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> Chapitre 1 : « Lou. Comme Lou Reed, mais pour une fille. » - 
| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 20/07/2008 à 10h17 - Mise à jour : le 28/08/2008 à 10h28 - Commentaire(s) : 4 - Lecture(s) : 278 - Chapitre(s) : 2 - Mots : 1562 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 1 - Abonnés à l'histoire : 0 | Publié : le 20/07/2008 à 10h17 - Modifié : le 02/09/2008 à 13h47 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 204 - Mots : 594 |
Lou.
| Résumé : Une histoire, puis peut-être d'autre, d'un petit bout ; de Lou. |
Lou. Comme Lou Reed, mais pour une fille.
« Moi, plus tard, je veux être chanteuse célèbre ».
Ça avait claqué comme ça, sans prévenir. La p’tite ne prévenait jamais à vrai dire, pour balancer ce genre de résolution. Cette fois-ci, précisément, je me trouvais entre la petite table en formica, et le plan de travail, en train de broyer du basilic, des pignons, et du fromage (avec de l’huile d’olive) dans un pot en terre cuite. Elle était arrivée, avait dit sa phrase, et elle était repartie. Enfin, elle avait essayé, parce que moi, je voulais savoir ce qui lui passait par la tête.
« Et tu comptes t’y prendre comment ?
- Bah en chantant. »
Oui, dit comme cela, ça paraissait simple. L’avantage avec elle, c’est que tout paraissait simple. En un regard, elle pouvait refaire le monde ainsi, et sa petite voix frêle s’élevait sans prévenir, pour balancer des remarques du genre : « moi, plus tard, je veux être chanteuse célèbre ».
« Et puis, j’aurais une belle robe blanche. »
Vaste programme. Moi, j’étais pas trop motivé sur le coup, parce que ce petit orage ambulant, quand il allait grandir, il allait en faire tourner des têtes à coup sur. Enfin, pour le moment, au lieu de vouer une haine sourde contre un futur gendre, j’écrasais ce qui allait devenir de la sauce pesto dans le plus pur style italien.
« Mmh Mmh, intéressant. Chante un peu pour voir ? »
Et elle chanta. Ô Dieu, je ne lui demanderai plus de me montrer l’étendue de ses talents. Pas que ça sonnait faux. Mais c’était une véritable cacophonie qu’elle produisait à elle seule. Alors bien sûr, j’ai dis la seule chose qu’un père responsable peu dire à sa fille dans ces cas là :
« Bravo ! Je suis persuadé que tu deviendras une chanteuse célèbre ! »
J’espère qu’elle a vu que je m’efforçais à être enthousiaste (à vrai dire je l’étais : la cacophonie s’était arrêté). Oui, parce que telle que je la connais, ça va me tomber au coin de la figure quand ce sera l’âge de l’adolescence pour elle. Enfin, à vrai dire, si elle avait décidé d’entrer dans un groupe de Hardcore, elle avait du potentiel ma gamine.
« Mais tu es sure que tu ne veux pas devenir princesse ? C’est mieux princesse, je suis sur ! »
Alors, ainsi, je vois mon petit orage ambulant réfléchir, et peser le pour et le contre. Bien sûr, je sais déjà qu’elle restera finalement sur sa décision, mais j’ai envie de garder espoir. Ça y est elle me regarde droit dans les yeux. Éclair, tonnerre, pluie fine : tout ce que j’aime.
« Non ! Princesse, c’est pour les filles ».
Aïe. Huston, on a un problème, comme ils diraient. Princesse c’est pour les filles. Je m’attendais à tout, sauf à ça beauté. T’aurais pas pu me trouver un autre prétexte hein ? Tu m’énerves à être exactement comme moi ! Non mais vraiment ! Et puis, il faut que je passe les pâtes, là, oui, c’est plus important sinon, elles ne seront plus al dente, et je m’en voudrais approximativement toute ma vie. Si Si… Enfin non, mais ça occupe les méninges.
« Parce que tu n’es pas une fille toi ?
- Si, mais je suis une grande !
- Oh, tu sais, Cendrillon aussi elle est grande. Et la Belle au Bois dormant, je t’en parle même pas, elle a plus de cent ans !
- Oui, mais elles, elles sont pas vrais ! »
Ayez des gosses intelligents, Dieu vous le rendra…
Alors bien sûr, n’ayant plus de cartes en main, j’ai dit la seule chose qu’un père responsable peut dire à sa gamine de 5 ans, comme plus tard à sa gamine de 17 :
« Parles en à ta mère. »
Mais bizarrement, comme toujours, je savais que le petit monstre, que ma si jolie dulcinée avait mis au monde dans une souffrance atroce, allait avoir gain de cause. Oui, parce qu’elle allait faire son petit regard de cumulus esseulé dans le ciel bleu. Celui d’été. Et ma chère chérie, elle, va se rappeler de ces moments que nous passions enlacés dans l’herbe à les regarder ces foutus cumulus.
Oui, mon petit bouchon, c’était Miss Météo, mais elle ne s’en rendait pas compte. Et c’était peut-être pour ça que j’étais fou d’elle. Alors soit. Elle sera chanteuse en robe blanche. Et célèbre en plus !
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