accueil Accueil Lire Lire Écrire Écrire Fiches de lecture Fiches de lecture Forums Forum
Le site
Accueil Lire Écrire Fiches de lecture Correction
Communauté
Forum Concours Liste des membres Visiteurs (20)
Membre
Connexion Inscription
Recherche
dans :
Recherche avancée
Publicité
Partenaires

« Histoires inconnues » - chapitre 1 : « Le Marionnettiste » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Histoires inconnues », par vince140 - - - > Chapitre 1 : « Le Marionnettiste » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 04/09/2008 à 21h44 - Mise à jour : le 13/10/2008 à 18h05 - Commentaire(s) : 6 - Lecture(s) : 521 - Chapitre(s) : 6 - Mots : 4166 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 1 Publié : le 04/09/2008 à 21h44 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 264 - Mots : 1376

>>

Histoires inconnues

Résumé : Quelques contes fantastiques, des contes qui touchent le côté méconnu d'un monde inexistant à une époque anonyme. Voici un recueil de contes qui font découvrir l'angoisse que l'on peut subir dans une situation impossible...

Le Marionnettiste

À une époque où l'on pendait encore les criminels, une petite foire se tenait près de l'église. Des musiciens chantaient les épopées de chevaliers courageux, et des illusionnistes trompaient les spectateurs aux yeux ronds. Les acrobates, quant à eux, multipliaient les risques comme les applaudissements.

Mes parents, fort pauvres mais d'une générosité sans égal, m'y amenèrent pour fêter mes sept ans. J'étais émerveillé devant ce mélange de tout, un ensemble si peu organisé qu'il en ressortait une ambiance magique. Des éclats de lumières d'une part, la série de sauts d'une autre, et le chant mélodieux d'une série de voix qui s'élevaient de bouches autant que d'instruments. Un temps clément se présentait sous un ciel clair. Je marchais aux côtés de mon père, qui dirigeait mon attention sur tout d'un simple mouvement du doigt. Ma mère, un peu à l'écart, s'avança alors pour chuchoter quelque chose à l'oreille de mon père. Lorsqu'elle eut finit, l'expression de mon père tressaillit légèrement. Il se retourna vers elle et l'amena d'un pas incertain dans une direction inconnue.

On me laissa là, planter droit au milieu de ce brouhaha de fantaisies. Mon sourire se retira pour faire place à la nervosité. Où étaient-ils passés ? J'aurais dû les suivre, évidemment, mais je ne l'avais pas fait. Je restai ainsi seul, au milieu d'une foule qui reflétait le bonheur et la légèreté, chose que je ne partageais pas en cet instant angoissant. C'est alors qu'un curieux bonhomme se présenta devant moi. Il avait un teint affreusement pâle et la maigreur de ses traits lui donnait l'air d'un cadavre. Il tenait une jolie marionnette qui représentait une petite fille blonde.

 - Bonjour petit, fit-il en souriant. Tu n'es pas avec tes parents ?

Je fis non de la tête et mon expression lui fit comprendre que je ne savais pas où ils étaient.

 - Veux-tu venir dans ma loge ? Je vais te faire un petit spectacle juste pour toi, si tu veux.

Cette idée me plut instantanément et, sans la moindre méfiance, je le suivis jusqu'à sa loge, une grande tente.


La tente était blanche et l'intérieur était bien rempli. Plusieurs marionnettes très réalistes étaient accrochées sur un support en chêne. Un tapis pourpre recouvrait le sol et une petite table en bois se trouvait au centre. Le marionnettiste tira un petit mur peint en bleu comportant un large trou rectangulaire, prit quelques marionnettes et s'assit derrière le mur. Il monta les marionnettes à la hauteur du trou et, soudain, les marionnettes s'animèrent.


On eut dit qu'elles étaient vivantes, tellement leurs mouvements étaient souples et leur apparence réaliste. La pièce qu'il interprétait était très simple, mais j'étais si hypnotisé par le mouvement des pantins que je ne portais aucune attention à l'histoire. J'avais les yeux grands ouverts et les pensées embrumées. Les petits bonhommes de bois dansaient frénétiquement devant mes yeux et la voix du marionnettiste variait constamment les tons pour donner l'impression d'entendre des voix différentes. Je me sentais étrangement bien, comme dans un rêve éveillé. Lorsque le marionnettiste eut finit sa pièce, j'étais presque écroulé sur ma chaise, pris de fatigue. Il sortit de derrière le mur et, sans m'adresser le moindre regard, sortit une série de cordes d'un petit coffre doré. Brusquement, ma vue s'embrouilla.


Lorsque je repris conscience, j'oscillais lentement, tenu à la verticale. J'ouvris les yeux, et ne compris pas immédiatement ce qui se passait. Quand ma vue se précisa légèrement, je reconnus la tente du marionnettiste. Je n'étais pas debout, mais pourtant je voyais la pièce comme si je l'étais. Et ce balancement constant me donnait la nausée. Je tentai de lever la tête pour voir ce qui se passait, mais j'en fus incapable. J'étais paralysé ! La panique me saisit brusquement et je faillis m'évanouir encore. Que se passait-il ?


Alors que plusieurs inquiétudes m'assaillaient l'esprit, j'aperçus le marionnettiste s'approcher de moi. Enfin, de l'aide ! Il releva ma tête et me regarda dans les yeux avec un sourire étrange. Il passa sa main derrière mon dos et sembla tirer sur quelque chose. Soudain, je vis un ensemble de cordes se détacher de quelque chose. Étaient-elles accrochées au support de marionnettes ? J'y étais donc accroché ? Peut-être était-ce sous ce support que j'oscillais il y a quelques secondes… Je sentais les cordes qui étaient encore attachées à mes bras, mes jambes et mon dos. Il me prit au creux de sa main et brusquement je me sentis très petit. J'avais l'étrange impression de tout voir plus grand. Il me lança un autre regard et un ricanement angoissant sortit de sa bouche.

 - J'ai quelques spectacles à donner, demain. Si tu restes bien sage, je te retirerai tes cordes.

Un spectacle ? Je tentai de répondre, mais j'en fus incapable.

 - Malheureusement pour toi, il ne me manquait qu'une seule marionnette pour mon prochain spectacle, un petit garçon. Mais maintenant, je l'ai trouvée. Les cordes que tu sens dans ton dos sont des cordes très particulières. Elles rendent mes spectacles plus… vivants.

Son sourire s'élargit et si j'en avais été capable, j'aurais probablement frissonné. Je remuai les déclarations du marionnettiste dans ma tête et, lentement, je compris. Les cordes que j'avais vues avant de sombrer dans l'inconscience étaient celles qui se trouvaient dans mon dos. Apparemment, ce fou comptait me faire passer pour une marionnette. Dire qu'il se croyait malin ! Les spectateurs verraient bien que je n'étais pas en bois…

C'est alors qu'une pensée fébrile vint briser mes certitudes. Les marionnettes avec lesquelles il avait donné spectacle un peu plus tôt… Elles étaient si réalistes ! Mais pourtant j'avais bien vu qu'elles étaient en bois.

Pendant que je réfléchissais, le marionnettiste me posa sur sa petite table, en position assise. Ma tête, que je ne parvenais plus à soutenir, pendait, le menton appuyé sur le torse. Ce que je vis alors me glaça le sang.


Ce qui se trouvait à la place de mes bras n'était plus que deux morceaux de bois bien lisse et poli. Je voyais les cordes qui y étaient reliées étendues sur la table. J'étais alors terriblement épouvanté. Je regardai le bout de jambes que j'apercevais du coin de l'œil et je vis la dernière chose que j'avais envie de voir à ce moment... du bois.

Je passai la nuit assis au bord de la table, emmêlé dans mes cordes tout comme dans mes angoisses. Lorsque le matin se présenta enfin, je n'étais nullement épuisé. J'avais l'impression d'avoir dormis pendant la nuit, car elle semblait s'être déroulée très rapidement. Je dus regarder à nouveau mes bras pour ne pas associer à un mauvais rêve ce qui s'était déroulé la veille.

Mes pensées s'attardèrent à mes parents. C'était leur faute si j'étais pris ici ! Mais ma rancœur fit rapidement place à la culpabilité. Ils devaient être affreusement inquiets de me savoir disparu.


Le marionnettiste avait dit vrai. Durant l'après-midi, il sortit son mur bleu de la tente. Une minute plus tard, il prit les marionnettes suspendues au support, puis me saisit par les jambes. Au bout de quelques minutes, une foule était assemblée devant le mur bleu. Derrière, le marionnettiste était assis sur un petit siège. Il tenait une marionnette dans chaque main, et les autres, dont moi, étaient posées à côté.

Lorsqu'il débuta le spectacle, je m'aperçus qu'il ne bougeait presque pas les cordes. On aurait dit qu'il les contrôlait par la pensée… Quand un des personnages prit la parole, les lèvres du marionnettiste ne remuèrent même pas. La voix provenait de la marionnette !


Quand mon tour vint, je sentis toute l'influence que les cordes avaient sur moi. Chacun de mes mouvements était contrôlé, et j'étais incapable de remuer moi-même le moindre doigt. Lorsque je "pris la parole", c'était ma propre voix que je sentis sortir de moi. Quel étrange sentiment que de se sentir contrôlé ainsi !

À la fin du spectacle, le ciel commençait déjà à s'obscurcir. Un vent balayait la foire maintenant plus calme. Le marionnettiste commença par rentrer les marionnettes, puis rentra le mur bleu dans la tente. Encore une fois, il m'avait posé sur la table plutôt que de m'accrocher au support. Il s'approcha de moi, me prit les bras et détacha les cordes qui y étaient reliées. C'est alors que je perdis conscience.


Lorsque que je revins à mes esprits, j'étais étendu sur le sol, à l'extérieur de la foire. À mon grand bonheur, je parvins à me redresser. Et à mon plus grand bonheur encore, je me retrouvais enfin. Curieusement, j'avais une petite ficelle attachée autour de mon poignet. La ficelle était identique à celles auxquelles j'étais précédemment attaché.

Jamais je ne parvins à détacher ce sombre souvenir de moi.


>>


© tous droits réservés. Le texte ne peut être reproduit sans le consentement de vince140

CommentairesFavoris et notificationsCorrections
  • Voir les commentaires (6)
  • Ajouter un commentaire
  • Ajouter l'histoire à vos favoris
  • Ajouter l'auteur à vos favoris
  • Activer la notification pour l'histoire
  • Activer la notification pour l'auteur
  • Signaler orthographe défaillante (0)
ImagesImpressionGestion
  • Voir la galerie (1)
  • Ajouter
  • Version PDF
  • Imprimer le chapitre
  • Imprimer toute l'histoire
Vous ne pouvez pas modifier cette histoire.
un lecteur sur cette histoire : un visiteur non connecté.
SQL : 13 - Exécution : 0.74 s. - Visiteurs : 20
Tous droits réservés sauf mention contraire.
Équipe - Changer de design - Contact - Remonter - Détails - Aide
Partenaires : Art-toon.fr - fanfictions.fr - scribeos.com - bullejapons.fr - Rou & Bou