à voile, qui était encore là.
Je fus pris d'un fou rire démentiel et complètement incontrôlé, mais je vis sur une des caisses de poisson la petite chandelle de la maison. Exactement la même. Une terreur moite et grave m'envahit soudain, et, m'attachant les pieds et les mains, je sautais à la mer, à côté des rivages.
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