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| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 16/05/2008 à 17h43 - Mise à jour : le 19/11/2008 à 11h23 - Commentaire(s) : 8 - Lecture(s) : 6984 - Chapitre(s) : 43 - Mots : 201522 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 8 - Abonnés à l'histoire : 2 | Publié : le 02/09/2008 à 19h57 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 121 - Mots : 5149 |
Chapitre 37 : L'étau se resserre
Trois semaines passèrent, mais elles furent marquées par tant d’évènements que j’en eus le tournis. Tout d’abord, des meurtres. Et oui, les Cavaliers de Walpurgis avaient très mal vécus leur échec à Paris, le fait que nous ayons réussi à leur échapper, et ils s’acharnèrent sur des innocents qui n’avaient rien demandé. Après « l’attentat » de Paris, un autre fut perpétré à Manchester, puis à Glasgow ; les trois firent en tout plus d’un millier de victimes, ce qui était énorme. Les moldus avaient peur, eux aussi, mais eux croyaient plutôt à une renaissance des terroristes moldus, qui s’étaient fait assez discrets ces dernières années ; en effet, depuis la guerre qui avait opposé l’Irak aux Etats-Unis et à leurs alliés et qui avait définitivement pris fin avec la signature d’un traité en 2015, le monde avait retrouvé un peu de sa sérénité. Et maintenant, la menace venait à nouveau du monde sorcier ! Après Voldemort, il y avait eu ces terroristes et désormais c’était Nott.
Le Ministère de la Magie avait donc beaucoup de difficultés pour cacher tout ce qu’il se passait aux moldus.
Le second évènement marquant fut l’attaque de deux membres de l’Ordre du Phénix : Karine Nelson et son fiancé furent retrouvés morts chez eux, des traces de lutte montrant qu’ils avaient livré un combat féroce avant de succomber.
James en fut très affecté, tout comme mon cousin Fred : Karine était une de ses amies, et c’était la sœur aînée d’une amie de James et Justine, Sonia Nelson.
Les conséquences de cette attaque furent que tous les membres de l’Ordre veillèrent à s’entourer de protections encore plus importantes et plus nombreuses ; tous avaient peur, ils craignaient pour leur vie et celles de leurs proches.
La troisième nouvelle que j’appris fut une bonne, pour changer un peu : en effet, James m’écrivit que Dan Macmillan, un de leurs espions chez les Cavaliers, s’était lié un peu plus que d’amitié avec une Cavalière d’une vingtaine d’années. Cela ne plu pas du tout à la petite amie officielle de Dan, Sandra Eleydon, mais elle se résigna en sachant que c’était un des risques à prendre pour que la mission de Dan fonctionne. Bref, la jeune Cavalière en profita pour révéler certaines choses à Dan, dont l’emplacement de la cachette de Cavaliers plus âgés qui devaient se cacher car auteurs de meurtres, tels que Bertrand Liciel et Herbert Latrey, l’homme qui avait attaqué mon père en premier en février.
Mon père ainsi que mes oncles Ron et George s’y rendirent avec Astoria Malefoy et Luna Dragonneau, et ils réussirent à arrêter trois Cavaliers, tandis que trois autres s’enfuirent.
Parmi les Cavaliers arrêtés figurait Bertrand Liciel, et il fut enfermé à Azkaban avec ses deux compagnons.
Ce fut une maigre victoire, mais elle redonna l’espoir à l’Ordre du Phénix et au Ministère de la Magie ; les jeunes aurors que mon père dirigeait furent motivés par cette arrestation de proches de Nott, et ils se donnèrent plus à fond dans leur travail.
Gaëlle Latrey et Eleanor Liciel furent convoquées au Ministère pour s’expliquer quant aux agissements de leurs maris ; même si Herbert Latrey n’avait pu être arrêté, il avait commis des meurtres et le Ministère se décida enfin à agir. N’écoutant plus les soi-disant bons conseils de son secrétaire d’Etat, Kingsley Shackelbot décida donc de prendre les choses en main.
Gaëlle et Eleanor purent repartir chez elles faute de preuves à leur encontre, mais Shackelbot ordonna à mon père de placer des aurors près de chez elles pour les surveiller.
Suite à cette arrestation, James m’apprit aussi que Stella était en rage et désirait libérer son père, par tous les moyens ; James l’apprit de Taylor Macmillan qui le tenait des Cavaliers qu’elle fréquentait par obligation, comme Dan.
Voilà pour les nouvelles… Tout le monde à Poudlard avait lu dans la Gazette du Sorcier les arrestations, et je constatais avec ironie que Rob Foster, Patricia Lowell et quelques autres qui avaient leurs parents chez les Cavaliers semblaient inquiets ; en effet, leurs familles avaient plus qu’intérêt à garder profil bas si elles ne voulaient pas suivre le même chemin que Liciel et les autres !
En tout cas, ce samedi 10 mai, l’ambiance était à la bonne humeur à l’école : le beau temps et la sortie prévue à Pré-au-Lard y étant bien sûr pour quelque chose !
Je sortis du château avec Jordan, Serena et Hugo, direction le village à quelques minutes de marche ; Michael était parti devant avec Mia et allait passer la journée en tête à tête avec elle. C’était un euphémisme de dire que ça le gonflait…
Michael et moi ne nous étions presque pas reparlé depuis que Jordan et moi nous étions remis ensemble ; je l’avais remercié le soir même, mais cela faisait maintenant trois semaines que nous n’avions pas eu de vraie discussion, pas de mots échangés, rien. Parce que Mia veillait au grain, et que même s’il ne m’avait rien dit Jordan aussi faisait attention ; il ne m’aurait pas empêché de parler à Michael, non, je pense qu’il avait compris vers qui tendait mon cœur, mais peut-être aurait-il été blessé. Enfin, je n’en savais rien.
En tout cas, le couple de Mia battait sérieusement de l’aile et elle semblait tout faire pour que ça aille mieux ; seulement, ça empirait de plus en plus et leurs disputes résonnaient dans la salle commune. Après, Mia s’en prenait à moi en me lançant quelques piques mais je me gardais bien de répondre : l’élément déclencheur de tout ce bordel, c’était moi finalement… Donc mieux valait faire profil bas.
Quoiqu’il en soit, je savais par Serena (qui elle avait toujours le droit de parler à Michael) que Holly Atkins, une septième année de Poufsouffle, semblait plaire à Michael et Serena avait fait un pari avec Hugo : elle avait parié que Michael casserait avec Mia pour sortir avec Holly d’ici quinze jours ; Hugo lui ne donnait pas une semaine à Michael avant que tout éclate.
Poudlard risquait d’être le témoin de plusieurs meurtres d’ici à quelques jours, si Michael rompait avec Mia !
J’avais un léger pincement au cœur, mais vraiment très léger, en constatant que Michael était prêt à rompre avec Mia pour sortir avec une autre fille ; chose qu’il n’avait pas faite quand entre lui et moi il s’était passé quelque chose. Quoiqu’à cette époque, ça allait toujours bien entre lui et Mia, tandis qu’en ce moment c’était le désastre.
- J’ai entendu Holly parler avec Lauriane avant de partir, dit Hugo alors que nous marchions tranquillement.
- Laisse-moi deviner : elle parlait de Michael ? ironisa Jordan.
- Oui, acquiesça Hugo. Disait qu’ils avaient encore échangés pas mal de regards pendant le petit déjeuner, se demande pourquoi ça ne va pas entre lui et Mia.
J’haussais les sourcils et dis sans réfléchir :
- Si elle savait que la briseuse de ménages, c’est moi !
Je me mordis aussitôt les lèvres et jetais un regard en coin à Jordan ; heureusement il ne semblait pas l’avoir mal pris et dit en me souriant :
- Il y a des choses qu’il vaut mieux taire.
Je souris et l’embrassais furtivement sans m’arrêter de marcher ; je croisais le regard de Serena qui me sourit largement, heureuse pour moi que tout soit revenu à la normale.
- On va voir Fred et Dominique ? proposa Hugo quand nous arrivâmes à Pré-au-Lard.
- Quelle question ! répliquais-je en suivant la file des élèves vers la boutique de mes cousins.
La plupart des élèves de l’école devaient avoir décidés de se rendre chez Weasley, farces pour sorciers facétieux puisque la boutique était bondée quand nous entrâmes.
- Pas mal leurs nouveaux produits, commenta Jordan en regardant les étalages.
- Viens, dis-je en l’entraînant vers l’arrière boutique. On fera notre shopping tout à l’heure, ok ?
- Le magasin va être dévalisé, ironisa Jordan en me suivant néanmoins.
Je vis enfin Fred, en train de vendre un de ses produits à un élève de Poudlard ; son regard glissa sur nous et il sourit, et Dominique apparut soudain devant nous.
- Salut, les cousins ! lança-t-il d’un air enjoué. Réunion de famille au premier étage, montez !
Serena et Jordan hésitèrent un instant mais Dominique sourit et dit :
- Vous êtes déjà au courant de tout, montez ! Je prends la relève de Fred, il va arriver.
- Tu vas t’occuper du magasin tout seul ? s’étonna Hugo. Tu n’arriveras jamais à servir tout le monde !
- Nous avons des aides, répliqua Dominique. Marine Brennan, la copine de Fred, et Mélanie Talard, une de mes amies.
- Ah oui, il m’avait bien semblé avoir vu Marine en bas, acquiesçais-je.
Dominique nous adressa un dernier sourire et partit s’occuper des clients dans le magasin ; je montais derrière Hugo vers le premier étage, et Jordan remarqua :
- C’est parce que vous aviez une sortie de prévue que votre famille se réunit à Pré-au-Lard ?
- Sans doute, répondis-je.
Hugo ouvrit la porte qui menait à la salle à manger et des bruits de voix nous parvinrent ; j’entrais à la suite de mon cousin et je vis Molly se lever pour nous accueillir.
- Bonjour ! dit-elle en souriant.
- Molly ! m’exclamais-je en l’étreignant. Comment vas-tu ?
- Bien, répondit-elle. Venez-vous asseoir.
Nous la suivîmes et je fronçais les sourcils en voyant les personnes serrées autour de la table de salle à manger : il n’y avait que mes cousins et cousines, plus mes frères, mais pas les parents !
- Je croyais que c’était une réunion de famille ? s’étonna Hugo en disant tout haut ce que je pensais tout bas.
- Les parents estiment qu’il est inutile de vous tenir au courant de tout, expliqua Victoire alors que nous prenions place autour de la table après avoir salué tout le monde. Or nous pensons différemment, voilà pourquoi on est tous là aujourd’hui.
Je souris à ma cousine Roxane à côté de qui j’étais assise, et laissais mon regard errer autour de la table sur ma famille : à ma droite Roxane donc, elle-même assise près de Rose. Je remarquais que Scorpius Malefoy était présent, et qu’Hugo évitait avec soin de croiser son regard, tout comme mon frère James qui murmurait quelque chose à… Louis ?! Il était revenu ? La pièce était rempli de tant de monde que je ne l’avais même pas vu !
Plus loin, Victoire ne parlait pas mais regardait des notes étalées devant elle ; à ses côtés, Molly venait de se rasseoir et regarda Albus de coin, occupé à écrire quelque chose sur une feuille de parchemin.
- C’est parti ! s’exclama Fred en entrant soudain dans la pièce. Bon, on commence par quoi ?
- J’ai envoyé une lettre à Lily pour lui donner les détails de l’arrestation de Liciel, Tener et Bennet, dit James. J’imagine qu’ils veulent encore plus de détails ?
- Oui ! acquiesça Hugo avec ferveur. Ils ont été envoyés à Azkaban sans procès ?
- Oui, répondit Victoire en hochant la tête. Pas besoin de procès pour ces gens-là.
Rose jeta un regard furtif à Scorpius et s’éclaircit la gorge avant de prendre la parole :
- Stella a disparu, Scorpius surveillait son appart’ et depuis mercredi soir elle est introuvable.
- Peut-être partie rejoindre un petit ami chez lui, non ? ironisa James.
Rose secoua la tête et dit :
- Je ne pense pas, on l’avait entendu parler de vengeance, et à mon avis elle est partie rejoindre Nott là où il se planque.
- Pour quoi faire ? demanda Roxane.
- Etre plus utile qu’elle ne l’est en ce moment, répondit Scorpius. Un autre jeune Cavalier a disparu, un certain John Tener. Ils ont dû partir à deux.
- Sans doute… murmura James.
Il y eut un silence, et Victoire dit :
- En tout cas, depuis l’arrestation de son mari Eleanor Liciel se tient à carreaux, tout comme Gaëlle Latrey, mais depuis l’attentat de Paris c’est Marina Trelier qui a abandonné son travail et son domicile, avec son mari. Leur maison est déserte depuis des semaines.
- Ils préparent un autre attentat, vous croyez ? demandais-je.
Victoire haussa les épaules et Molly dit :
- Qui sait ? En tout cas, ils n’ont toujours rien trouvé de plus sur la pierre et c’est tant mieux !
J’échangeais un regard avec Serena et vis que James nous regardait attentivement ; il demanda à Molly :
- Tu crois qu’il sait que la personne qui doit trouver la pierre doit avoir un « cœur pur » ?
- Oui, affirma Molly, voilà pourquoi il a tué ces personnes qu’il voulait rallier à lui, et qui ont refusé.
- Comme ma mère, murmura Serena.
- Il cherche un peu au hasard, recrute les sorciers et sorcières qui lui apparaissent comme puissants, et en profite pour savoir s’ils ont le cœur pur, c’est-à-dire s’ils n’ont jamais tué ou prêts à se sacrifier pour d’autres, expliqua Victoire. On a bien cerné son caractère et ses envies.
James sourit gentiment à Serena, et je compris qu’il connaissait déjà la réponse à la question qu’il avait posé à Molly ; mais il l’avait fait mine de rien pour que Serena le sache aussi.
- On l’aura, on finira bien par l’attraper, affirma Albus. Ce n’est qu’une question de temps…
Scorpius hocha la tête, l’air bien d’accord avec Albus, mais Rose secoua la tête et dit d’un air sombre :
- Il nous file entre les doigts, comment savoir où le trouver ? Il se cache.
- Il se terre comme un rat, oui ! se moqua Fred.
- Par peur, qui sait ? renchérit James. Après tout, mon père, qui est aussi votre oncle, a vaincu le plus grand mage noir du siècle !
- C’est pour ça qu’il avait essayé de le tuer, on le savait déjà ça, remarqua Albus.
- Oui bon…
Victoire sourit et dit :
- Et puis bientôt, on aura deux personnes de plus dans les rangs de l’Ordre du Phénix ! Vous allez bien nous rejoindre, hein ? nous demanda-t-elle à Hugo et moi.
- Bien sûr ! répondis-je en même temps qu’Hugo.
- Nous aussi, dit Jordan en désignant Serena à côté. On sait déjà tout !
Mes cousins continuèrent de nous donner des détails sur les derniers agissements de Nott, sans vraiment donner de nouvelles vraiment fraîches mais bon mieux valait ça plutôt que d’apprendre encore des meurtres !
Aucun d’entre nous ne savait qu’à plusieurs centaines de kilomètres de Pré-au-Lard, à Godrics’ Hollow exactement, se tenait une autre réunion de famille mais regroupant cette fois nos parents, oncles et tantes. Eux aussi parlaient de Nott ; mais mon père éprouvait beaucoup plus d’inquiétudes que les autres, la Baguette de Sureau étant la cause de cette inquiétude.
Nous passâmes une bonne journée ensoleillée au village ; nous avions déjeuné tous ensemble aux Trois Balais, et Molly et Victoire nous avaient parlé de leur grossesse respective : Molly allait avoir un garçon et elle comptait l’appeler Tim, tandis que Victoire allait avoir une seconde fille ; le prénom n’était pas encore décidé. Mes deux cousines étaient toutes les deux enceintes de trois mois, déjà…
Puis Victoire avait dû rentrer ainsi que Molly et Fred qui devait s’occuper de la boutique avec Dominique, laissée aux soins de Marine et Mélanie pendant notre déjeuner.
James nous quitta aussi, ayant un rendez-vous avec Justine ; ne resta plus qu’Albus, Rose et Scorpius, Roxane ayant dû partir aussi.
- Au fait Rose, il paraît qu’oncle Ron est au courant pour toi et Scorpius ? Comment l’a-t-il pris ? demandais-je à un moment, alors que nous flânions dans les rues.
- Il a fait un infarctus, ironisa Albus.
- Sérieux ?
- Pas loin, rigola Rose. Il n’arrêtait pas de répéter qu’une Weasley ne devait pas sortir avec un Malefoy, et blablabla… Enfin, il commence à commencer à l’accepter.
Scorpius sourit et Hugo dit :
- Ca doit être pareil chez toi, Male… Scorpius, non ?
Rose regarda son frère avec des yeux ronds, n’en croyant pas ses oreilles de l’entendre appeler son petit ami par son prénom ; Scorpius fit semblant de rien et répondit :
- Il le savait depuis un plus longtemps que ton père, alors maintenant il l’a accepté. Mais c’est vrai qu’au début, il avait du mal à croire qu’ « un Malefoy sorte avec une Weasley », un Serpentard avec une Gryffondor. Les traditions ont la vie dure, finit-il en souriant à Rose.
- Heureusement que mon père ne sait pas que nous sommes sortis ensemble au temps de Poudlard, alors que je n’étais qu’une « pauvre âme innocente » ! dit Rose en souriant.
- PARDON ?! s’exclama Hugo. Je croyais que vous sortiez ensemble depuis janvier seulement !
- C’est vrai ? m’étonnais-je. Tu ne me l’avais jamais dit !
- Bien sûr que si Lily, dit Rose. Tu savais très bien que nous nous étions déjà embrassés.
- Oui mais… Je ne savais pas que ça avait débouché sur une vraie relation !
- J’étais un des seuls au courant, se manifesta enfin Albus.
Je regardais ma cousine avec stupeur, un peu agacée de n’avoir pas été mise au courant avant ; mais pour Hugo c’était pire, il regardait sa sœur avec un mélange de fureur et de consternation tandis qu’elle souriait ironiquement.
- C’était quand ? demandais-je finalement.
- Voyons voir… Nous étions allés au bal d’Halloween ensemble quand nous étions en troisième année, récapitula Rose.
- Même que tu m’avais giflé, se rappela Scorpius.
- C’est vrai, rit ma cousine. On s’est embrassés ensuite en cinquième année…
- Oui, tu m’avais parlé de ça, me rappelais-je en songeant à ma troisième année.
Hugo restait silencieux, son regard allant alternativement de Rose à Scorpius en passant par Albus.
- Et on est sortis ensemble un an après ce baiser, soit en mars de la sixième année jusque novembre de la septième année, termina Rose.
- Avec beaucoup de hauts et de bas, de ruptures et de réconciliations, ajouta Scorpius.
- J’y crois pas, marmonna enfin Hugo. Papa te tuerait s’il le savait.
- C’est du passé, dit Rose en haussant les épaules.
Je ne dis rien, songeant aux étranges réactions de Rose au début de sa septième année : ses sautes d’humeurs, les fois où je la surprenais en train de pleurer dans son dortoir, où elle me mentait sur ses larmes…
- Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ? demandais-je enfin. On était proches pourtant ! Tu pouvais me faire confiance !
- Tu avais d’autres chats à fouetter, dit Rose avec hésitation. Je préférais que personne ne soit au courant, seuls Albus et Taylor l’étaient !
- Par manque de confiance ? Tu pensais que j’allais le dire à Hugo et ton père ?
- Non…
- Tu aurais dû m’en parler, reprochais-je. Enfin, c’est du passé…
- Je te faisais confiance Lily, affirma Rose. Mais plus on en parle autour de nous et plus les gens sont susceptibles d’être au courant et mon père de l’apprendre… J’ai bientôt vingt ans donc c’est aussi ça qui a fait qu’il a été plus compréhensif, mais à l’époque je n’en avais qu’à peine dix sept…
J’haussais les épaules et dis :
- Oncle Ron t’aurait fait la tête pendant quinze jours, et après ça aurait été.
- Peut-être pas, objecta Hugo. Et il aurait sans doute tenté de tuer Scorpius après votre rupture.
- Donc heureusement qu’il ne l’a pas su, je n’ai pas envie de mourir jeune ! rit Scorpius.
Rose le regarda avec tendresse et je vis Hugo lever les yeux au ciel ; il lança :
- Ce n’est pas que votre compagnie m’embête, mais j’aimerais passer un peu de temps avec ma chérie pour notre dernière journée avant d’intenses révisions !
- Maman attend de toi que tu aies de très bonnes notes, prévint Rose. Ne néglige pas les révisions ! Et toi non plus Lily !
- Comme si ! m’offusquais-je. Les ASPIC passent avant tout !
- Presque tout… marmonna Hugo.
- En tout cas, ils passent avant vos questions sur Nott et compagnie ! affirma Rose. Laissez-nous nous occuper de tout ça, et profitez de vos derniers jours tranquilles ! Ce seront bien les derniers…
Je souris à ma cousine et elle nous embrassa tous, avant de transplaner avec Scorpius ; Hugo et Serena partirent se promener de leur côté, tout comme Jordan et moi.
Nous rentrâmes au château quelques heures plus tard, après une belle journée passée au village ; nous nous étions promenés dans le parc derrière le village, juste à deux Jordan et moi, et ça faisait partie de nos plus beaux moments passés à deux.
- Tu sais, je pensais à quelque chose, dit Jordan alors que nous marchions lentement vers le château, enlacés.
- A quoi ? demandais-je.
- Ca te dirait qu’on parte une semaine en vacances, juste toi et moi ? proposa Jordan. Quand on aura fini Poudlard, en juillet.
Je le regardais et dis en souriant :
- C’est une idée géniale !
- Tu pars quand en France ? voulut savoir Jordan.
- Ma rentrée aura lieu le 5 septembre dans cette école française, répondis-je. Mais il faudra que j’arrive là-bas le 4 pour découvrir l’internat et déposer mes affaires.
- Dire qu’on ne pourra même pas transplaner pour se voir, ronchonna Jordan. Cette loi qui interdit le transplanage d’un pays à un autre est vraiment idiote.
- Je ne te le fais pas dire, soupirais-je. Ce n’est pas grave, je prendrais le train les week-ends pour revenir chez moi, et on se verra.
Jordan hocha la tête et dit :
- Enfin, on a encore le temps d’y penser.
- Mais je trouve que c’est une très bonne idée, de partir en vacances rien qu’à deux, ajoutais-je.
Il me sourit et m’embrassa tendrement sur les lèvres ; nous nous arrêtâmes au détour d’un chemin pour prolonger ce baiser et je songeais aux instants de bonheur je vivais en ce moment.
« Merci, Merlin », pensais-je en souriant mentalement en sentant les mains de Jordan glisser le long de ma taille.
A plusieurs centaines de kilomètres de Pré-au-Lard, une jeune fille regardait le fond de son verre d’un œil morne ; elle soupira en voyant que la bouteille de Whisky Pur Feu était presque vide et maugréa contre le monde entier en voyant entrer un jeune homme dans la pièce où elle était.
- Tu ne trouves pas que tu as trop bu ? demanda gentiment l’homme en prenant la bouteille et en la rangeant dans le bar.
- Mon père est en prison, ma mère est surveillée, nous sommes obligés de nous cacher et mon fiancé m’a largué pour une autre ! rétorqua la jeune femme. J’ai parfaitement le droit de me soûler.
- Ou alors, tu peux nous aider à préparer des plans de vengeance pour venger ton père et les autres qui sont à Azkaban, tu ne crois pas ? proposa le jeune homme.
La jeune femme haussa les épaules et vida le fond de son verre d’un trait ; elle le reposa bruyamment sur la table et dit :
- Parfait John, tu as quelque chose à proposer ?
- J’ai quelques nouvelles à t’annoncer, répondit John. Mais seulement si tu ne promets de plus boire, j’en ai assez de devoir te ramasser tous les soirs. Et Nott aussi en a assez, il te trouve inutile et sa patience a des limites.
- Je me suis montrée utile pendant des mois avant que James rompe ! s’écria la jeune femme. Et j’en ai assez…
Elle éclata en sanglots et John la prit dans ses bras pour la réconforter ; il murmura :
- Reprend-toi Stella, ce sera ta meilleure vengeance…
- Je veux qu’elle crève, cracha Stella. Cette sale petite pétasse de Justine Boot ! Je veux qu’elle meure !
- Tue-la, suggéra John. Après tout, tu es venue ici pour te rendre utile et accomplir des missions, non ?
- Nott ne m’a jamais donné comme mission de tuer Justine Boot, rétorqua Stella.
- Mais je suis certain que tuer un membre de l’Ordre du Phénix serait totalement dans ses envies, remarqua John.
Stella esquissa un sourire mais elle haussa les épaules et rappela :
- On n’a pas le droit de sortir d’ici. On n’aurait jamais dû venir ici.
- Tu plaisantes ? On est à l’abri au moins ici ! Si on était resté à Londres, on aurait fini par se faire arrêter et conduire à Azkaban ! Après tout ce que ton ex fiancé a pu réunir sur toi, ça m’étonne que tu aies pu survivre aussi longtemps dehors.
- De quelles nouvelles tu parlais, tout à l’heure ? demanda Stella en sautant du coq à l’âne.
John sourit et répondit :
- Nott a reçu des rapports, il semblerait que Mrs Foster avait des choses à lui dire concernant les élèves de Poudlard.
- Ah bon ? Quelles choses ?
- Tu sais que son fils est en septième année à Poudlard ? Et bien il surprend souvent des conversations, et il aurait entendu Hugo Weasley parler avec un de ses amis de la Mille Anni Lapidis, quelque chose que l’Ordre du Phénix saurait et pas nous.
- Et c’est quoi ? s’impatienta Stella.
- Pour trouver la pierre, il faut quelqu’un qui ait le cœur pur et des dons de voyance, répondit John avec un grand sourire. Rob Foster en a déduit qu’Hugo devait avoir entendu ses parents en parler.
Stella regarda un instant son ami et dit avec un sourire moqueur :
- Et tu veux me faire croire que Nott t’a parlé de tout ça ? Tu as écouté aux portes pendant qu’il recevait Mrs Foster, pas vrai ?
- Euh… Oui, admit John. Mais c’est une bonne nouvelle, tu ne trouves pas ?
- Elle réduit considérablement la liste des personnes susceptibles de pouvoir trouver la pierre, oui, mais et alors ?
- Si on trouvait cette personne, à ton avis comment Nott nous récompenserait-il ?
Les yeux de Stella brillèrent et elle dit avec ferveur :
- Nous serions alors considérés comme autrement que de simples têtes brûlées qui cherchent le pouvoir ! Nous serions ses sbires, au même titre que nos parents…
John hocha la tête et les deux jeunes gens se regardèrent, un regain de force dans le regard : il fallait savoir que Nott, leur « maître » ne leur faisait pas confiance et ne leur confiait plus de missions depuis que James Potter avait rompu avec Stella. Il trouvait que celle-ci avait failli à sa mission et qu’elle n’était plus utile ; il n’avait accepté de les voir venir dans sa cachette que parce qu’il ne voulait pas qu’ils soient eux aussi envoyés à Azkaban, mais Nott ne respectait en rien Stella et John. Cela venait aussi du fait que le père de John Tener tout comme le père de Stella avaient été « assez bêtes pour se faire arrêter », selon ses propres mots. Pas comme ces autres jeunes Cavaliers comme Elise Stampler, Lucas Ferview ou encore Dan Macmillan qui lui fournissaient régulièrement des informations sur l’Ordre du Phénix.
- On lui annoncera qu’on repart demain, décida John. Et on cherchera des informations sur ces dons de voyance.
- Et on trouvera cette personne capable de trouver la Mille Anni Lapidis, termina Stella. J’en profiterai pour me venger de Boot.
- Nott n’apprécie pas les meurtres inutiles, tu devrais le savoir, remarqua John.
- On lui racontera qu’elle s’est mise en travers de notre chemin et qu’elle connaissait sa cachette, donc qu’on l’aura éliminé car elle devenait trop dangereuse, décréta Stella. En plus, c’est un membre actif de l’Ordre du Phénix donc il sera content d’apprendre sa mort comme tu l’as dit toi-même.
- Pas sûr, se rétracta John. James Potter risque de piquer une colère et les gens en colère font des choses stupides et dangereuses, comme vouloir se venger d’une ex petite amie. Il cherchera à venger Justine, et Nott sera agacé par tout ce remue-ménage. Il nous punira.
- Je suis tout à fait capable de lui filer entre les pattes, affirma Stella. Et tout se passera bien, John.
John Tener sourit à la jeune femme : leur chance allait enfin tourner, Stella était une vraie Gryffondor : courageuse…
Dans la pièce d’à côté, Albert Nott était loin de se douter de ce que manigançaient les deux jeunes gens ; à dire vrai, ils pouvaient tout aussi bien être sur le point de se faire arrêter qu’il s’en ficherait quand même : ces gamins ne lui étaient d’aucune utilité. Robert Tener et Bertrand Liciel, leurs pères, avaient réussi à se faire envoyer à Azkaban alors si leurs rejetons voulaient suivre le même chemin, libre à eux ! Nott ne les avait accepté dans son manoir que parce qu’Annabelle Stampler, la mère d’une amie de Stella, avait insisté auprès de lui. Il n’avait guère pour habitude de céder aux caprices d’une femme, mais Annabelle était différente : elle n’avait pas hésité à faire assassiner son mari qui ne voulait pas se joindre aux Cavaliers, et depuis peu elle était l’amante du mage noir. En plus de cela, c’était une sorcière hors-pair qui l’avait aidé à briser les défenses de la cachette de la Baguette de Sureau, alors Nott avait accepté John et Stella chez lui pour lui faire plaisir.
Le mage noir sourit en tournant la baguette entre ses mains et pensa avec ironie à son dernier propriétaire : si Harry Potter n’avait pas eu la prétention de penser qu’il était assez puissant sans cette baguette, et bien celle-ci serait peut-être toujours entre ses mains ! Enfin, Nott n’allait pas se plaindre de cette faiblesse, bien entendu.
- Al ? appela la voix d’une femme.
- Je suis là, répondit Nott.
Il sourit à Annabelle Stampler qui venait d’entrer dans le salon et celle-ci dit :
- Je viens d’avoir un hibou de ma fille. Il semblerait que les jeunes Cavaliers aient été dupés par deux d’entre eux.
- Comment ça ? demanda Nott en fronçant les sourcils.
- L’Ordre du Phénix a envoyé des espions parmi eux, expliqua Annabelle. C’est à cause d’eux si la cachette de Liciel, Tener, Latrey et les autres a été découverte par Potter.
- Seuls les plus anciens étaient au courant ! rétorqua Nott. C’est impossible que ces gamins aient pu…
- Olivia Gedeon a tout révélé à l’un des espions, dit Annabelle. Elle connaissait l’endroit de la cachette, son père était avec Latrey et a pu s’enfuir, d’ailleurs.
Les yeux du mage noir se plissèrent et il dit d’un ton dur :
- Je veux que tu m’amène Olivia Gedeon ici, je lui ferais comprendre qu’on ne révèle rien impunément.
- Bien, acquiesça Annabelle. Je demanderais à Elise de me l’envoyer.
- Je veux que tu amènes aussi les espions, je me chargerai de les éliminer après les avoir fait parler sur l’Ordre. J’en profiterai pour les interroger sur le nom des membres de l’Ordre du Phénix, histoire de savoir de qui je dois me méfier en plus de Potter, Malefoy, Weasley, Nelson, Boot… Qui sont ces jeunes espions, au fait ?
- Dan et Taylor Macmillan, révéla Annabelle.
Nott eut un petit sourire moqueur et marmonna :
- Evidemment… Ernie Macmillan était un ami d’Harry Potter, j’aurais dû me douter que ses enfants ne se rallieraient jamais à nous volontairement.
- Ce n’est pas tout, reprit Annabelle. Potter a infiltré d’autres espions, mais cette fois plus âgés.
- Je sais, l’interrompit Nott. Marina Trelier m’a mise au courant. Justin Flinch-Fletchley et Chris Nelson devaient être exécutés ce matin par deux nouvelles recrues, mais ils se sont échappés et sont retournés près de Potter.
- Tu vas essayer de les retrouver ?
- Non, répondit Nott. Pas la peine. La nouvelle des morts de Dan et Taylor Macmillan leur parviendra assez rapidement, et là ils comprendront tous qu’il est inutile de vouloir se mesurer à moi.
Annabelle hocha la tête et dit :
- Il y a quand même le risque que Dan et Taylor se doutent de quelque chose, il ne faudrait pas trop tarder.
- A toi de faire en sorte qu’Olivia, Dan et Taylor soient vite amenés au manoir, dit Nott d’une voix mielleuse.
- Quel sera le sort d’Olivia ?
- Oh, rien de bien méchant, mais elle fermera sa grande bouche, la prochaine fois.
Annabelle sourit et murmura en s’approchant de son amant :
- Tu es décidemment plein de ressources.
- En as-tu douté un jour ?
- Jamais.
Ils s’embrassèrent passionnément au milieu du salon du manoir, tandis que quelque part Dan et Taylor Macmillan étaient loin de se douter de ce qui allait leur arriver…
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