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« Désert d'humanité » - chapitre 1 : « Ciel en tempête » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Désert d'humanité », par Bryaxis - - - > Chapitre 1 : « Ciel en tempête » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 25/07/2008 à 11h33 - Mise à jour : le 01/09/2008 à 20h29 - Commentaire(s) : 3 - Lecture(s) : 352 - Chapitre(s) : 2 - Mots : 4266 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 25/07/2008 à 11h33 - Modifié : le 01/09/2008 à 20h57 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 259 - Mots : 2692

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Initialement rédigé dans le cadre du concours "Affrontement", ce texte ne comprenait qu'un seul chapitre un peu différent dans sa forme, la nouvelle introduction étant autrefois incorporée au corps du texte. Un deuxième chapitre a été rajouté après le concours. 


  Tout avait commencé deux ans plus tôt, lors de la découverte de réserves de gaz naturel à cheval sur la frontière des eaux territoriales des Emirats Arabe Unis et de l’Arabie Saoudite. On était alors en 2015, quatre ans après la seconde guerre Iran-Iraq qui avait vu la défaite de l’Iran face aux troupes du régime démocratique de Bagdad, lequel était ressortit renforcé de cette confrontation qui avait vu l’effondrement du régime des mollahs de Téhéran suite à un bombardement massif mené par des bombardiers lourds américains partis de la base de Diego Garcia.  

Suite à l’élimination de la menace iranienne sur son approvisionnement en pétrole, le gouvernement isolationniste US avait très vite retiré une grande partie de ses troupes restées dans la région, ne laissant que quelques troupes de support basées au Koweit : il était temps de toucher les dividendes de la paix. Le gouvernement démocrate tenait à réinvestir massivement dans les infrastructures américaines et avait pour ce faire coupé dans les budgets de son armée dont le format avait été drastiquement réduit, la sécurité de la région ayant été confiée à l’Arabie Saoudite à qui avaient été vendues pour l'occasion un certain nombre d’unités de haute technologie dont des chasseurs F-22 et quatre frégates lourdes de la classe LCS.

Très vite la découverte du gaz avait entraîné une escalade de la tension entre la confédération émiratie et le royaume du désert, le roi et ses proches voyant dans la découverte une occasion de prolonger la vie de l’industrie pétrochimique saoudienne, laquelle avait été durement touchée par la fermeture de plusieurs champs de pétrole.  

Cependant les accusations de sur-pompage des réserves gazières par les Emiratis n’étaient qu’un prétexte masquant des causes plus profondes liées aux importantes réformes qui avaient eu lieu dans les Emirats au cours des vingt années précédentes : le pays s’était en effet largement ouvert à l’Occident et les tenants du courant rigoureux de l’Islam soutenu par la maison des Al Saoud considéraient que Abu Dhabi et Dubai étaient allées trop loin dans leur  ouverture aux vices occidentaux : la consommation d’alcool y était autorisée, les femmes pouvaient se déplacer sans escorte et se vêtir pratiquement comme elles l’entendaient, et en outre ces mœurs plus libérales conjuguées à de judicieux investissements au cours des dernières décennies avaient permit aux Emirats de devenir un pôle d’attraction culturel et touristique inégalé dans la région, alors même que la population saoudienne restait elle dans une grande misère et que l’Etat manquait d’argent en raison des dépenses irraisonnées des nombreux membres de la famille royale.

Tout cela avait conduit à une escalade verbale qui avait finit par se traduire en conflit armé après qu’une patrouille saoudienne conduite par un sous-officier un peu trop agressif ait pénétré en territoire émirati et ait été exterminée par un puissant barrage d’artillerie qui n’avait laissé aucun survivant.

Mais entre les premiers échanges acerbes des diplomates et l’ouverture des hostilités les deux pays avaient procédé à de nombreux achats de matériels militaires en occident, l’Arabie Saoudite achetant principalement du matériel américain destiné avant tout à la modernisation de ses équipements déjà disponibles tandis que les Emirats avaient surtout procédés à une standardisation de leurs équipements en achetant des centaines de véhicules terrestres et aériens à la France, laquelle possédait d’ailleurs une base sur le territoire émirati depuis 2008.

Alors qu’en Arabie des techniciens amélioraient les chars Abrahams en les portants au standard M1A3 et que 300 nouveaux chars étaient commandés aux USA en remplacement des vieux M-60, que les usines de production du blindé local Al-Fahd tournaient à plein régime pour produire 400 nouveaux véhicules dans des configurations de combat et de transport de troupes, que de nouveaux hélicoptères Apaches étaient acquis et que les derniers F-22 étaient livrés, l’activité aux Emirats était d’une nature différente : 4 nouvelles corvettes rapides à construction modulaire furent ordonnées auprès d’un chantier naval français tandis que 200 chars Leclerc étaient achetés d’occasion à la France en même temps que 200 véhicules de combats et de transport de troupe BMP-3 russes.

Vingt-quatre hélicoptères de combat Tigre étaient également commandés, dont la moitié prélevée sur les stocks de l’armée française, et 48 canons d’artillerie Caesar étaient également achetés aux côtés de 12 unités de défense anti-aérienne Aster-30 et deux fois plus d’unités Mica-VL, accompagnées bien sur de leurs systèmes de contrôle de tir. Par ailleurs 48 véhicules anti-aériens blindés Tugunska furent également commandés en Russie. Mais, surtout, le quart du budget débloqué en urgence par le gouvernement d’Abu Dhabi fut consacré au financement d’entrainements et au payement d’instructeurs de l’armée française.

Bien sur ces acquisitions massives, pour plusieurs milliards d’euros et de dollars, créèrent une certaine inquiétude dans les capitales occidentales, mais tous estimaient que de tels achats ne pouvaient déboucher que sur une résolution pacifique du conflit, les deux belligérants se rendant bien compte qu’ils n’y gagneraient rien à s’affronter dans un combat régulier.


Désert d'humanité

Résumé : Dans un futur proche la péninsule arabique est à nouveau déchirée par la guerre. Rencontre de deux guerriers dans cet univers impitoyable

Ciel en tempête

Le soleil resplendissait dans le ciel sans nuages. Confiant et détendu, Fariq Al Saoud profitait du spectacle magnifique qui s’offrait à ses yeux, l’immensité du désert arabique s’étalant à perte de vue autour de lui. Il était dans son élément au milieu des airs, sanglé dans le siège éjectable de son appareil, volant à mach 1.2 au dessus du désert de son pays, l’Arabie Saoudite. Fariq Al Saoud était un cousin au troisième degré du souverain mais il était avant tout un officier de l’armée de l’air de son pays, un combattant équipé de l’une des meilleures machines jamais construite par l’homme.

Cinq ans plus tôt le souverain saoudien avait obtenu la vente d’un lot de 72 chasseurs américains du type F-22 Lightning II, une machine splendide aux capacités inégalées dans le monde. Quinze tonnes de métal et d’éléments composites, d’électronique avancée et de systèmes d’une technologie de pointe. L’appareil avait été conçu près de 25 ans plus tôt et pourtant aucun autre appareil ne lui arrivait à la cheville. Même les Typhoon qui équipaient la force armée de son pays depuis une quinzaine d’année, conçus à la même époque que le F-22, n’étaient pas à même de rivaliser avec cet appareil, ce qui expliquait leur achat.

Sa forme compacte elle-même dégageait une impression de puissance malgré le fait qu’aucune arme n’était visible sous ses ailes, ses missiles étant rangés dans ses soutes afin d’augmenter sa discrétion face à d’éventuels radars, un élément d’autant plus important que malgré sa détente Fariq n’oubliait pas que son pays était en guerre depuis trois semaines.

Fariq songeait à ces dernières années, à l’excitation qu’il avait ressentit en recevant son nouvel avion : formé sur les vieux Tornado acquis dans les années 1970 et usés jusqu’à la moelle, le passage sur F-22 avait été pour lui une révélation. Son avionique avancée, ses capacités d’approche discrète, pour ne pas dire furtive, sa manœuvrabilité exceptionnelle ( quoique, il devait bien le reconnaître, inférieure à celle des Typhoon équipant également l'armée de l'air saoudienne, des appareils de conception européenne privilégiant l'agilité à la furtivité ), son endurance… Tout cela le rendait réellement amoureux de sa machine. Il savait bien que d’ici quelques années il devrait l’abandonner pour continuer sa carrière, mais d’ici là rien ni personne ne l’empêcherais de profiter au maximum de son avion.

Un coup d’œil sur ses écrans lui révéla qu’aucune menace n’avait été détectée par les capteurs passifs de son avion ou par le puissant radar de l’avion de contrôle AWACS qui volait à plusieurs dizaines de kilomètres en retrait du front, l’un des cinq précieux avions formant l’ossature des capacités de combat des forces aériennes saoudites en fournissant aux chasseurs la possibilité de voir et tirer sans avoir à allumer leurs radars embarqués, conservant ainsi leur discrétion.

 Soudain sa radio prit vie et la voix de son ailier, Taref Arif, un jeune lieutenant à peine sortit de l’école de pilotage, se fit entendre : « Sierra two à Sierra one, c’est trop calme, ces pleutres d’émiratis n’osent plus décoller depuis la raclée qu’ils ont pris il y a une semaine ! Over.» Fariq jura. Ils avaient pourtant ordre de garder le silence radio ! Certes les appareils disposaient d’une liaison laser qui leur permettait de communiquer sans être interceptés, mais elle était présentement inopérante, du fait de la différence d’altitude entre les deux appareils. Stupide jeune pilote, tout juste bon à conduire un des avions transporteurs C-17 chargés du ravitaillement des forces terrestres !

Activant son propre micro Fariq répondit :

 « Sierra one à Sierra two, nous avons peut-être infligé une raclée aux émiratis en abattant 15 de leurs 80 F-16 mais je te rappelle que cela nous a couté 8 Typhoon et un F-22. Mais surtout je te rappelle que nos instructions sont de rester en mode de contrôle des émissions ! Over. »

« Mes excuses Sierra one, on s’ennuie tellement ici avec juste le ciel et le désert tout autour de nous alors que l’escadron Faucon Sacré s’amuse à bombarder leurs brigades blindées… Sierra two over and… »


A trente kilomètres des appareils de Fariq et de Taref un autre appareil n’avait rien perdu de l’échange radio entre les deux pilotes saoudiens. Jean Lasalle était pilote au sein de la flottille 12F de l’aéronautique navale française, en mission pour son pays. A bord de son chasseur Rafale M il rasait le sol à près de mach 1.3, utilisant autant que possible le relief pour masquer son approche.  

Son appareil était plus petit que les F-22 de ses adversaires, et n’avait pas les mêmes capacités de furtivité. Cependant il restait suffisamment discret que pour échapper aux radars de l’AWACS dont les émissions étaient détectées par sa suite de défense électronique Spectra II, version améliorée de l'électronique de base de l'appareil.

Cette même suite Spectra II avait repéré la communication entre les deux avions ennemis, les deux pilotes étant sans doute trop surs d'eux, pensant avoir éliminé toute menace aérienne. C'était vrai jusqu'il y a peu, les AWACS offrant à l'Arabie Saoudite un trop grand avantage aérien par rapport aux appareils émiratis, lesquels étaient donc abrités dans d'imposants bunkers soumis régulièrement à des bombardements d'artillerie, lesquels étaient la plupart du temps inefficace.  

Cependant ces bombardements avaient causé la mort d'une dizaine d'officiers et de sous-officiers français stationnés aux Emirats, ce qui avait grandement fâché Paris, raison de la présence de Jean dans la région.

Quelques pressions sur les multiples boutons décorant son manche à balais et Jean sourit : son missile à guidage passif Mica avait repéré l'émetteur de l'un des F-22. Pas la peine d'attendre plus longtemps, le moment était propice. Jean appuya sur le bouton de tir tout en détournant la tête pour éviter d'être aveuglé par le départ du missile anti-aérien. De toute façon son casque affichait sur sa visière toutes les informations importantes : emplacement des appareils hostiles, statut des missiles, état de l'appareil, tout était affiché et visible où qu'il porte son regard. En appuyant sur le bouton de tir Jean prononça simplement deux mots : « Fox three », envoyé sous forme de rayon laser par son système de communication discret vers un satellite au dessus de la région avant d'être transmis par radio conventionnelle au poste de commandement du Richelieu, un système dont seule la France disposait et qui était un des principaux atouts de sa force aérienne. 

La mission de Jean avait commencé deux heures plus tôt. Son ailier Pierre Duponton et lui avaient décollé du porte-avion Richelieu, le nouveau porte-aéronef fleuron de la flotte française alors en mission dans l’Océan Indien. L'appareil emportait avec lui un important chargement de missiles anti-aériens dont quatre des rares missiles à guidage passif se fixant sur les émissions électromagnétiques ennemies pour trouver leurs cibles et 4 missiles à guidage infra-rouge Iris-T. Cependant la principale arme pour la mission était un ensemble de 4 autres missiles anti-aériens Meteor dont la portée de plus de 100 kilomètres permettrait à Jean de mener à bien sa mission : abattre l'AWACS. Mais avant de pouvoir tirer ces missiles il lui fallait détruire les deux chasseurs saoudiens...


 La conversation avec Taref avait détourné l'attention de Fariq qui n'avait de ce fait pas vu le flash du lancement du missile. Le guidage passif de ce dernier n'avait pas non plus permis au système d'avertissement de lancement de remplir son office. Aussi l'explosion qui interrompit la phrase de Taref fut-elle une grande surprise pour Fariq qui réagit instinctivement en virant abruptement tout en appuyant sur le bouton d'activation des contre-mesures électroniques et infrarouges. La force de gravité colla le capitaine à son siège, l'empêchant un instant de parler. Quand il reprit son souffle il appela immédiatement son ailier, lequel ne pouvait plus répondre : le missile français avait explosé à hauteur de la verrière du cockpit, projetant des éclats mortels qui avaient transpercé la vitre spéciale et déchiqueté le pilote, une mort trop rapide pour être douloureuse.  

Quelle était donc l’origine de ce satané missile ? Les émiratis ne possédaient pourtant aucun appareil furtif, leur arsenal ne comprenant que des Mirages 2000 modernisés et des F-16, des appareils dont la conception remontait aux années 60 et 70 et qui ne disposaient d’aucun élément susceptible d’expliquer une telle discrétion… Soudain un éclat au dessus du désert, bien en dessous de lui, attira son attention. La source était encore éloignée de plusieurs dizaines de kilomètres mais sa caméra embarquée lui permit de zoomer sur la zone. Et là il comprit : un appareil français, clairement identifiable avec ses formes rondes et ses petites ailes canard, volait à très basse altitude, ce qui expliquait que l’AWACS ne l’ait pas détecté. Réduisant un peu le zoom de sa caméra Fariq vit apparaître un second chasseur. Il n’avait pas le choix, il devait allumer son radar AN/APG-77(b), devenant ainsi plus repérable mais permettant aussi de pointer ses propres missiles AMRAAM sur ses adversaires tout en avertissant l’AWACS de l’attaque.


  

Une alarme résonna dans le casque de Jean. Il était détecté, cela ne faisait aucun doute : le F-22 survivant avait activé son puissant radar. Il n’avait pas le choix, il devrait l’affronter de face. Heureusement son appareil était équipé d’excellents missiles et était plus manœuvrable que celui de son adversaire. Et, surtout, tout donnait à penser que son adversaire manquait d’entrainement : ses erreurs jusqu’à présent avaient été nombreuses, et sa réaction paniquée suite à la destruction de son ailier tendait à confirmer cette impression.

Jean, lui, n’était pas un novice : cela faisait déjà 13 ans qu’il volait à bord de son Rafale M, décollant du pont du Charles de Gaulle et du Richelieu au service de sa patrie. Il avait servit deux fois en Afghanistan ainsi que lors de l’opération « Nubie éternelle », l’opération de déploiement d’une force européenne d’interposition au Soudan qui avait débouché sur une véritable guerre durant laquelle il avait abattu un SU-27 et deux SU-25 d’origine russe avant d’être lui-même abattu par un tir chanceux de la part d’un canon anti-aérien autopropulsé ZSU-23-4 Shilka lors d’une attaque contre une colonne soudanaise qui venait de détruire un village du Darfour. Si il parvenait à abattre ce F-22 il deviendrait le premier as français depuis des décennies, un honneur qu’il était bien déterminé à obtenir.  

Il ne servait plus à rien de ruser, et le F-22 n’était pas doté de missiles capables de se fixer sur ses émissions radar : rester en mode de contrôle des émissions maintenant n’avait plus de sens et ne pourrait au contraire que le défavoriser. Il donna la commande vocale ordonnant à son appareil d’activer le radar RBE-3, modèle tout récemment admis au service capable de détecter les avions furtifs comme le F-22.

 
 

RBE-3. Un Rafale français de dernière génération. Il n’y avait plus aucun doute possible, l’aéronavale française avait décidé d’intervenir en faveur des émiratis. La marine saoudienne allait devoir sortir de ses ports et traquer l’ennemi, une tâche difficile car ce dernier pourrait sans doute assurer la couverture du détroit d’Aden et de celui d’Hormuz, forçant les frégates et les corvettes du Royaume à repousser des attaques de missiles, voire même les torpilles de sous-marins nucléaires d’attaque… Mais ce n’était pas là son problème, il devait pour sa part éliminer ces appareils qui le menaçaient lui mais qui surtout pouvaient abattre le précieux AWACS dont il assurait la protection…

Son radar avait bien attrapé les deux cibles et transféré les données aux missiles AMRAAM situés dans la soute de l’appareil. Tous les paramètres de tir étaient bons, ils n’en rechaperaient pas… Par deux fois Tariq appuya sur la gâchette. Les deux soutes s’ouvrirent et deux missiles furent éjectés avant d’allumer leurs moteurs et de s’élancer vers leurs cibles, guidés par leurs propres autodirecteurs radars embarqués.

 

La tonalité de lancement de missile retentit dans le casque de Jean et la suite de défense Spectra II activa automatiquement les contre-mesures de l’appareil : des cartouches de paille d’aluminium furent éjectées tandis que les brouilleurs actifs s’enclenchaient, cherchant à brouiller les radars du F-22 et des missiles. Avec succès d’ailleurs puisque très vite le premier missile alla se perdre vers le sol, le second s’approchant dangereusement de l’appareil de Pierre avant d’être détourné par un leurre.  

Mais pendant ce temps Jean n’était pas resté inactif : la courte distance le séparant du F-22 l’avait incité à armer ses missiles à guidage infrarouge Iris-T, fabriqué à l’origine par l’Allemagne pour équiper ses Typhoon. Il était équipé de la dernière génération de capteurs, tout à fait capable de se verrouiller sur la chaleur dégagée par le F-22 malgré les matériaux réducteurs de chaleur installés sur son fuselage. Surtout Jean avait un avantage sur son adversaire, en l’occurrence le fait d’avoir le soleil dans son dos : non seulement le pilote saoudien avait-il le soleil dans les yeux mais en plus n’avait-il pas l’avantage d’avoir le soleil pour se protéger du missile IR.

  Une nouvelle tonalité se fit entendre dans le casque de Jean : le missile avait trouvé sa cible et s’était verrouillé dessus. Deux pressions sur le bouton de largage des armes et deux missiles s’envolèrent vers leur cible qui tenta une manœuvre désespérée pour les éviter.


Raté. Ses deux missiles étaient passés à côté de leurs cibles, leurrés par les défenses du Rafale. Mais pire encore son avertisseur de lancement de missile l’avertissait de deux tirs de la part du Rafale de tête… Virant de bord en plongeant vers le sol, Fariq tenta d’échapper aux mortels projectiles tandis que son propre système d’autodéfense larguait ses leurres et tentait d’aveugler les capteurs des missiles ennemis. Trop tard cependant car une violente explosion fit vibrer son appareil et une voix féminine commença à déclamer « warning, warning, motor one damaged, warning, warning, motor one in fire, shutting fuel alimentation to motor one… ». Le moteur droit avait été endommagé, il ne pouvait plus continuer le combat… brusquement son appareil fut prit de nouveaux tremblements, comme si des coups de massue étaient portés sur ses ailes…


L’appareil ennemi avait été touché, mais il continuait de voler. Jean pouvait voir les flammes ravager le moteur droit de l’appareil et la trainée de fumée qui s’en échappait, mais l’appareil restait dangereux : il restait sans doute entre 4 et 6 missiles à bord, une menace qu’il ne pouvait ignorer. Profitant de la plus grande manœuvrabilité de son avion, le français se positionna sur l’arrière de l’avion ennemi et changea son mode d’armement pour le mode canon. L’arme commença a projeter des obus de 30mm au rythme de 2500 coups par minute, une rafale de 2 secondes envoyant près de 80 projectiles déchiqueter l’appareil ennemi, sectionnant des organes vitaux de la machine, condamnant son pilote à l’éjection dans un des secteurs les plus inhospitaliers de la planète.

Il avait perdu. Il devait le reconnaître, son appareil était maintenant en ruine et allait bientôt s’écraser. Sa seule option désormais était l’éjection, l’abandon de la machine à 130 millions de dollars dont il était si fier il y avait encore moins d’un quart d’heure, cette machine qu’il pensait invincible, ce tas de métal et de plastique en feu qui l’entourait comme un sarcophage… Fariq était sous le choc, incapable de lancer la procédure d’éjection. Aussi est-ce l’ordinateur qui, dans un dernier acte de loyauté envers son pilote, décida de lancer la séquence devant conduire à la survie de Fariq Al Saoud.  

Mais c’était sans compter sur le destin qui avait voulu que l’un des obus français endommage la verrière du cockpit, empêchant son ouverture, préalable indispensable à l’éjection… Lorsque les boulons explosifs retenant le siège à l’appareil explosèrent et que la roquette censée propulser le pilote hors de la carcasse en perdition se mit à feu ce ne fut que pour projeter le pilote contre une barre métallique qui le tua sur le coup.


 Il était désormais officiellement un as, victorieux à cinq reprises en combat aérien, le meilleur pilote des forces armées de la République. Mais il ne pouvait pas encore se laisser aller à la joie, cela devrait attendre son retour à bord du Richelieu. D’autres comptaient sur lui, il avait une mission à accomplir, une cible à détruire afin que la seconde vague de chasseurs qui suivaient le sien puissent larguer leurs missiles air-sol et détruire sur le tarmac les autres appareils saoudiens, donnant ainsi une chance aux émiratis de repousser leurs ennemis… Déjà le combat contre le F-22 était passé en arrière plan dans son esprit passé à la prochaine phase du plan…

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