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« Lou. » - chapitre 2 : « Lou. Mangeuse d'étoiles. » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Lou. », par Macadam Cowboy - - - > Chapitre 2 : « Lou. Mangeuse d'étoiles. » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 20/07/2008 à 10h17 - Mise à jour : le 28/08/2008 à 10h28 - Commentaire(s) : 4 - Lecture(s) : 280 - Chapitre(s) : 2 - Mots : 1562 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 1 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 28/08/2008 à 10h28 - Modifié : le 02/09/2008 à 13h48 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 74 - Mots : 578

<< à suivre...

Lou. Mangeuse d'étoiles.

Lou se traînait, tranquille, dans son jean troué. Sourire aux lèvres gercées dans le froid poignant de l’hiver urbain. Temps figé pour post adolescente à la voie étoilée. La rue semblait morte alors qu’en rond dans sa tête des démons de fumés faisait merveille. Étalés bien grand sur les affiches, les regards de ses idoles la contemplait, là, à attendre que la vie s’occupe d’elle. Rock’n’roll sous narcotiques ; accords alcoolique. Lou fume des lucky, puisqu’il en est ainsi.

Dans la faveur de l’hiver, Lou attendait son rendez-vous, écouteurs ouverts sur le monde, esgourdes fermés sur son petit espace. Ses pieds frappaient le sol givré en tentant de se réchauffer. Regard d’été pluvieux pour paupières crayonnées. Celui qu’elle attendait était un beau guitariste, tout droit sortit de ces comptes d’enfants que l’on se raconte jeune et adolescent. Ses princes charmants avaient la gueule de Lou Reed, ou Iggy Pop, à cause – ou grâce – à son père. Elle l’attendait dans la matinée rêveuse, les yeux pleins de sommeils. Avant la soirée folle, avant la scène, sa première fois. Peut-être qu’il était un peu débile à y réfléchir sous sa croûte de beauté. Mais Lou s’en fichait, elle était stressée.

 

xxx

Puis, après les deux cafés expédiés, il y a la vie. Le moment où la nuit fait place à la lumière. Celui où la salle s’éteint et où les guitares crépitent. Il y a le combat, contre la vie, la mort et plus encore. La salle froide pèse sur ses épaules trop frêles. Peut-être a-t-elle oublié de s’assumer. Après tout, quand ses orages brillaient pour ses potes c’était une chose, pour son père, encore une autre. Mais tous ces inconnus, tous ces gens, pétrifiés en un instant par ces deux jours ensoleillés planqués sous une mèche de cheveux noirs.

Lou n’est pas seule. Ses amis sont là, tout autour. Marcher à l’extérieur est la même chose que le faire à l’intérieur. Lou sourit, Lou s’oublie.

Personne ne parle. La salle n’est pas pleine, mais tout de même respectivement ; pour une première.

« Bonsoir. Je m’appelle Lou. »

xxx

Lou boit une bière et regarde sa folk par terre. Lou a la voix grave et cassée de ce genre de personnes qui savent s’amuser. Elle est belle lorsqu’elle chante, tellement que l’on la rappelle, elle, seule sur scène. Lou ne chante pas, elle s’amuse, sourire confiant aux lèvres. Gercées les lèvres. 1h10 de concert, vingt minutes de rappel.

Lou n’a plus peur de la foule, car elle a appris à danser avec elle. Elle a jeté son micro dans les airs, avec sa guitare et son cœur qu’elle porte si souvent en bandoulière. Ce soir, son père est fier d’elle. Elle a joué Johnny Cash pour lui et Alela Diane pour elle.

Regards et tempêtes. Cataclysme tintinnabulant pour sons s’accrochant dans la tête. Son rendez-vous du matin même l’embrasse et tant de rêves trop grands qui s’enchaînent pour une si jolie petite tête. Lou a grandit à la vitesse de la lumière et bat maintenant de ses propres ailes, dans un désert rempli de belles choses et d’émotions à la place des grains de sables. Et lorsque Lou vie ainsi, elle est belle.

Avant d’entrer sur scène, elle m’a pris dans ses bras. Elle avait une robe blanche.

Ma vieille Folk traîne dorénavant sur le sol. Elle l’a utilisée, pour le rappel. La musique frappe les corps des innocents d’éclairs brûlants. Demain, peut-être qu’elle étendra son joli minois sur les affiches. Moi je m’en fous, moi je l’aime.

Lou boit sa bière, j’attends que son copain en ait fini avec elle. A chacune des secondes qui coulent un chemin nouveau se crée. Chaque pas est une mélodie ou la brume de son regard est la seule à pouvoir se repérer. Lou saute dans les étoiles, et mange le ciel. Parce qu’elle est libre, et qu’elle n’est plus mienne. Et c’est ainsi que, tout sourire, je bâcle mes adieux à ma fille, pour saluer dorénavant une grande dame.


<< à suivre...


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