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« Désert d'humanité » - chapitre 2 : « Sable et sang » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Désert d'humanité », par Bryaxis - - - > Chapitre 2 : « Sable et sang » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 25/07/2008 à 11h33 - Mise à jour : le 01/09/2008 à 20h29 - Commentaire(s) : 3 - Lecture(s) : 351 - Chapitre(s) : 2 - Mots : 4266 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 01/09/2008 à 20h29 - Modifié : le 19/10/2008 à 22h43 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 90 - Mots : 1570

<< à suivre...

Sable et sang

L’explosion projeta sable, pierre et fragments métalliques tout autour du point d’impact, criblant le blindage du char Leclerc voisin. A l’intérieur du blindé les trois hommes de l’équipage levèrent un regard inquiet vers les parois de métal de leur véhicule. Le caporal Malik Attaf, pilote du véhicule, prononça une rapide action de grâce avant de déclarer à plus haute voix que cette fois-ci ce n’était pas tombé loin.

Le Leclerc faisait partie d’un peloton de 4 chars émiratis positionnés de manière à prévenir une attaque massive vers Abu Dhabi, 5km en avant du gros des forces chargées de la défense de la capitale de la fédération.

Soudain un bruit attira l’attention du sergent Murad Omar, le chef du véhicule : son système d’affichage de la situation Icône venait d’afficher une série de symboles de couleur rouge. Au même moment la voix de son supérieur, le lieutenant Abraham Al Dhabi, commandant du peloton, se fit entendre dans ses écouteurs : « Faucon un à tous les faucons, les souris sont dans la souricière. Je répète, les souris sont dans la souricière. N’engager que sur mon ordre. »

Alors que ses hommes se préparaient au combat en revérifiant une dernière fois l’état de leurs véhicules, le lieutenant Al Dhabi resta à la radio, changeant de fréquence pour appeler l’artillerie, ordonnant un tir barrage sur l’espace situé devant ses unités. L’armée émiratie avait prévu une surprise pour l’armée saoudienne : 12 canons autopropulsés Caesar avaient été placés à vingt-cinq kilomètres de la ligne de front et équipés de munitions copperhead. Ces obus, d’un modèle qui avait déjà servi durant la guerre du Golfe en 1991, avaient pour particularité d’être guidés par un laser sur leur cible finale. Tous les chars émiratis disposaient justement d’un laser adéquat, fixé sur leur toit et commandé par le chef de char, c’était même l’une des particularités de la version émiratie du Leclerc. Grâce à cela la puissance de destruction des blindés était doublée tant qu’ils restaient à portée de l’artillerie.


Le capitaine Moqtar Al Saoud, cousin au 5ème rang du souverain saoudi, était inquiet. Le bombardement d’artillerie qu’il avait ordonné ne semblait pas avoir causé beaucoup de dégâts, à en croire le peu de fumée visible à l’horizon. Tenant ses jumelles d’une main et s’agrippant au bord de la tourelle de l’autre, il observait ses hommes progressant à vive allure en direction d’Abu Dhabi. Il avait commencé les opérations avec 12 chars et autant de transporteurs de troupes Al Fahd sous son commandement, il y avait déjà deux jours. En seulement deux jours il avait déjà perdu près du tiers de ses hommes, deux transports de troupe ayant sauté sur des mines qui les avaient entièrement ravagés, un bombardement d'artillerie en ayant détruit trois autre dont heureusement quelques hommes avaient survécu tandis qu'un de ses précieux chars avait été détruit par un missile tiré depuis les airs lors d'une des rares sorties des forces aériennes émiraties.

Néanmoins il restait confiant : son pays mettait en ligne plus de troupes et disposait d'une totale maîtrise des cieux, même si la présence d'un grand nombre de batteries anti-aériennes mobiles ennemies défendant les unités de première et deuxième ligne avait été une mauvaise surprise couteuse en vie humaines pour la force aérienne saoudite qui avait vite renoncé à déployer ses vieux bombardiers Tornado et à risquer ses appareils plus modernes pour ce qui était, on en était sur à Ryad, une simple question de temps.

"Aigle d'acier à Renard un, un barrage d'artillerie est en route vers votre position, enclenchons procédure de contre batterie"

A peine le cerveau de Moqtar eut-il enregistré le message diffusé par le responsable de l’unité de radars de contre-batterie que le système de détection d’émissions laser se mit à hurler d’un son strident, quelques secondes avant que le premier obus n’explose. Ou plutôt que la charge explosive du premier obus téléguidé n’explose après que le capteur d’impact l’ait informé qu’il avait atteint sa cible, détruisant l’un char M1A3 de Moqtar. Quelques millièmes de seconde plus tard c’était au tour d’un transporteur de troupes Al Fahd d’être détruit par une charge de 6,7 kilos d’explosifs qui ne laissèrent aucune chance aux 8 hommes qui se trouvaient à bord.

En une minute ce furent pas moins de 36 obus qui s’abattirent sur l’unité saoudienne, détruisant le quart des véhicules du capitaine Al Saoud : 4 chars et 3 transporteurs de troupes furent mis hors de combat en quelques secondes.


Le lieutenant Al Mdina était concentré sur son écran tactique de commandement, vérifiant que l’ordinateur de contrôle de tir de contre-batterie avait bien envoyé les bonnes coordonnées de tir aux 6 lance-roquettes multiples Astros II dont il avait la charge. Satisfait, il appuya sur la touche autorisant les commandants de chaque véhicule à lancer leurs 16 roquettes SS-60 de 180mm, soit un total de près d’une centaine de roquettes destinées à anéantir les canons d’artillerie émiratis repérés par le radar. Une fontaine de lumière s’éleva dans le ciel, bientôt obscurcis par un immense panache de fumée tandis qu’un bruit déchirant retentissait à chaque départ de roquette.

C’était sans compter sur le fait que les Caesar émiratis avaient déjà levé le camp : profitant du fait que leurs ordinateurs calculaient en temps réel la position des véhicules et étaient capables de définir en temps réel les solutions de tirs, les équipages de l’artillerie émiratie n’avaient eu qu’à abaisser les stabilisateurs de leurs véhicules, lancer la séquence de tir, laquelle ne durait que quelques dizaines de secondes, puis rétracter les stabilisateurs avant de filer à près de 60 km/h au travers du désert, se gardant bien de rouler sur la piste qui leur avait servit à gagner leur position.

En revanche une autre unité, située à 5 km de la première, attendait silencieusement depuis plusieurs heures qu’un tel échange de tir se produise : attendant une minute après que la première unité ait fait feu, le commandant de cette unité ordonna l’allumage de son radar de contre-batterie, juste à temps pour voir apparaître sur ses écrans les premières roquettes de l’ennemi prenant leur envol. Immédiatement il ordonna un tir de contre-batterie et ses 6 canons tirèrent un total de 24 obus sur les positions des Astros saoudiens. Cependant, là où les roquettes saoudiennes étaient d’un modèle non guidé il n’en allait pas de même pour les obus tirés par les obusiers émiratis : leurs munitions étaient des SADARM : à l’apogée de leur course ils déployaient un petit parachute qui permettait aux capteurs intégrés de l’obus de repérer sa cible et de tirer avec précision deux sous-munitions capables de détruire n’importe quelle cible au blindage léger comme celui des Astros. Ainsi les lance-roquettes saoudiens, qui avaient eux aussi commencé à lever le camp, furent-ils tous détruits en quelques secondes par les obus tombés du ciel.


« Faucon un à tous les faucons, feu à volonté ! » : l’ordre jaillit dans les écouteurs du sergent Omar. Immédiatement il commença à donner ses propres instructions : « objectif char, position 280, élévation 8°, obus flèche, feu ! objectif transport de troupe, position 279, élévation 10°, obus explosif, feu ! » Entre chaque ordre de tir le char de soixante tonne était violement secoué par le recul du canon de 120mm. Malgré l’excitation qui l’envahissait intérieurement le sergent Omar restait calme. Il savait que ses hommes étaient bien entraînés mais que si lui, leur chef, se laissait aller alors eux pourraient commettre une erreur qui leur serait fatale à tous.

-          Faucon un est touché ! je répète, faucon un est touché ! 

-          Ici faucon deux, je prends le commandement. A tous les faucons, repli vers la position ba ! Je vais voir si il y a des survivants à bord de faucon un

-          Faucon trois, bien reçu, je me déplace vers la position ba !

-          Faucon quatre, bien reçu, je fais de même ! 

Le rugissement de la turbine du puissant moteur de 1500cv du char se fit plus fort tandis que le caporal Attaf enclenchait la marche arrière pour les faire sortir du trou dans lequel ils s’étaient cachés, arrachant au passage le filet de camouflage qui masquait leur signature thermique et radar ainsi que leur forme aux drones et avions ennemis. Omar désigna encore deux cibles à son artilleur avant de consulter l’horloge du bord. Une minute et quinze secondes depuis le début du combat.

Le géant d’acier sortit de son trou à près de 30 km/h, en marche arrière. Sur l’écran tactique le sergent Omar put constater que Faucon trois et quatre obéissaient bien à ses ordres. Lui-même ordonna à Attaf de se diriger vers la dernière position connue de Faucon un, l’artilleur faisant pivoter la tourelle du char. La manœuvre était risquée, interdite par le protocole, mais il ne pouvait abandonner son lieutenant à l’ennemi.


Les rapports radios étaient trop nombreux, mais il ressortait de chacun d’eux que beaucoup de ses hommes étaient morts. Quatre chars avaient été détruits, deux autres touchés, un transporteur de troupe éliminé. Il n’avait pas le choix. Il devait ordonner la retraite et sauver ce qui pouvait encore l’être. « Renard un à tous les kangourous, débarquez et empêchez les de nous suivre, nous viendrons vous reprendre à la nuit tombante. A tous les renards et toutes les cigognes, retraite vers le point alef. » Il venait de sacrifier son infanterie mais elle était moins importante que ses précieux chars, moins précieuse que sa propre vie… Il appuya sur le bouton commandant le déclenchement des fumigènes.


<< à suivre...


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