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> Chapitre 1 : « 1- Le déclencheur » - 
| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 20/04/2008 à 18h48 - Mise à jour : le 04/09/2008 à 11h58 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 645 - Chapitre(s) : 6 - Mots : 7970 - Complet : non - AMR : 15 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 1 | Publié : le 20/04/2008 à 18h48 - Modifié : le 24/04/2008 à 18h44 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 376 - Mots : 638 |
Mort à la demande
1- Le déclencheur
Je ne vais pas commencer en me présentant. Je vais commencer par ce qui est important : comment en arrive-t-on à tuer pour de l’argent ? Et je ne parle pas de ce qu’on appellerait un crime crapuleux. Je parle de faire la même chose que Léon, ou qu’un quelconque mercenaire de film, série télé, roman ou autre récit où une personne tue à la demande pour recevoir de quoi vivre en échange.
D’abord, il faut se faire repérer par quelqu’un qui connaît quelqu’un (…) qui est dans le milieu. Ca se passe sans qu’on le voie vraiment venir : on tue, quelle qu’en soit la raison, et il se trouve qu’un certain gars découvre qu’on est responsable. Coup de chance : ce mec a beau être flic, il fait partie d’une organisation illégale qui fait – entre autres – du commerce de diamants illégaux entre la Sierra Leone et Moscou en passant par Anvers.
Mais revenons-en à mon cas. J’ai toujours eu une fascination pour la violence, et cela m’a poussé, par exemple, à louer des livres sur les armes, à faire de la boxe, et autres activités connexes. J’ai baigné dans la réussite mais sans satisfaction, jusqu’au procès et à l’enfermement du directeur de l’orphelinat. Il était sympa, dédiait sa fortune à beaucoup d’œuvres charitables, et avait accueilli beaucoup d’orphelins dans un manoir transformé en internat. Et pourtant, c’était un arnaqueur coupable de fraude fiscale et autres, parmi lesquelles la création non autorisée d’un orphelinat. Le directeur venait de se faire envoyer en prison en moins de deux mois par son propre frère, lequel était motivé par je ne sais quel besoin.
Le directeur m’avait offert une arme à air comprimé en me précisant les mesures d’usage ainsi que les sanctions possibles en cas de non-respect des conditions. Ca ressemblait vaguement à un colt. Et ça pouvait facilement tuer quelqu’un.
Alors, comme j’étais rebelle, un peu taré, et assez intelligent – il faut l’admettre – j’ai pris la tangente en fuyant du centre où je me trouvais à ce moment pour éviter d’être envoyé dans un autre orphelinat. J’ai traversé la province entière à pied, en volant de la bouffe par ci par là, et j’ai rejoint le manoir désormais abandonné. J’y ai ouvert la cache derrière l’armoire à pharmacie, et j’ai préparé mon flingue en lui faisant faire ce gros CRAC CRAC quand on tire sur la culasse. A ce moment, je ne savais pas comment j’allais m’y prendre, mais je comptais bien tuer le frère du directeur. D’ailleurs, j’ai même oublié quelle excuse je m’étais inventé pour me justifier. Mais comme c’est lui qui avait hérité du manoir – je ne l’ai compris que par la suite – il est venu à moi.
Pendant quelques jours, je suis resté là à cogiter sur mon devoir, les risques, et les précautions. Je dormais le jour, le soir j’allais commettre de petits larcins pour me nourrir ou me payer à manger, et puis je voyageais toute la nuit dans l’immense demeure, sans le moindre éclairage.
Et il est arrivé un soir, justement. J’ai stressé, et je me suis évidemment jeté sur mon arme. J’étais au rez-de-chaussée. Il était seul, probablement pour une visite des lieux afin de savoir s’il allait profiter ou vendre la propriété qu’il venait d’acquérir. Il marcha dans le large couloir, sans s’arrêter devant la pièce où je me trouvais. Et ça a été une grande jouissance de passer lentement dans son dos, de tirer le cran de sureté, de le voir sursauter en pivotant vers moi, d’appuyer.
Le flic m’a trouvé par chance, mais il savait que c’était moi, apparemment. J’étais le seul orphelin manquant, le frère du directeur n’avait aucun ennemi sérieux, et il restait de nombreuses traces de l’achat de mon arme. J’avais repris la douille avec moi et fondu le pistolet. Mais par pur hasard, il m’est tombé dessus. Je ne sais pas si je dois me réjouir du fait qu’il ait fait partie du commerce de la Mort.
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